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Le 24 mai dernier, Edouard Geffray, le ministre de l’Education Nationale a annoncé que les lycéens scolarisés dans des établissements en langues régionales (basque, breton, catalan, alsacien et occitan en l’espèce, les autres langues n’ayant pas de filières dans le secondaire) pourront passer quelques épreuves du bac dans leur langue respective.

Vieille revendication notamment chez les Basques, cette disposition aura été rendue possible par l’inattendu Edouard Geffray qui était pourtant issu du cabinet du très jacobin Jean-Michel Blanquer. Bravo à lui !

Cette épreuve en langue régionale sera donc effective pour l’épreuve du bac 2028, c’est à dire quand Philippe Geffray ne sera plus ministre de l’Education Nationale.

Son successeur qui pourrait possiblement être issu du RN conservera-t-il cette avancée ?

On peut se poser la question tant l’ensemble des partis dits « nationaux » ou « patriotes » sont absents sur la question des langues régionales. Dernière preuve en date : Cette mesure historique d’Edouard Geffray n’aura fait l’objet d’aucun communiqué de la part des formations habituelles : RN, Reconquête, UDR, Parti de la France, les Patriotes, Debout la France, IdL et que sais-je encore… . On aura pu s’attendre à ce que ces partis « amoureux de la France charnelle » se réjouissent de cette mesure, célèbrent le retour des identités, le respect de nos coutumes, des langues qui font la France des petits villages et des régions ? Eh bien non. Rien. Car ces partis dits « patriotes » sont gênés par la question. Quand ils n’y sont pas, tout simplement, hostiles. Paradoxe complet !

C’est ainsi en France : La Gauche de la gauche, réputée voix naturelle des classe populaires, déteste désormais les classes populaires et la Droite de la droite réputée championne de l’identité française méprise tout ce qui fait l’identité française.

Ah si ! Les partis nationaux pré-cités aiment les banquets où l’on chante du Michel Sardou et où l’on s’affuble de bérets et de bretelles. Nous aussi adorons les lacs du Connemara, les baguettes et les bérets, mais tout ça est un peu une caricature d’identité française ou, à tout le moins, une identité bien superficielle. D’ailleurs, le Canon Français ou les autres promoteurs de banquets mettent en avant binious et cabrettes lors de leurs agapes mais, bizarrement, c’est toujours Michel Sardou qui est mis en exergue comme symbole de la « France d’avant » par nos « patriotes ».

Ce qui fait la profondeur de l’identité française, ce sont ses langues régionales, ses traditions régionales, sa cuisine, ses savoir-faire locaux, sa religion essentiellement catholique et partiellement protestante et juive, etc… ; pas un revival des années 70 et 80 façon Radio Nostalgie !

La vraie France charnelle et profonde est dans un lycée où l’on parle l’occitan par choix et par fidélité à ses ancêtres et sa culture, qu’on se le dise !

A l’époque de l’Action Française, cette défense et promotion de la France réelle et des patries charnelles était l’un des piliers de la pensée du provençal Maurras. Depuis, la « Droite Nationale » a bien changé : elle adulte Gambetta et cette Troisième République des instituteurs et des Francs-Maçons que Maurras vomissait. En somme, elle cultive une nostalgie de la Gueuse, jacobine, cocardière, anti-identitaire et désincarnée, que ses prédécesseurs à la tête du parti patriote haïssaient.

Et encore une fois, on ne peut que constater que la Droite Nationale suit la voie de la Gauche Radicale : elle se détourne de ce pourquoi elle existe. La Gauche mélenchoniste abhorre le prolétariat de souche et s’est choisi un prolétariat de Grand Remplacement ? La Droite RN/Reconquête se méfie de la France profonde et des identités régionales qui la compose et s’est choisi une identité de remplacement issue de la Révolution Française tendance Robespierre et qui aura inspiré, plus tard, la construction de l’Homo Sovieticus. La réticence du RN et des autres partis a promouvoir, même discrètement, l’identité chrétienne de la France était déjà un signe avant-coureur fort inquiétant.

On dit que « Paris dégoûte » ou « Paris abîme » ces Bretons, Picards ou Alsaciens qui partent à Paris pour le travail. Ceux que ça « abîme » prennent bien vite les sales petites habitudes parisiennes de regarder de haut tout ce qui se situe au-delà du périphérique. Au bout de trois mois de résidence porte de la Chapelle, vous les entendez parler de la « province » l’air goguenard et le nombril boursouflé.

Or la sur-représentation des Parisiens de résidence ou d’habitude (ceux qui sont élus en région mais qui vivent principalement à Paris pour des raisons pratiques) dans les instances des partis nationaux est un handicap. Un handicap pour comprendre la France. Cette France périphérique qui gronde. Car, de la révolte des Bonnets Rouges, au mouvement des Gilets Jaunes en passant par le phénomène de « fuite des villes » et le succès de l’apprentissage des langues régionales, il faut que les chapeaux à plumes du RN, Reconquête et autres se rendent compte que ce que cherche désormais les Français c’est l’authenticité, la profondeur et leurs racines ethniques, voire religieuse, et non un come-back de Napoléon ou de Michel Debré.

Mathurin Le Breton

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

 

Breizh-info.com - 01/06/2026