
Des chercheurs étudient une curieuse plaque en argent mise au jour à Perm, en Russie. Les figures anthropomorphes qui y sont gravées intriguent et soulèvent des questions sur la fonction de cet artefact.
Une découverte pour le moins inhabituelle. Lors de fouilles menées à Perm, une ville russe située dans l'Oural, des archéologues ont mis au jour un ornement médiéval en argent sur lequel sont gravées deux figures anthropomorphes. Un objet historique qui daterait selon l'Institut d'archéologie de la seconde moitié du XIe siècle ou de la première moitié du XIIe siècle.
Cette plaque en argent mesure environ 3 cm de haut pour une largeur comprise entre 2,7 et 3 cm. Sa partie supérieure est arrondie et percée d'un petit trou près du sommet. Les deux silhouettes humaines qui y sont représentées sont debout, côte à côte, et semblent se tenir par le bras. Les chercheurs se sont ensuite penchés sur la fonction de cet artefact et ont étudié plusieurs scénarios possibles afin de percer son mystère.
Un artefact chargé de symboles
Selon les archéologues, des traces visibles au dos de l'artefact suggèrent qu'il était autrefois fixé à un vêtement, du cuir, du tissu ou un autre objet. Le petit trou présent en partie supérieure aurait également permis de le suspendre, de le coudre ou de le fixer. Les deux personnages représentés portent des vêtements amples décolletés en V. Leurs têtes, de taille inhabituelle et en forme d'amande, semblent s'affiner vers le haut.
Les chercheurs ont également identifié des traces d'esquisse préparatoire sous la gravure finale, laissant penser que le motif avait été conçu avant d'être gravé. Au cours de l'analyse, de faibles traces d'or ont été mises en évidence. Cela suggère que l'ornement était à l'origine partiellement doré, ce qui aurait donné aux figures anthropomorphes un aspect plus brillant lorsque l'objet était neuf.
Les experts estiment que cet objet aurait pu servir de pendentif, sa forme, les traces de fixation au dos et la perforation supérieure venant appuyer cette hypothèse. D'autres avancent qu'il aurait pu être cousu sur un linceul, c'est-à-dire un tissu dans lequel on enveloppe le corps d'un défunt avant son enterrement. Dans ce cas, il aurait pu s'agir d'un objet rituel, voire d'une plaque funéraire chargée d'une forte valeur symbolique.
Une découverte qui permet d'en apprendre davantage sur la culture de la région
Le site fortifié d'Anyushkar se trouve dans une région où les sources écrites sont rares. Les archéologues s'appuient donc surtout sur les objets retrouvés pour comprendre le passé. C'est pour cela que ces nouvelles fouilles sont particulièrement importantes. D'autant que cet artefact en argent regroupe plusieurs éléments typiques de l'archéologie médiévale tels que le symbolisme, l'artisanat du métal et les rites funéraires.
Pour les chercheurs, il ne s'agissait pas d'un simple bijou. Ils estiment que l'objet a pu être porté par une personne de son vivant, puis prendre un autre sens après sa mort, avant d'être utilisé dans un contexte rituel où l'image et la mémoire occupaient une place importante. De son côté, la représentation des deux silhouettes humaines reste ouverte à l'interprétation. Celles-ci pourraient représenter aussi bien la camaraderie, la parenté, des participants à un rituel, des ancêtres ou encore une scène protectrice.
Océane Letouzé, Journaliste web - 10 juin 2026 - GEO France
Les sources de cet article : Arkeonews - 09/06/2026