Résistance Identitaire Européenne

Paganisme

Les fêtes de Yul

Les fêtes de Yul

 

Entre le 6 décembre et le 6 janvier, les peuples européens fêteront la vieille fête du solstice d'hiver.

 

Voici déjà des millénaires, nos lointains ancêtres célébraient le cycle du Yul en allumant un grand feu, symbole du puissant soleil, dispensateur de lumière et de fertilité.  Les Grecs célébraient, le 6 janvier, 1'épiphanie de Dionysos (epiphaneia = apparition, manifestation). La (re)naissance de Mithra était, elle, commémorée le 25 décembre et à Rome, la fête du Sol Invictus se déroulait le même jour.

 

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C'est seulement à partir de 440 que l'Eglise décida officiellement de célébrer la naissance de Jésus le 25 décembre. En effet, la date de l'événement variait, selon les sources, du 18 novembre (Clément d'Alexandrie) au 20 ou 21 mai.

 

« Plus tard, lorsqu'ils furent convertis au christia­nisme, nos pères n'abandonnèrent pas pour autant ces coutumes païennes et l'Eglise, bon gré mal gré, n'eut d'autre ressource que de les tolérer.  Elle fit même coïncider certaines de ses fêtes et des réjouissances solsticiènnes  (...)  L'Eglise décida aussi que la Noël serait fêtée le jour du solstice d'hiver, le 25 décembre, officialisant ainsi les joyeuses flambées qui marquaient cette date. » (I)

 

 En 601, le pape Grégoire 1er, enjoignait à ses mis­sionnaires anglais de s'employer à détourner de leur sens d'origine les coutumes païennes les plus enraci­nées, plutôt que de les combattre ouvertement.  C'est ainsi qu'au Moyen-âge, la fête de Noël devint la plus grande des réjouissances populaires chrétiennes. Une crèche vivante était représentée et processions, chants, danses, et même festin s'y trouvaient mêlés.

 

Mais en Ecosse, en 1583, la fête de Noël, considérée comme fête païenne, fut interdite.  Les puritains anglais parvinrent à la faire interdire, pour les mêmes raisons, sous Cromwell. Et ce n'est que lors de la restauration de Charles II, en 1660, qu'elle fut réta­blie.

 

Aujourd'hui encore certains chrétiens, comme les Témoins de Jéhovah, se refusent à célébrer Noël, fête européenne par excellence.

 

Comme nous le rappelions plus haut, la fête indo­européenne du Yul n'est pas limitée à une seule journée. En fait, Noël ne représente que le point culminant du cycle.

Les festivités débutaient, dans ce qu'on peut appe­ler les Grands Pays-Bas (de la Picardie à la Rhénanie en passant par la Champagne et la Lorraine) et plus particulièrement en Flandre, Hollande et Wallonie, par la fête de Saint-Nicolas. 

 

Celui-ci, monté sur son âne, ne serait autre que le vieil Odin chevauchant Sleipnir - soit une édulcoration chrétienne du mythe de la « Grande Chasse ».

 

Vient ensuite la Sainte Lucie (lux = lumière), toujours vivante en Suède et en Alsace, où les jeunes filles réveillent la maisonnée en lui apportant café et petits pains en forme de roue solaire.

 

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Le Père Noël (ou Bonhomme Noël ou encore Bonhomme Janvier) serait la version déchristianisée de Saint Nicolas,  II faut remarquer la violence avec laquelle l'Eglise s'est parfois attaquée au jovial personnage : en 1941, le curé de Clichy-sous-Bois affiche un qua­train contre le Père Noël et à la gloire du petit Jésus; le cardinal Roques, lui, dénonce en 1951 les « invraisemblables stupidités d'un imaginaire chiffonnier dénommé Père Noël ».

 

Et c'est la fête des rois qui clôt le cycle, avec sa galette ronde et dorée comme le soleil. (…)

 

Un des maîtres-symboles du Yul est sans conteste le traditionnel sapin (dont la signification serait à rapprocher à la symbolique païenne de l'arbre, modèle de vie, synthèse de la terre et de la lumière). C'est à Schlesttstadt, en Alsace, que l'on trouve, en 1521, la première mention d'un arbre de Noël; puis à Strasbourg en 1539.  La première description précise date de 1605.  L'arbre est attesté en Allemagne à partir de 1700, mais n'atteindra Paris et Londres qu'en 1837, pour seulement se généraliser en France à partir de la diaspora alsacienne de 1870.

 

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Un autre thème majeur est le feu, non seulement le feu dans l'âtre mais aussi celui du bûcher.  Bien qu'en Wallonie il ait quasiment disparu, la tradition­nelle « chandelle de Noyé » a subsisté : « Allumée à minuit pour marquer la naissance du Christ, elle est le symbole de la fête du feu. Noël n'est en effet que la fête antique du feu.  Le Christianisme a su profiter de cette solennité païenne pour l'accorder harmonieuse­ment avec l'image de l'homme nouveau, du Soleil sur le monde. » (3)

 

Michel B. FINCŒUR

 

(1) André NIZETTE : « Mathy brule-t-il ? » in « Folklore
dans la province de Liège... un passé bien vivant ! »,
1968, Liège, Fédération du Tourisme dans la province
de Liège.

 

(2) Georges REM : « Quelques pages pour lire au coin du feu » in « Si Liège m'était conté... » n° 29, 8ème année, hiver 1968. Enfants-Magazine décembre 1976.

 

« Comment les Rois Mages vinrent en Occident » Robert de HERTE in le Figaro-Magazine 06.01.1979.

 

Dossier « Noël, le Soleil reviendra » Eléments n° 19 déc.76-Janv.77.

 

« Les Solstices, Histoire et actualité » J. MABIRE et P. VIAL, éditions G.R.E.C.E., 1975.

 

(Sources :Pour une renaissance européenne, Décembre 1980)

 

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Samain

 

SAMAIN

Quand confluent le surnaturel et l’humain

 

 

Novembre: l'occasion de remonter jusqu'à nos sources pour y re­cueillir le « boire herbe » qui nous délivrera d'une amnésie bientôt bimillénaire. Au premier novembre correspond la fête la plus importante du calen­drier celtique: SAMAIN, fête guerrière et totale, début et fin de l'année. SAMAIN, sa forte imprégnation colore singulièrement l’avatar rachitique au­quel la fête primordiale a dû céder le pas: la Toussaint.

 

Avant tout, il peut être utile de préciser brièvement certaines notions, tant l'absence de sources sûres - mais cela est en passe de chan­ger - permettait aux celtomanes de scribouiller impunément.

Ces bonnes personnes avaient une fâcheuse tendance à mettre dans le même sac des notions aussi diverses que métempsycose, métamorphose, immortalité de l'âme, réincarnation, transmigration. On peut aujourd'hui considérer sans grand risque d'erreur que les Celtes ne connaissaient pas la notion de réincarnation; que la métempsycose n'est attestée que par deux exemples seulement, tous deux relatifs à des personnages mythologiques ve­nant de l'Autre Monde; par contre, on trouve trace, dans les textes mytho­logiques, de métamorphose. Quant à la croyance en l'immortalité, elle est formellement attestée. D'où il découle toute une littérature traitant du « havre de paix » qu'est l’Autre Monde (Sid) dans la conception celtique.

Cet Autre Monde, contrairement au Walhalla des cousins germani­ques - paradis réservé aux guerriers -, est un lieu de délices et de volup­tés, exempt de toute querelle, comme de toute spéculation intellectuelle. Le Sid (qui, étymologiquement, veut dire « paix ») est un lieu de festin, pour ne pas dire d'éternelles ripailles ! N'est-il pas désigné par d'autres métaphores des plus éclairantes: « plaine du plaisir », « terre des vivants », « terre des jeunes » ... Que nous sommes loin des béatitudes séraphiques de Saint Jérôme ou de Saint Augustin !

 

Quatre fêtes essentielles, d'importance inégale, ponctuent l'année celtique. Un mot immédiatement pour remarquer que les solstices ne semblent pas avoir joui de la moindre estime parmi les Celtes, puis­que les quatre fêtes se situent, très vraisemblablement, au 1er février, 1er mai, 1er août et 1er novembre. Au 1er février, on célèbre IMBOLC, dé­tourné par la tradition judéo-chrétienne en Chandeleur, qui coïncide approximativement aux Lupercales romaines. C'est une fête de la fécondité, dédiée à Brigit/Brigh, la grande déesse du Panthéon celtique. Des quatre grandes fêtes, IMBOLC (fête de la troisième fonction) est assurément la moindre. Au 1er mai, se célèbre BELTAINE, « le feu de mai », à rapprocher de la nuit de Walpurgis chez les Germains; c'est le commencement de la saison chaude, son symbolisme est solaire. C'est la fête sacerdotale par défini­tion, le feu étant l'un des attributs des druides. Au premier mai, en Gaule, la grande assemblée des Druides se tenait, rappelons-le, dans la forêt des Carnutes. Après l'aspect religieux, l'aspect juridique de la première fonc­tion est célébré lors de LUGNASAD, ou « assemblée en l'honneur de Lug », qui tombe le 1er août. C'est la fête du roi, fête du bon gouvernement, fête de l'amitié: à Lugnasad, les guerriers venaient désarmés.

 

Enfin, au 1er novembre, SAMAIN, (en gaulois Samonios - selon le calendrier de Coligny), c'est la fête militaire et totale, qui va plus particulièrement retenir notre attention.

 

Dans la tradition celtique, comme dans la conception nordique du monde, l'année est partagée en deux saisons, une saison froide et une saison chaude, qui est aussi la saison guerrière, et que Samain vient clo­re. L'autre pôle étant bien entendu Beltaine, parfois dénommé « caise na ngenti »: la pâque des gentils. Samain, qui clôt l'année écoulée et ouvre celle à venir, jouit donc d'une position dominante et privilégiée.

En Irlandais, « wythnos » - qui désigne la semaine - se traduit par « huit nuits ». Nous retrouvons cette idée en Breton, avec « antronoz »: « au-delà de la nuit », id est: le lendemain. Ainsi la nuit engendre le jour, et la saison sombre, qui donnera naissance à la saison claire, débute donc l'année à Samain. On comprend que Samain ait été la plus importante céré­monie du calendrier et du rituel irlandais (que nous citons par préférence, puisque c'est le domaine qui nous est le mieux connu).

 

Le banquet des guerriers

 

A la date de Samain, correspondent presque tous les événements mythiques ou épiques: c'est alors que meurent les dieux et les héros, c'est alors que Cuchulainn est blessé, qu'ont lieu les batailles de la mythologie et de l'épopée. « Les événements importants s'y concentrent ».

« Dans le récit fondamental de la bataille de Mag Tured, c'est à Samain que le Dagda a, avec la Morrigan ou déesse de la guerre, un rendez-vous galant à l'occasion duquel elle lui promet de venir en aide aux Tuâtha Dé Dânann contre les Fomoire ». « Samain est aussi le moment où tout l'état-major des Tuâtha Dé Dânann se réunit pour préparer la lutte décisive con­tre les Fomoire ». « Quand le roi subit la mort rituelle, blessé à mort par l'ennemi (...) c'est toujours à Samain » etc... .

 

La fête, dont l'inauguration par le feu est réservée aux drui­des, revêt un caractère solennel. La plus importante manifestation en est le « banquet militaire et royal », qui met un terme à la saison guerrière. On y mange du porc (animal de science et de guerre, dévolu à Dagda ou à Lug), de l'andouille, des noix; on y boit du vin (denrée rare) et de la bière en abondance.

 

On trouve des éléments relatifs à Samain dans « le petit hôtel d'Allen » (cycle ossianique) : « Finn s'assit alors sur le siège du héros au centre de l'hôtel, Goll l'aimable, fils de Morna, sur l'autre siège du héros, et les nobles de leur suite de part et d'autre de chacun d'eux. Chacun s'assit après eux suivant sa noblesse et son patrimoine, à l'endroit déterminé et convenable (...) Alors les serviteurs se levèrent en vraie foule pour servir et approvisionner l'hôtel. Ils prirent des coupes à boire (...) et l'on servit des boissons fortes et fermentées, des liqueurs agré­ables et douces à ces bons guerriers. La joie grandit chez les jeunes gens, la hardiesse et l'esprit chez leurs guerriers (...) Fergus à la bouche blanche se leva, à savoir le file de Finn et de Fianna. Il chanta des chants, des lais, et de beaux poèmes sur ses ancêtres et parents (...) puis le file alla en présence de Goll et lui récita des légendes. Les fils de Morna furent joyeux et de bonne humeur à cause de ces compositions poéti­ques».

 

Rencontre des vivants et des morts

 

Fête militaire, fête communautaire, Samain a aussi un caractère « religieux ». C'est une époque-charnière, qui n'appartient ni à l'année qui s'est écoulée, ni à celle qui suit. Ainsi Samain, période close au cours de laquelle les événements échappent aux contingences du temps, est le lien/lieu intermédiaire entre le monde des humains et l’Autre-Monde, une sorte de « Bifrost temporel ». Alors « tout le surnaturel se précipite, prêt à envahir le monde humain », selon l'heureuse formule de M.L. SJOESTEDT.

Ainsi comprenons-nous mieux pourquoi l’abondance et l’ivresse sacrée, l'obligation de paix et d'amitié sont de règle au cours du « festin de Tara »: celui-ci est une image passagère de l'existence dans le Sid, la « Plaine du Plaisir » (Mag Meld) - sur laquelle règne Manannan Mac Lir - dont il n'est pas exagéré de penser que Grecs et Latins, historicisant le mythe, ont fait « Thulé » (Strabon) ou « Ogygie» (Plutarque).

 

A Samain, le Sid est partout: c'est le temps hors du temps, durant lequel les vivants peuvent intervenir dans le Sid, et les habitants du Sid dans notre vie. F. LE ROUX et C.J. GUYONVARC'H sont formels: « Les Hyperboréens de la tradition littéraire grecque ne peu­vent avoie été que des Celtes ».

 

Mais ce festin opulent qui pouvait dégénérer (cf. « Mesca Ulad » : « l'ivresse des Ulates », récit d'une équipée des Ulates après un festin et une nuit d'ivresse lors de Samain) était généralement réservé aux guer ticulièrement retenir notre attention.

Dans la tradition celtique, comme dans la conception nordique du monde, l'année est partagée en deux saisons, une saison froide et une saison chaude, qui est aussi la saison guerrière, et que Samain vient clo­re. L'autre pôle étant bien entendu Beltaine, parfois dénommé « caise na ngenti »: la pâque des gentils. Samain, qui clôt l'année écoulée et ouvre celle à venir, jouit donc d'une position dominante et privilégiée.

En Irlandais, « wythnos » - qui désigne la semaine - se traduit par « huit nuits ». Nous retrouvons cette idée en Breton, avec « antronoz »: « au-delà de la nuit », id est: le lendemain. Ainsi la nuit engendre le jour, et la saison sombre, qui donnera naissance à la saison claire, débute donc l'année à Samain. On comprend que Samain ait été la plus importante céré­monie du calendrier et du rituel irlandais (que nous citons par préférence, puisque c'est le domaine qui nous est le mieux connu).

le banquet des guerriers

A la date de Samain, correspondent presque tous les événements mythiques ou épiques: c'est alors que meurent les dieux et les héros, c'est alors que Cuchulainn est blessé, qu'ont lieu les batailles de la mythologie et de l'épopée. « Les événements importants s'y concentrent ».

 

« Dans le récit fondamental de la bataille de Mag Tured, c'est à Samain que le Dagda a, avec la Morrigan ou déesse de la guerre, un rendez-vous galant à l'occasion duquel elle lui promet de venir en aide aux Tuâtha Dé Dânann contre les Fomoire ». « Samain est aussi le moment où tout l'état-major des Tuâtha Dé Dânann se réunit pour préparer la lutte décisive con­tre les Fomoire ». « Quand le roi subit la mort rituelle, blessé à mort par l'ennemi (...) c'est toujours à Samain » etc... .

 

La fête, dont l'inauguration par le feu est réservée aux drui­des, revêt un caractère solennel. La plus importante manifestation en est le « banquet militaire et royal », qui met un terme à la saison guerrière. On y mange du porc (animal de science et de guerre, dévolu à Dagda ou à Lug), de l'andouille, des noix; on y boit du vin (denrée rare) et de la bière en abondance.

 

On trouve des éléments relatifs à Samain dans « le petit hôtel d'Allen » (cycle ossianique) : « Finn s'assit alors sur le siège du héros au centre de l'hôtel, Goll l'aimable,» fils de Morna, sur l'autre siège du héros, et les nobles de leur suite de part et d'autre de chacun d'eux. Chacun s'assit après eux suivant sa noblesse et son patrimoine, à l'endroit déterminé et convenable (...) Alors les serviteurs se levèrent en vraie foule pour servir et approvisionner l'hôtel. Ils prirent des coupes à boire (...) et l'on servit des boissons fortes et fermentées, des liqueurs agré­ables et douces à ces bons guerriers. La joie grandit chez les jeunes gens, la hardiesse et l'esprit chez leurs guerriers (...) Fergus à la bouche blanche se leva, à savoir le file de Finn et de Fianna. Il chanta des chants, des lais, et de beaux poèmes sur ses ancêtres et parents (...) puis le file alla en présence de Goll et lui récita des légendes. Les fils de Morna furent joyeux et de bonne humeur à cause de ces compositions poéti­ques ».

 

Rencontre des vivants et des morts

 

Fête militaire, fête communautaire, Samain a aussi un caractère « religieux ». C'est une époque-charnière, qui n'appartient ni à l'année qui s'est écoulée, ni à celle qui suit. Ainsi Samain, période close au cours de laquelle les événements échappent aux contingences du temps, est le lien/lieu intermédiaire entre le monde des humains et l’Autre-Monde, une sorte de « Bifrost temporel ». Alors « tout le surnaturel se précipite, prêt à envahir le monde humain », selon l'heureuse formule de M.L. SJOESTEDT. Ainsi comprenons-nous mieux pourquoi l’abondance et l’ivresse sacrée, l'obligation de paix et d'amitié sont de règle au cours du « festin de Tara »: celui-ci est une image passagère de l'existence dans le Sid, la « Plaine du Plaisir » (Mag Meld) - sur laquelle règne Manannan Mac Lir - dont il n'est pas exagéré de penser que Grecs et Latins, historicisant le mythe, ont fait « Thulé » (Strabon) ou « Ogygie » (Plutarque). A Samain, le Sid est partout: c'est le temps hors du temps, durant lequel les vivants peuvent intervenir dans le Sid, et les habitants du Sid dans notre vie. F. LE ROUX et C.J. GUYONVARC'H sont formels: « Les Hyperboréens de la tradition littéraire grecque ne peu­vent avoie été que des Celtes ».

 

Mais ce festin opulent qui pouvait dégénérer (cf. »Mesca Ulad » : « l'ivresse des Ulates », récit d'une équipée des Ulates après un festin et une nuit d'ivresse lors de Samain) était généralement réservé aux guerriers, tandis que pour le peuple (les producteurs, la 3ème fonction) se dérou­lait une grande « foire ». Fête globale, Samain donnait aussi l'occasion d'une grande assemblée légale qui lui conférait son dernier aspect: juridi­que. « Voici la raison pour laquelle on célébrait Samain: parce que les lois étaient faites là par les hommes d'Irlande ». Et malheur à celui qui osait enfreindre un engagement, un règlement passé à l'occasion de l'assemblée lé­gale, et dont l'obligation courait jusqu'à l'assemblée suivante,un an après !

 

Intermède romain

 

Nous sommes en Italie, tout près du Tibre, le 27 octobre de l'an 312. Sous le signe de la croix, Constantin défait Maxence - dont l'é­tendard porte l'emblème solaire.

Cette date symbolique marque le triomphe armé du judéo-chris­tianisme sur le paganisme/polythéisme jusqu'alors honoré, sinon pratiqué en terre d'Europe. C'est le point de départ d'une vaste et habile entreprise de récupération. Trois siècles passent, et, en 607, Boniface IV travestit l'antique Samain en Toussaint, tandis que la fête des Trépassés est rejetée au lendemain. Ce n'est plus la fête commune aux vivants et aux morts, mais celle des saints suivie de celle des défunts. On évacue les vivants.

 

Fin de l'intermède

 

Au siècle dernier pourtant, les gens du Sid revenaient parmi les vivants au premier novembre, et ceci n'est plus attesté seulement par l'Irlande, mais bien, cette fois, par la Bretagne. Il est vrai que la Breta­gne (« Ledav ») passait pour être une voie d'accès privilégiée au Sid. Il suffit de lire Anatole Le Braz: « Le soir de la Toussaint, veille de la fête des Morts, (Goël ann Anaou) les défunts viennent tous visiter les vivants ». Ce soir-là, « la maîtresse de la maison recouvre d'une nappe blanche la ta­ble de la cuisine, et, sur cette nappe, dispose du cidre, du lait caillé, des crêpes chaudes. Les préparatifs terminés, tout le monde se couche ». Vers neuf heures, « des voix lamentables s'élèvent dans la nuit »: ce sont les chanteurs de la mort qui, au nom des défunts, interpellent sûr le seuil des maisons les vivants. « Ils disent la complainte des âmes. Les morts passent toute la nuit qui précède leur fête à se chauffer et à se régaler dans leur ancienne demeure » (in « La Légende de la Mort »).

 

Le chaleureux festin est devenu bien maigre pâture ... Bonne occasion de rappeler que les Celtes, ne croyant pas au « péché », ne croyaient pas davantage au « purgatoire » qu'évoqué immanquablement ce mot tubercu­leux

 

Aujourd'hui, malgré nombre de vicissitudes, la fête de la Toussaint/Samain revêt encore, en Bretagne armoricaine, une solennité et une ampleur insignes. C'est souvent, pour les membres dispersés d'un même « clan » l'occasion de se retrouver, de se réunir, de faire retour au village natal, à fin de rendre un hommage unanime aux parents disparus, aux ancêtres ou­bliés ... mais qui nous ont légué leur sang. Ce devrait être 1' occasion d'une affirmation de continuité, d'une fidélité à la vie et à la lignée. Ce n'est plus qu'une course pour avoir le chrysanthème le plus époustouflant, la bruyère la plus exubérante! L'Eglise catholique, oubliant - la première - le sens profond d'une fête qui lui avait été imposée, renonçant aux rites qui maintinrent si longtemps son prestige, n'est plus que la complice des marchands de fleurs.

 

Cette évocation, que nous voudrions « voyage de guérison », s'a­chève. Il ne s'agit pas de se déguiser en druide ou en bas breton du XIXème siècle. Il s'agit de récupérer toute la richesse et tout le sens de cette fête du début novembre, dénaturée et affadie par tant de faux sens. A la limite, est-il si puéril que l'homme de l'avenir veuille avoir les plus profondes racines, à fin d'imaginer de nouveaux rites pour le XXIème siècle sans pour autant renier ce qui fut - ni, a contrario, recommencer les mêmes erreurs -? Nous savons nous incliner devant les morts, nous savons les vé­nérer. Mais le sens de la fête, mais le sens du sacré, c'est aux vivants de contribuer à le re-découvrir. Alors une nouvelle communauté, équilibrée, pourra germer ...

 

PATRIK DE KERISPERT

 

De très nombreuses citations sont tirées du très important ouvrage de F. LE ROUX et CJ. GUYONVARC’H : Les Druides – OGAM – 1978

 

(Lu dans le N° 1 d’ARTUS 1979)

 

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Samhain

 

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A nos morts

 

...

Vous qui viendrez après nous,

Apprenez notre loi :

Qui veut le bonheur doit payer

Le prix du sang.

 

H Anacker

Fêtes païennes des 4 saisons, p 242.

 

 

 

 

Les Morts


Sous la terre , Sous les eaux
Reposent les morts
De nombreuses lignées.
Mais tant que des vivants
Héritiers attentifs,
Gardiens fidèles,
En un appel mystérieux
Élèveront leurs mains
Vers les Dieux -
Ils vivront
Oui ils vivront
les morts

RG Binding

Fêtes païennes des 4 saisons, p 236.

 

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http://www.leseditionsdelaforet.com/content/view/13/27/

 

 

AUX RACINES DE LA FÊTE DES MORTS ET DE HALLOWEEN…

 

Dans la tradition celtique païenne se célébrait le 1er novembre la fête de Samhain. Cette fête était l’une des quatre grandes fêtes de l’année celtique. Celle de Samhain marquait le début de l’hiver et représentait ainsi la grande transition cyclique annuelle, le nouvel an. Chez les Celtes des îles britanniques et d’Irlande, la veille du 1er novembre se nommait Samfuin, ce qui veut dire « fin de l’été ». À cette date devait être rentré le bétail de ses pâturages d’été. C’est le moment où les Celtes abattaient les animaux nécessaires pour les réserves alimentaires de l’hiver. La vie des six prochains mois allait se dérouler principalement à l’intérieur des foyers où les anciens raconteront autour du feu durant les longues nuits hivernales les anciennes légendes transmises de père en fils.

L’été se finissait au coucher du soleil le 31 octobre, et l’hiver ne commençait qu’au lever du soleil le 1er novembre. Ceci avait pour conséquence que les 12 heures intermédiaires étaient comme suspendues dans le temps, elles n’appartenaient ni à une saison ni à l’autre. Ces 12 heures étaient hors du temps, c’était la nuit pendant laquelle passé, présent, et futur, étaient réunis dans un même espace temporel. Une nuit obscure pleine de mystères et de terreurs commençait alors de manière implacable. On interrogeait les signes divins afin de connaître les révélations du futur. De grands banquets et des jeux avaient lieu pendant lesquels l’alcool coulait à flots. Mais malgré les joies des festivités, l’atmosphère était lourde car cette nuit de Samhain ne réservait pas que des rires, loin de là même… Pendant ces banquets il était coutume de manger entre autres des pommes, des noix et des noisettes. Les pommes sont liées au symbolisme de l’immortalité, il est donc compréhensible qu’elles soient le fruit de prédilection pour cette nuit de transition vers la saison morte de l’année. On espérait ainsi pousser les puissances magiques de cette nuit de Samhain vers un renouvellement vital des forces cycliques.

Cette nuit du 31 octobre au 1er novembre n’était pas uniquement un effondrement temporel, c’était aussi le moment pendant lequel s’écroulaient les barrières qui séparaient les différents mondes. Les portes entre les mondes s’ouvraient laissant le passage libre aux fées, aux elfes, mais aussi et surtout aux Esprits de l’infra monde et aux morts. Ces Esprits, véritables démons du chaos, sont dans la tradition irlandaise les Fomoirés contre lesquels les Dieux célestes, les Tuatha De Danann, durent livrer bataille lors de la conquête du pays. La fête de Samhain était très enracinée chez les Celtes irlandais, à tel point que de nombreux aspects païens purent survivre à la christianisation de l’Irlande. Ces aspects perdurèrent de nombreux siècles, et lorsque les Irlandais émigrèrent vers le nouveau monde, l’Amérique, ils emmenèrent avec eux la tradition de Samhain. La très forte présence d’immigrants irlandais aux USA fit que cette fête allait prendre rapidement un caractère national. Depuis, dans tout le pays se célèbre la fête nommée Halloween. Les américains, toujours prompts à convertir en valeur marchande tout et n’importe quoi, firent tôt de récupérer cette fête traditionnelle en lui donnant un aspect commercial à outrance. C’est ce Halloween américanisé qui est venu conquérir l’Europe à la fin du 20è siècle. Il est donc assez surprenant de voir les « migrations » de Samhain, qui part d’Europe vers l’Amérique, pour revenir ensuite en Europe sous un aspect quelque peu différent. Mais revenons à la fête originelle de Samhain, celle de nos ancêtres celtes. Cette nuit sacrée pendant laquelle les Esprits de l’infra monde et les morts venaient hanter et parfois terrifier les vivants, était celle où tous les confrontements étaient possibles. Dieux, hommes, et entités chtoniennes pouvaient s’affronter de manière terrible. Les Divinités chtoniennes, les démons de l’infra monde, étaient représentées dans l’imagerie mythologique avec des aspects monstrueux. On allumait alors de grands feux pour se protéger de ces forces obscures et chaotiques. Même durant le banquet, le roi de tribu devait être protégé tout spécialement par quatre princes qui prenaient place autour de lui. Ils se plaçaient de telle manière, qu’ils formaient une roue solaire selon le principe des deux axes, un prince de chaque côté, un derrière et un autre devant le roi. Cet ordre symbolique visait à invoquer les forces solaires, celles des Tuatha De Danann afin de protéger le roi contre toute attaque des forces chtoniennes. La vie de toute la tribu en dépendait. On réservait pendant ces banquets une place pour les morts afin qu’ils viennent se joindre pacifiquement aux festivités. Toute cette célébration n'est pas sans rappeler celle de la fête romaine de Mundus Patet dont le fond est très similaire à celui de Samhain.

 

Durant la nuit de Samhain, la rencontre avec les morts, les Esprits, les Elfes, ou les Fées, pouvait être parfois bénéfique et d’une grande aide, mais en général elle était crainte et on faisait tout pour l’éviter. Pendant ce temps, les jeunes, qui prenaient les choses quelques fois plus à la légère, se couvraient le visage avec des masques monstrueux, et déambulaient ainsi dans le village. Ceci augmentait sans aucun doute une ambiance déjà très tendue. Les foyers, eux, ont été au préalable nettoyés de fond en comble, car c’est une des nombreuses manières d’honorer les défunts lorsqu’ils reviennent au foyer afin de se joindre aux vivants. Les morts qui prennent place au banquet sont le souvenir de l’ancien sacrifice qui devait se célébrer en l’honneur des ancêtres et des Fomoirés. Bien des éléments littéraires du moyen-âge irlandais confirmeraient que des sacrifices sanglants avaient lieu pendant la nuit de Samhain, et peut-être même des sacrifices humains. Ces sacrifices avaient pour but d’apaiser les Fomoirés et tous les Esprits malveillants de cette nuit hors du temps. L’un de ces Fomoirés porterait le nom de Crom Cruach. Par contre il a été démontré que ces sacrifices étaient le fait de volontaires ou de guerriers vaincus, mais en aucun cas d’enfants comme a voulu le faire croire une version littéraire chrétienne du moyen âge irlandais. Cette version, unique en son genre d’ailleurs, a puisé son inspiration dans un passage biblique faisant référence aux sacrifices pratiqués en l’honneur du Dieu sémitique Moloch. Les chrétiens firent d’ailleurs tout pour salir l’image de cette fête de Samhain. Les œuvres littéraires du moyen âge montrent que cette fête était très ancrée dans les mœurs des Celtes et qu’elle était pour ces derniers une tradition incontournable. Les chrétiens tentèrent dans un premier temps de la diaboliser, mais lorsqu’ils finirent par constater qu’ils n’y arriveraient pas, fidèles à leur habitude, ils christianisèrent Samhain en faisant d’elle la fête des morts et celle de tous les saints (la Toussaint).

Hathuwolf Harson

Source :
« Lexikon der keltischen Mythologie », Sylvia und Paul F. Botherhoyd

« Les symboles des Celtes », Sabine Heinz

https://www.facebook.com/pages/Symboles-pa%C3%AFens-et-inscriptions-runiques/230064080465741

 

 

 

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Solstice : la flamme espérance

 

solsticesite

En Wallonie comme à Valencia, en Lorraine comme au Pays basque, en Provence comme en Franche-Comté, en Alsace et en Lyonnais, ailleurs encore dans nos patries charnelles, filles et fils de notre terre d’Europe se sont retrouvés autour des feux du solstice d’été. Fraternellement unis dans une même foi, une même espérance et une même volonté. En célébrant la mémoire de ceux qui, partis vers le soleil, sont toujours en esprit parmi nous.

Plus que jamais nous le savons : l’avenir nous appartient. Nous l’avons lu dans les yeux de tous ces enfants qui, émerveillés, enregistraient des images qu’ils n’oublieront pas.

Pierre Vial

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