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« Et partout ces mêmes visions apocalyptiques ; parmi les carcasses d’acier éventrées, calcinées, retentissent les cris déchirants de centaines et de centaines de marins agonisants, mutilés, brûlés ou suffoquant au milieu d’une fumée âcre et d’un mazout noirâtre qui étouffent leurs dernières plaintes. » 

Le 3 juillet 1940, à Mers el-Kébir, la flotte britannique ouvre le feu sur la flotte française. Au total, 1.297 marins français tomberont sous les tirs des navires anglais.

À 17 h 54, l'amiral Somerville donne l'ordre d'ouvrir le feu sur les bâtiments français.

Le désarmement des navires a déjà commencé, la rade est minée et, pour ainsi dire, les bâtiments, dont certains des joyaux de la Marine nationale, comme les cuirassés Dunkerque, Bretagne, Strasbourg ou Provence, sont dans l'impossibilité de manœuvrer rapidement. Le massacre semble déjà annoncé. 

En seize minutes seulement, la flotte française est quasiment anéantie 

Le cuirassé Bretagne, atteint de plein fouet, explose, coule en sept minutes et disparaît sous les eaux. Seuls 150 hommes sur les 1 300 que compte son équipage échappent à la mort, soit à la nage, soit en chaloupe.

Le cuirassé Dunkerque, n'ayant pu prendre la mer à cause d'une avarie de gouvernail, reçoit un obus qui tue 150 marins, plus de 100 mécaniciens et chauffeurs, ainsi que deux ingénieurs. Le bâtiment est mis hors de combat.

Le cuirassé Provence, touché, parvient par ses propres moyens à s'échouer sur la côte de Kébir. Il compte quatre morts.

Le contre-torpilleur Mogador (X61), incendié par l'arrière, s'échoue à son tour et déplore quatorze morts.

Le contre-torpilleur Rigault de Genouilly est également atteint. Seul le Commandant Teste, non cuirassé et amarré à la jetée en construction, demeure intact.

Le Strasbourg, lui, parvient à forcer le passage, gagne la haute mer, puis rejoint Alger avant de rallier Toulon.

Et partout, ces mêmes visions apocalyptiques ; parmi les carcasses d'acier éventrées, calcinées, retentissent les cris déchirants de centaines et de centaines de marins agonisants, mutilés, brûlés ou suffoquant au milieu d'une fumée âcre et d'un mazout noirâtre qui étouffent leurs dernières plaintes.

 

Hommage à nos 1 297 marins français tombés à Mers el-Kébir.

 

Vu sur Synthèse Nationale - 03 juillet 2026