
L’économie est le destin. Vive l’économie, mort au destin. Libéralisme et social-démocratie, marché et planification, droite et gauche gestionnaires ont partagé un dogme : histoire, culture, puissance et survie des peuples dérivent de la « gestion des ressources rares ».
Aux promesses de croissance infinie, de welfare et de science économique neutre a succédé l’échec des managers : désindustrialisation, dépendance, spéculation à la place de l’investissement, et la pauvreté requalifiée en vertu – durabilité, décroissance heureuse, droits de l’homme (libertariens ou woke, peu importe). Fin de l’idole économique, ou métamorphose en un économisme de pénurie, plus totalisant encore précisément parce que privé des anciens succès ?
Guillaume Faye montre que le société marchande est un état d’esprit : elle diffuse les valeurs du marché dans chaque fonction sociale, détruit les hiérarchies organiques au nom de l’égalitarisme formel et laisse à leur place des inégalités pécuniaires d’autant plus odieuses qu’elles restent les seules admises. Il fait ainsi primer ainsi la rente sur la création, l’hédonisme sur l’esprit d’entreprise, le consommateur sur le producteur.
Mais ni la main invisible ni l’État-providence ne maîtrisent le temps : ils réduisent la société à un agrégat d’intérêts particuliers, tandis que les économies vitales produisent du surplus, des espaces autocentrés et une volonté de puissance. L’économie doit être remise à sa place : instrument, non fin ; stratégie, non religion. Seul un ordre politique souverain, orienté vers les producteurs, la puissance et la grandeur civique, peut nous rendre un destin qui ne soit pas le PNB. Les économies ne commandent pas l’histoire. La commandent les peuples qui savent encore la vouloir.
Guillaume Faye (1949-2019), essayiste et théoricien métapolitique, ancien dirigeant du GRECE, figure majeure de la pensée identitaire européenne, est l’auteur, entre autres, de Le Système à tuer le peuple (Moira), Pourquoi nous combattons. Manifeste de la résistance européenne (L’Æncre), Sur Heidegger et le mythe surhumaniste (La Nouvelle Librairie), Contre la russophobie. La Russie post-soviétique, le fédéralisme euro-sibérien et la crise ukrainienne (Ars Magna), et Le Déclin de l’Occident, ou l’Occident comme déclin ? La cause des identités populaires (Moira).