Résistance Identitaire Européenne

The high finance has established at the French President’s official residence: long lived to the Republic

Smart and gullible guys who are loaded, have now the President they deserve and always wanted: a typical product of the anonymous and vagabond High Finance, as Henry Coston said.

With him, no possible error: the very rich will be richer, the very poor even poorer. In application of an unadulterated liberalism, which is leaving behind precariousness, poverty and despair. Don’t worry, this will not prevent the “bobo” from sleeping. At least, until the day we wake them up to hang them to the nearest tree...

We’re now entering in a new phase of History of which the sorcerer's apprentices, who set up this Operation of Macron, imagine they will be able to control it as usual. However, they’ve made and set up a Golem (let us remind those who are not familiar with Jewish tradition and the Kabbala, that the Golem is a powerful anthropoid monster, made by a rabbi with clay, destined to serve unconditionally his Creator ... but who can escape him).

Of course, the world of the king dough is over the moon: the creature it has made from scratch and installed at the French President’s official residence will serve his best interests. For five years? Gods will decide. Perhaps inspiring a despised and abused people, eager to revolt themselves resulting in the destruction of the Golem.

It’s toward this work that we must concentrate our effort, especially in the social, economic and cultural field, as close as possible to the realities. Starting from the beginning, close to people who will suffer of the large breakdown organized by people who now think they can do whatever they like and wish to crush any resistance. It is necessary to enter into secession, to break all the bridges with a Legal Country, which will become an empty carcass. Let the Real Country organize its self-defense and its survival – and everything will be possible. As one great soldier once said: “Courage, we will have them!”

Pierre VIal

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La Haute Finance installée à l’Elysée : vive la Ripoublique !

 

Les gros malins friqués et les jobards ont désormais le Président qu’ils méritent et qu’ils ont voulu : ce produit type de la Haute Finance anonyme et vagabonde, comme disait Henry Coston.

Avec lui, pas d’erreur possible : les très riches seront encore plus riches, les très pauvres encore plus pauvres. En application d’un libéralisme pur et dur, qui sème sur sa route précarité, pauvreté, désespoir. Rassurez-vous : cela n’empêchera pas les bobos de dormir. Tout au moins jusqu’au jour où on ira les réveiller pour les pendre à l’arbre le plus proche…

Car nous entrons dans une nouvelle phase de l’Histoire dont les apprentis sorciers qui ont monté l’opération Macron s’imaginent qu’ils pourront la maîtriser, comme d’habitude. Or ils ont fabriqué et mis en place un Golem (rappelons à ceux qui ne sont pas familiarisés avec la tradition juive et la kabbale que le Golem est un puissant monstre anthropoïde, fabriqué par un rabbin avec de l’argile, destiné à servir inconditionnellement son créateur… mais qui peut lui échapper).

Bien sûr, le monde du fric roi est aux anges : la créature qu’il a fabriquée de toutes pièces et installée à l’Elysée va servir au mieux ses intérêts. Pendant cinq ans ? Les dieux en décideront. En inspirant peut-être à un peuple méprisé, bafoué, exploité une volonté de révolte aboutissant à la destruction du Golem.

C’est à cette œuvre de libération qu’il nous faut maintenant travailler, en particulier sur le terrain social, économique et culturel, au plus près des réalités, à la base, au contact de toutes celles et de tous ceux qui vont souffrir de plus en plus de la casse à grande échelle organisée par des gens qui se croient désormais tout permis et veulent écraser toute résistance. Il faut entrer en sécession, rompre tous les ponts avec un Pays Légal qui doit devenir de plus en plus une carcasse vide. Que le Pays Réel organise son autodéfense et sa survie – et tout sera possible. Comme a dit un jour un grand soldat : « Courage, on les aura ! ».

                                                                       Pierre VIAL

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TERRE & PEUPLE Magazine n°20 résumés de lecture

TP20

 

Le numéro 20 de Terre & Peuple Magazine, sorti au début de l’été, a pour thème ‘L’Europe est-elle chrétienne ?’ Dans son éditorial, Pierre Vial répond au célèbre article de Jean Raspail paru dans Le Figaro du 17 juin dernier, où le prophète du ‘Camp de Saints’, citant Mitterand («Ils sont chez eux chez moi») et Chirac («L’Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes»), estime que pour l’Europe, objet de l’invasion musulmane, «les carottes sont cuites». Pierre Vial objecte à cela que «l’histoire n’est jamais finie», que l’actualité et la science nous donnent raison, et puis que nous nous battrons quand même, parce que «nous aimons la bataille car nous aimons la vie».

Thomas Stahler dénonce l’amalgame fréquent entre le paganisme et le satanisme. Cet amalgame est d’autant plus déplacé que, si Satan ou Belzebuth désignent, en effet, des divinités païennes, celles-ci sont bienfaisantes. Baal, vainqueur du monstre Zébuv, en reprend le nom pour sa seule gloire et Lucifer, fils de la déesse Astoreth, est l’étoile du matin. Les traditions indo-européennes opposent communément un dieu céleste à un serpent monstrueux qui menace de détruire le monde: Thor combat Jormungandr, Apollon abat le Python et Mithra affronte Ahriman qui a pris la forme d’un serpent-dragon. Ils ouvrent la voie à saint Georges et à saint Michel. Paradoxalement, la mode actuelle à afficher des prétentions satanistes est le fait d’une confusion, née de la seule propagande disqualifiante diffusée par le christianisme. C’est la même confusion qui inspîre, souvent aux mêmes personnes, d’affecter une dévotion pour Adolf Hitler, dont ils n’ont pas lu une ligne, et pour le nazisme, qu’ils ne connaissent que par la propagande anti-nazie. L’une et l’autre sont à la mesure de leurs appétits pour un certain sadisme, généralement platonique. Ces ‘satanistes’ sont aux antipodes du paganisme.

Suit une étude de Pierre Vial sur les racines historiques de l’Europe. Celle-ci naît aux premiers siècles du moyen âge. Car c’est aux ‘Européens’ qu’un chroniqueur de Cordoue oppose les Sarrasins à Poitiers et Angilbert célèbre en Charlemagne le ‘chef vénérable de l’Europe’. Il s’agit alors, plutôt que d’une communauté politique, d’un fonds culturel commun, que d’aucuns ont appelé et appellent la chrétienté. Cela même qui a sous-tendu le lobby du pape et des démocrates chrétiens auprès des constituants européens, avec l’issue piteuse qu’on sait. A la question: l’Europe est-elle effectivement chrétienne, Pierre Vial répond oui et non. Il y a d’abord que l’Europe (en grec, cela signifie ‘au vaste regard’) est bien antérieure au christianisme: Hérodote appelle Europaioi les Grecs dressés contre l’impérialisme oriental dans un conflit de civilisations. Ensuite parce que l’héritage de l’Europe est, selon Jacques Le Goff, quadruple: l’héritage grec («L’apport de la Grèce est ce qu’il y a de plus distinctif dans notre civilisation,» affirmait Paul Valéry); le romain, avec une langue dont l’Eglise fait une langue sacrée; l’idéologie trifonctionnelle indo-européenne; enfin l’héritage que Le Goff qualifie de biblique. Cette pluralité est coiffée par une unité, l’Eglise, qui se proclame la civilisation, la civilisation chrétienne. Sur le contenu, profondément ou superficiellement chrétien, de cette civilisation et sur le caractère rigoureusement monothéiste ou au contraire largement polythéiste de la pensée religieuse des populations européennes, on se rapportera au compte-rendu (voir la rubrique Nos activités passées) de la communication de Pierre Vial aux Journées du Soleil.

A propos de l’enjeu de la constitution européenne, Jean-Gilles Malliarakis évoque Troie, et même ‘Troy’, le film hollywoodien qui invite les masses médiatisées à croire que c’est depuis des millénaires que la Mer Egée est le théâtre d’un affrontement entre les Européens et les Orientaux. Et que les bons, les doux et les gentils étaient, à l’époque de la guerre de Troie, ces Toyens assimilables aux Turcs, supposés nous apporter aujourd’hui les valeurs de l’Orient. Freud s’était déjà déclaré pour Hannibal contre les Romains, c’est-à-dire pour l’opulence des despotismes religieux et contre les particularistes qui, pour sauver leur liberté et leur identité, doivent s’unir. C’est bien le schéma qui se propose aux constituants européens, celui que le vieil Homère, dans l’Iliade, faisait méditer et reméditer aux libertaires grecs.

Pour Eric Louvier, le mot communautarisme est un mot qui fait peur. Il fait observer que le Petit Robert s’abstient prudemment de le définir, malgré son importance par rapport à la grande menace: le caractère composite des nouvelles ‘nationalités’ européennes, du fait de l’invasion du vieux continent par des dizaines de millions d’extra-européens. Il s’agit, en effet, d’une transformation radicale du substrat anthropologique du continent européen. Spinoza attribue à tout organisme le devoir de persévérer dans son être et, pour les communautés humaines, dans le respect du legs des ancêtres et l’espérance d’un futur plus grand. L’immigration en masse débouche sur la rupture de cette chaîne, sauf à juger qu’il est temps encore de lancer le communautarisme européen. Terre & Peuple suggère de créer des cercles communautaires européens. Pour reconstituer un moi collectif, dissous aujourd’hui dans l’affaissement des croyances, des dogmes et des religions qui structuraient jusqu’ici l’imaginaire collectif des Européens, le christianisme et l’Eglise, mais aussi la patrie, la famille et le travail. Le capitalisme libéral, générateur du consumérisme de masse, ne peut prospérer que sur ce cimetière des valeurs.

En plus des rubriques habituelles, on remarquera deux critiques, pas toujours divergentes, de ‘Le coup d’Etat mondial, essai sur le nouvel impérialisme américain’, le dernier livre de Guillaumes Faye, dont Pierre Vial souligne que, «dans le combat qui est le nôtre, il a fourni nombre de munitions».

On retiendra aussi le beau portrait, brossé par Jean Mabire, d’un autre éveilleur de peuple, le poète guerrier Kurt Eggers, qui à quinze ans avait déjà pris sa part des combats que les corps francs ont menés, sur les frontières orientales, pour défendre leur patrie, l’Allemagne vaincue en 1918, contre la curée lancée par ses voisins.

In Renaissance euroépenne N°61

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Solidarité avec Olivier

Olivier  est un « néo rural » de près de 50 ans   qui a très vite quitté Paris pour s’investir dans l’agriculture biologique pour ensuite devenir entrepreneur forestier (débardage à cheval puis uniquement coupe des arbres) après une dizaine d’années cette entreprise a périclité de telle sorte que sa maison a été saisie (il y a une procédure de vente forcée en cours) .

il a alors été contraint et forcé d’arrêter toute activité et à a tout quitté emportant juste quelques effets personnels et une jument qui est sa seule compagne avec laquelle il chemine depuis 18 mois sur les sentiers de France

La jument porte ses maigres effets et il bivouaque avec elle depuis lors .Il est ainsi devenu un SDF agricole espèce rare, de plus un SDF avec un cheval,c’est absolument singulier et donc très sympathique.Il rédige un très beau journal de marche : https://1ersauvage.wordpress.com/  (il se connecte comme il peut).

Il a une page Facebook sur laquelle il partage ses aventures et  les très belles photos qu’il prend avec les moyens du bord : Marches et Stations. Olivier a également un compte twitter @saintgervais.

Un de nos amis  lui a consacré une émission radiophonique sur internet fort bien faite : https://soundcloud.com/user-461395994/portait-olivier-un-sdf-rural-qui-a-besoin-de-vous?utm_source=soundcloud&utm_campaign=share&utm_medium=facebook

Actuellement il se dirige vers le Périgord afin de tenter de récupérer quelques effets personnels dans sa maison saisie et sur le point d’être vendue. Vivre avec très peu de moyens avec une jument comme compagne est une aventure émouvante , peu banale  et surtout très éprouvante au quotidien (une jument ne se parque pas comme une voiture !) et son histoire rappelle un peu celle du héros de la Morsure des Dieux de Cheyenne Carron et surtout le dernier livre de Sylvain Tesson « Les chemins noirs ».

Il n’est toutefois pas sans projets mais se heurte à la dure réalité de la vie quotidienne : se nourrir, trouver de l’eau, un paturage,un endroit adéquat et propice pour bivouaquer car vivre dehors avec son cheval est une aventure compliquée dans un monde qui n’est plus adapté au cheval : songez à ce simple exemple : acheter quelque chose dans une épicerie implique d’attacher la jument à un poteau ou à un arbre qui doit se trouver en face du magasin pour que la jument ne s’enfuie pas en ne voyant plus son maitre (on imagine la relation fusionnelle qui doit exister entre eux) .

Comme il n’est pas étranger à notre famille de pensée et que son vécu est un grand pied de nez à la société moderne , policée et automobile ce serait bien de lui envoyer quelques fraternels saluts sur sa page Facebook (Marches et stations) ou sur son adresse mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. comme marque de solidarité et surtout si des camarades habitant dans la région du Périgord pouvaient lui porter assistance en lui louant ou lui prêtant un petit hangar (pas un logement) cela lui permettrait d’entreposer les effets personnels qui se trouvent encore dans sa maison en voie de vente forcée.

En tout cas une belle et dure aventure que celle d’Olivier

La photo qui illustre cette communication a été prise par lui.

Éric Vuylsteke.

olivier saint gervais 2

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Macron, le représentant de commerce du fric roi

emmanuel macron pouvoir argent

 

Les résultats du premier tour de la présidentielle ont des côtés positifs.

  • Le clivage bidon gauche-droite explose car les deux « partis de gouvernement », qui nous ont joué la comédie de l’alternance pendant des décennies, sont KO debout. Le PS est en miettes, les Républicains sont d’autant plus déboussolés qu’ils se voyaient, il n’y a pas si longtemps, au pouvoir et que l’heure des règlements de compte, au sein du panier de crabes, a sonné. Jouissons du spectacle.

  • Les masques tombent : Hollande, Hamon, Fillon, Juppé, Baroin, Raffarin, Estrosi, Kosciusko-Morizet, Cazeneuve, Ayrault, Valls, Cécile Duflot, Aubry, Montebourg, Michel Barnier appellent à voter Macron. Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, Cohn-Bendit boivent du petit lait, tout comme le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Bref, ils sont venus, ils sont tous là : la grande famille du Système affiche son unité, unanime qu’elle est pour installer au pouvoir Macron, l’homme du capitalisme intégral et du libéralisme fou, l’homme de la grande banque et des groupes de pression mondialistes, mandaté par ceux qui l’ont fabriqué de toutes pièces pour achever la besogne de désintégration des peuples qui a commencé il y a bien longtemps. Avec la bénédiction de la sacristie, de la synagogue, de la mosquée et des loges.

  • Tout est donc simple et clair : d’un côté l’Anti-France, de l’autre la partie restée saine d’un peuple qui ne veut pas subir, qui ne veut pas mourir. A ce peuple il faut adresser un message lui aussi simple et clair : il faut dès maintenant entrer en résistance, par tous les moyens, entrer en sécession, refuser toute allégeance à une structure d’Etat qui n’est là que pour faire régner la loi du fric, du cosmopolitisme, du déracinement, avec un programme évident : tuer ce qui peut rester des identités provinciales, nationales, européennes, en utilisant en particulier l’invasion de millions d’allogènes.

  • Quant aux benêts qui ont voté et vont voter Macron et qui ont l’éternelle vocation d’être des cocus contents, on leur annonce une bonne nouvelle : avec Macron, dans peu de temps ils vont pleurer des larmes de sang. Nous n’aurons pas l’hypocrisie de dire que nous les plaindrons. Comme disent mes arrière-petits-enfants : bien fait !

                                                                                                   Pierre VIAL

 

votez escroc mais pas facho

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TERRE & PEUPLE Magazine n°19 résumés de lecture

TP19

Le numéro 19 de la revue Terre & peuple est consacré à la forêt, source et ressource, selon Ernest Renan, du génie des peuples européens. Pour d’autres peuples, ce sera, comme on sait, le désert, pour d’autres la mer, pour d’autres la steppe, voire la banquise. Dans son éditorial, Pierre Vial appelle les Européens rebelles à se regrouper et à s’entraider. Pour lui, c’est le réflexe du salut. Alors que, pour François Delacroix, la forêt, part primordiale de notre identité, est le refuge des rebelles et le lieu de leur ressourcement, pour Pierre Vial, elle exprime la conception du monde qu’ont les Européens. Cette conception est moniste. Au contraire des orientaux dualistes (ils opposent le Bien et le Mal, le ciel et la terre), les Européens expriment l’unité de ce monde par l’image de l’arbre, qui réalise la communion du monde chtonien et du monde ouranien, unissant la terre à la fois au ciel et au souterrain. Alors que la forêt est le lieu de l’initiation des jeunes guerriers, asile du sacré et de la sagesse des druides, le christianisme reprendra l’interdit biblique (Moïse avait ordonné de brûler les bois sacrés et interdit de planter des arbres symboliques). L’Eglise opposera la civilisation des villes à la sauvagerie inquiétante des forêts. Saint Martin et saint Boniface feront un carnage des arbres sacrés. Mais la force de la tradition réintroduira l’image de l’arbre dans les cathédrales gothiques, qui sont des ‘forêts de pierre’. Le bon Roi saint Louis rendra sa justice sous un chêne et saint Bernard ira jusqu’à enseigner: «Tu trouveras plus dans les forêts que dans le livres.», un thème que reprendra saint François d’Assise. Au contraire, Descartes, féru du dépouillement strict de l’abstraction rationaliste, reprendra à son compte la phobie monothéiste que nourrissent les hommes du désert pour l’inquiétant foisonnement de la forêt.

Le Professeur Jean Haudry, en éminent linguiste, relève que, pas plus que la guerre, qui pour eux est la condition normale de l’existence, la forêt, qui en est le cadre omniprésent, ne fait l’objet d’un nom indo-européen commun. Plus tard, le mot forêt viendra désigner, au contraire, ce qui est extérieur (fors = hormis) au cadre de vie civilisé, urbanisé, comme l’avait fait le mot latin silva, sylve, sauvagerie. Par ailleurs, le mot anglais wood est hérité d’une racine celtique qui voit la forêt comme séparation entre les terres défrichées, tandis que les mots allemands wald et wild évoquent à nouveau la solitude et la sauvagerie. Mais cette solitude n’est pas inhabitée: elle abrite des exclus, les brigands aux mœurs de loup, confréries masculines, Männerbünde chez les Germains, Fianna chez les Irlandais, Vrâtya chez les Indiens. Constituées en contre-sociétés, du type de celle que formaient Romulus et Remus à la fondation de Rome, ces confréries sont à l’origine du féodalisme. La forêt abrite encore d’autres exclus, de leur propre mouvement: les renonçants, ermites anachorètes. Cette forêt est donc bien le lieu de la liberté, un des idéaux de la pensée indo-européenne.

Intitulé ‘L’arbre triple dans l’Irlande ancienne’, l’article suivant est extrait de l’ouvrage fondamental de Bernard Rio, ‘L’arbre philosophal’, dont question dans le numéro 57 de RE (p.14). If, chêne et frêne, ou plutôt chêne, coudrier et pommier, l’arbre primordial serait triple et ses fruits évoqueraient la première fonction indo-européenne: le gland nourrit le sanglier, symbole sacerdotal; les noisettes tombent dans la rivière et sont absorbées par le saumon de la connaissance, autre animal de première fonction; la pomme s’identifie à l’Autre Monde irlandais. Les trois sont indissociables, comme le sont le corps, l’âme et l’esprit.

Dans sa contribution, intitulée ‘Merlin le sylvain’, Guillaume Guégan énumère les aspects multiples de l’archétype Merlin, traité par une dizaine d’auteurs médiévaux. Né d’une vierge et d’un démon incube, il passerait bien pour l’Antéchrist. Il n’est pas seulement devin, mais aussi faiseur de rois, initiateur de l’ordre guerrier de la Table Ronde, guide spirituel, précepteur du chevalier parfait, philosophe, démiurge. Il est d’abord sylvain. Ses pouvoirs magiques ne sont que les manifestations extérieures de sa connaissance spirituelle. Tel un druide, il parle avant le roi et au-delà du royaume. Mais il est d’abord sylvain et c’est dans la forêt qu’il se ressource. Sa vie se passe, d’ailleurs, en allers-retours, des bois à la cité où il laisse roi, femme et château, pour rejoindre sa forêt au galop du cerf qu’il chevauche, pour retrouver l’ermite Blaise (bleiz = loup en breton) pour l’ultime initiation. Au prêche de saint Cado qui s’efforce de le convertir, Merlin répond par le hurlement du loup, car il considère la victoire du christianisme comme une décadence.

En conclusion du dossier, Olivier Chalmel traite, dans la ligne d’Ernst Jünger, d’une forêt intérieure, mentale, au tréfonds de l’archaïque qui est en chacun de nous. Il s’agit de se retrouver soi-même, de retrouver son centre, préalable indispensable pour reconquérir le champ social, et Oliver Chalmel cherche à cet effet l’appui du romancier finlandais Arto Paasilinna. Quiconque se distancie du carcan des idéologies dominantes (rationalisme et monothéisme) est un rebelle et la forêt est son refuge naturel. Dans le ‘Traité du rebelle ou le recours aux forêts,’ Ernst Jünger dessine la figure du Waldgänger (celui qui s’en va dans la forêt), le proscrit du moyen âge scandinave, qui refuse de se laisser prescrire sa loi par le pouvoir. Pour sa résistance, il fait appel à des pouvoirs bien supérieurs aux force temporelles, car recourir aux forêts, c’est sortir mentalement des normes. C’est aussi rechercher son centre, dans le sens où Ernst Jünger écrit: «Chacun sait que des centres de forces originelles sont contenus dans le paysage changeant.» En touchant à cela, on dépasse les mots, les écoles, les confessions, pour apprendre à vénérer ce dont elles tirent leur vie, une parcelle ou un symbole de l’Autre Monde. Toute forêt est un centre, toute pérégrination forestière un appel à un voyage intérieur, le retour à soi-même d’un être dénaturé.

 

Léon Lecocq

In Renaissance Européenne n°60

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