Résistance Identitaire Européenne

Histoire

Les origines inconnues de la Révolution bolchevique de 1917

Les communistes — et, avec eux, bon nombre de journaux — ont célébré la révolution russe de 1917. Des revues « bourgeoises » ont même consacré des numé­ros spéciaux à cet événement politique, le plus considérable de notre siècle.

On nous a longuement parlé, à la radio, des grandes figures du mouvement bolchevick, en particulier de Lénine et de Trotsky. Mais aucun de ces journalistes, aucun des ces historiens, aucun de ces speakers, imités d'ailleurs par leurs confrères dit anticommunistes, n'a soufflé mot de l'un des grands responsables de la révolution d'octobre, de celui dont le concours permit à Lénine et à Trotsky de vaincre les derniers obstacles qui se dressaient encore sur le chemin qui menait au Kremlin.

Cet homme mystérieux, sans lequel les chefs communistes; n'auraient peut-être pu triompher s'appelait Jacob Schiff.

 

L'ascension de Jacob Schiff.

Né à Francfort-sur-Main en 1847, Jacob-Heinrich Schiff était le principal dirigeant de la banque Kuhn, Loeb and C° de New York. Après de courtes études en Allemagne, il avait gagné l'Amérique en 1865 et s'était établi à New York où il travailla dans une banque. Après un séjour en Europe, autour de 1873, il était entre chez Kuhn, Loeb and C°, fondée par des coreligionnai­res, et en était devenu le « grand patron » quelques années plus tard.

Sous son impulsion, la banque prit un essor considérable : elle finança la reconstruction du chemin de fer de l'Union Pacific, créa la Bothern Security C° qui supprima la concurrence ruineuse entre les diverses compagnies de chemins de fer et renfloua les finances japonaises (1). Devenu l'un des magnats de la finance américaine, il dirigea de nombreuses affaires industrielles, toutes considérables (Central Trust C°, Western Union Telegraph C°, Wells Fargo Express C°, etc.) et présida même à plusieurs reprises la Chambre de Commerce de New York. Il fonda la chaire d'Economie sociale de Columbia, occupa celle de la section est-asiati­que du Musée d'histoire naturelle de New York et présida diverses œuvres philanthropiques.

Lorsque Jacob Schiff célébra son soixante-dixième anniversaire, «toutes les tendances de la Communauté juive aux U.S.A., lisons nous dans le « Jewish Communal Register of New York » (2), s'unirent pour lui témoigner leur reconnaissance ».

Il est vrai, précisait cette publication israélite américaine, que « M. Schiff a toujours usé de sa fortune et de son influence pour le plus grand intérêt de son peuple» et qu'« IL FINANÇA LES ADVERSAIRES DE LA RUSSIE AUTOCRATIQUE» (3).

 

Banquier des révolutionnaires.

En rendant ainsi hommage au banquier américain, quelques années avant sa disparition, il mourut en 1920, peu avant Lénine, cet organe officiel du judaïsme américain ne faisait que confirmer ce que la diplomatie américaine avait appris dès 1917 et qu'elle devait consigner dans un document du Dépar­tement d'Etat en 1931 : à savoir que Jacob Schiff et son corres­pondant en Europe, Warburg, avaient financé l'opération révolutionnaire qui permit aux bolchevicks de prendre le pouvoir en Russie.

A vrai dire, l'accord de Schiff avec les théoriciens de la Révo­lution marxiste remontait à de longues années. Dès 1880, on notait que nombre de révolutionnaires russes, revenus de l'étranger dans leur patrie pour se livrer à une propagande subversive, étaient soupçonnés de recevoir des subsides de Jacob Schiff.

La guerre russo-japonaise avait fourni à la banque Kuhn, Loeb and C°, l'occasion de combattre le Tsarisme abhorré (4) et de lui porter un coup dont il ne devait pas se relever. C'est elle qui avait négocié tous les emprunts japonais (5), non seulement aux Etats-Unis, mais sur les marchés allemands et surtout anglais. C'était évidemment son rôle de banque, mais là ne s'était pas borné son activité.

Les subsides accordés aux nihilistes par Jacob Schiff ne furent pas des générosités isolées. Le banquier entretint une véritable organisation terroriste chargée de « liquider » ministres, gouver­neurs, officiers de police, personnalités et de créer un climat insurrectionnel. Des bombes « made in U.S.A. » entraient en contrebande par la Finlande. Elles étaient utilisées non seulement contre les hauts fonctionnaires du Tzar, mais aussi contre les installations militaires, les fabriques d'armes et de munitions, les entrepôts, etc. Des grèves révolutionnaires fomentées par les émissaires de Schiff et financées par eux, se déchaînaient opportunément. Des soulèvements se produisaient dans les faubourgs ouvriers de Moscou et de Saint-Pétersbourg, gagnaient les autres quartiers et les principales villes. L'opinion publique accusait le Japon, principal bénéficiaire (du moment) : ces destructions para­lysaient, en effet, son ennemi. On évalua les dégâts causés à plus de quinze millions de roubles, soit 100 millions environ de nos francs actuels.

Le tableau de chasse de Jacob Schiff, établi au lendemain de la guerre russo-Japonaise par un journal de Saint-Pétersbourg, le Strand, comporte : 114 gouverneurs, hauts fonctionnaires et géné­raux, 286 chefs et officiers de police, 452 agents, 109 officiers et 750 soldats tués ou blessés, plus 7331 civils tués et 9661 civils blessés, 194 attentats à la bombe et 1 995 vol à main armée.

 

Une manœuvre de grande envergure.

Cet épouvantable massacre porta ses fruits : menacée de révo­lution intérieure, la Russie dut accepter la médiation du président Théodore Roosevelt. Elle envoya le comte Witte traiter à Portsmouth (U.S.A.) avec les plénipotentiaires japonais. Outre les représentants de l'ennemi officiel, le ministre russe reçut par deux fois, la visite de négociateurs inattendus.

Dans ses Mémoires (6), il précise que ces négociateurs étaient Jacob Schiff en personne, le Dr Strauss, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Italie, et M. Kraus, Grand Maître de l'Ordre des B'nai B'rith (7).

« Ces Messieurs, explique le comte Witte, se trouvaient être dans les meilleurs termes avec le président Roosevelt. »

Cela leur valut d'être reçus aussitôt, avec des égards parti­culiers. Exposant sans détours le but de leur visite, ils ne cachè­rent pas au représentant du Tsar que la cause des malheurs récents de la Russie était la situation inférieure faite à leurs coreligionnaires dans ce pays.

Le comte Witte, qui avait épousé une israélite, n'avait rien d'un antisémite. Il fit toutefois observer à Jacob Schiff et à ses collègues qu'ils exagéraient les malheurs des Juifs de Russie et que l'on ne pouvait leur donner tous les droits sans amener une réaction populaire qui leur serait plutôt nuisible.

« Cela provoqua de la part de Schiff, écrit le comte Witte, des répliques acerbes, que les raisonnements plus pondérés de Strauss atténuèrent. »

Une seconde entrevue n'eut guère plus de résultat. Il était donc désormais établi que même si la paix était signée avec le Japon, la guerre continuerait avec une autre puissance, au nom de laquelle Jacob Schiff et ses amis s'estimaient en droit de par­ler.

Dès lors, la banque Kuhn, Loeb and C° prépara, presque ouvertement, les événements à la faveur desquels se produirait, en Russie, l'avènement d'un régime révolutionnaire. Elle consacra des fonds importants à subventionner parmi les prisonniers de guerre russes internés au Japon, une propagande socialiste et antimili­tariste. Suivant une méthode qui a été reprise depuis par les Chi­nois, durant la guerre de Corée, des propagandistes parlant russe parcouraient les camps de prisonniers, distribuant des secours matériels, des vivres et du tabac en même temps que des bro­chures révolutionnaires pour les inciter à l'insurrection quand ils rentreraient dans leur pays. Le bon grain ainsi semé en 1905 devait lever douze ans plus tard,..

 

La cynique alliance.

Tout en subventionnant les révolutionnaires russes, Jacob Schiff poursuivait, sur un autre plan, la guerre qu'il avait décla­rée aux Romanoff.

Il déclencha, en 1911, une violente campagne contre le Prési­dent William H. Taft, successeur de Théodore Roosevelt, pour le contraindre à dénoncer les accords commerciaux existant entre les Etats-Unis et la Russie. Il prit prétexte d'une affaire de passe­ports pour faire voter aux deux Chambres du Congrès une résolution invitant l'hôte de la Maison Blanche à déchirer le traité de commerce. Le Président Taft s'était fait tirer l'oreille : il finit par s'incliner. Jacob Schiff devait se vanter publiquement de sa victoire dans une déclaration qu'il fit à la presse peu avant l'effondrement du régime impérial russe :

« Qui donc, sinon moi, a-t-il dit, a mis en mouvement l'agi­tation qui a contraint ensuite le président des Etats-Unis, comme vous devez bien le savoir vous-mêmes, à dénoncer notre traité avec la Russie ? » (8).

Cette rupture avec les Etats-Unis, même limitée au plan commercial, n'allait pas améliorer la situation économique de l'Empire. On se doute que les conséquences ne furent pas graves seulement pour les Romanoff.

Affaiblie par ces mesures économiques, la Russie ne se trou­vait pas en possession de tous ses moyens lorsque la guerre éclata en 1914. Le fameux « rouleau compresseur » dut stopper son avance assez loin de la capitale allemande.

L'action révolutionnaire démoralisait les combattants du front, excitait les mécontentements de l'arrière, aiguisait les haines et les rancœurs de la classe ouvrière.

Les premiers troubles graves, fomentés par des agents révolu­tionnaires envoyés par les amis de Jacob Schiff, se produisirent dans les faubourgs des villes russes ; la propagande révolution­naire obtint des résultats dans les dépôts bondés de réservistes. On sait que c'est un régiment de ces derniers qui provoqua, en s'insurgeant pour ne pas partir au front, la chute du régime impé­rial.

 

Schiff est satisfait.

Le 19 mars 1917, Jacob Schiff avait gagné la partie contre les Romanoff. Il pouvait envoyer à Milioukoff, ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire, le télégramme suivant :

« Permettez-moi, en qualité d'ennemi irréconciliable de l'auto­cratie tyrannique qui poursuivait sans pitié nos coreligionnaires, de féliciter par votre entremise le peuple russe de l'action qu'il vient d'accomplir, si brillamment, et de souhaiter plein succès à vos camarades du gouvernement et à vous-même» (9).

Ce premier succès parut nettement insuffisant à Jacob Schiff. Le gouvernement provisoire, composé principalement d'idéologues francs-maçons, était-il suffisamment docile aux consignes de la haute finance ? On le disait soucieux de conserver l'amitié anglaise et décidé à continuer la guerre contre l'Allemagne. C'était là un danger, car les contre-révolutionnaires pouvaient se ressaisir et réduire à néant les efforts des amis du banquier. Les millions de dollars que la banque Kuhn, Loeb and C° avaient dépensés dans l'opération risquaient d'avoir été gaspillés. Il importait de prendre d'urgence des mesures propres à parfaire un travail si bien commencé.

Puisque le gouvernement provisoire n'était pas un instrument absolument sûr, Jacob Schiff résolut de le briser et de lui substi­tuer des hommes et un gouvernement qui activeraient le travail révolutionnaire.

Ces hommes existaient : ils formaient l'extrême-gauche du parti révolutionnaire russe. Ils avaient participé aux réunions internationales de Zimmerwald et de Kienthal (10). Après la révolution de Mars 1917, un de leurs chefs, Lénine, était entré en Russie par le fameux « train plombé » allemand.

« En dépêchant Lénine en Russie, a dit Ludendorff dans ses Mémoires sur la guerre, notre gouvernement assumait une grande responsabilité ; du point de vue militaire, cette initiative fat justifiée : il fallait abattre la Russie. »

Lénine était porteur de quarante millions or fournis par Berlin pour lui permettre d'agiter les masses révolutionnaires et de contraindre le gouvernement provisoire à faire la paix. Le concours de Jacob Schiff rendait cette action décisive.

 

L'aide directe a Trotsky.

C'est ce que devait aller exposer à New York, aux dirigeants de la banque Kuhn, Loeb and C°, l'un des plus redoutables agi­tateurs révolutionnaires, Leiba Bronstein, dit Léon Trotsky.

Les premiers contacts de Trotsky avec le magnat de la Finance cosmopolite furent assez décevants. Le banquier jouait alors la carte démocratique en Russie. Il se savait près d'aboutir et n'était pas disposé à contrarier le jeu de ceux dont il se servait. Trotsky, introduit et recommandé par la direction du journal juif révolu­tionnaire Forward de New York, n'obtint que des paroles d'attente et des subsides relativement peu importants. Trotsky s'embarqua donc sans avoir reçu de promesse formelle.

A quelques mois de là, éclatait l'émeute du 4 juillet 1917 qui devait, selon les prévisions de Lénine et de Trotsky, renverser le gouvernement provisoire. Déconcertés par l'intervention d'un unique régiment rappelé du front, les insurgés se dispersèrent. Lénine s'enfuit et Trotsky fut arrêté.

Leur cause paraissait perdue. Mais les bolcheviks avaient fait la preuve de leur audace et le télégraphe allait leur apporter l'annonce du concours financier de Jacob Schiff, décidément résolu à pousser la révolution russe à l'extrême.

On ignore l'importance des fonds mis à la disposition des bolcheviks Lénine et Trotsky pour fomenter l'insurrection d'Octobre 1917 qui renversa Kerensky et établit le régime sovié­tique. Mais on sait comment ces fonds leur parvinrent. Le gou­vernement des Etats-Unis a publié sous le titre « Paper relating to the Foreign Relations of the United States — 1918 — Russie (in three volumes). United States, Governement Printing Office, Washington 1931 » les preuves de la collusion.

Les pièces principales de ce volumineux dossier ont été reproduites dans notre numéro spécial — si curieusement ignoré de la presse de droite et de gauche, parue en 1963 (11).

Ce document contient, notamment, le texte d'une dépêche adressée au bolchevik Raphaël Scholnickan, Haparanda, pour avertir le camarade Trotsky (qui venait d'être stupidement libéré sous caution) que la banque Warburg venait d'ouvrir un compte courant pour financer son entreprise.

Vous devinerez sans peine l'origine de ce compte lorsque vous saurez que les frères Warburg, qui dirigeaient à Hambourg la banque Max Warburg, étaient apparentés et associés à Jacob Schiff. Un des Warburg d'Amérique, Félix, était le gendre du ban­quier américain, tandis que l'autre, Paul, avait épousé la belle-sœur du potentat. La « construction du socialisme en Russie », pour parler comme l'Humanité, devenait une simple affaire de famille...

On sait la suite...

 

Un syndicaliste accuse.

La révolution triomphante établit le régime communiste qui dure encore et qui s'est maintenu, contre vents et marées, grâce à ces complicités financières internationales que Samuel Gompers, peu suspect d'antisémitisme puisque juif lui-même, dénonçait avec vigueur moins de cinq ans plus tard.

Après avoir stigmatisé l'attitude « cynique » des hommes d'Etat et des financiers, le fameux syndicaliste américain mettait direc­tement en cause un « groupe de banquiers germano anglo-américains qui aiment à s'intituler financiers internationaux pour mas­quer leur vraie fonction ». Et il précisait : « Le plus important banquier de ce groupe et parlant au nom de ce groupe, né en Allemagne comme il se trouve (12), a envoyé des ordres à mes amis et associés afin que tous travaillent en faveur de la recon­naissance des Soviets » (13).

Les communistes et, avec eux, les « historiens » qui ont empli les colonnes des journaux et les pages des revues pour retracer les fameuses journées d'octobre 1917, ont été bien ingrat de ne pas citer l'homme qui avait travaillé avec tant d’acharnement à l'écrasement de la vieille Russie et à son remplacement par l'inquiétante U.R.S.S.

Henry COSTON

Notes :

(1) Cf. « The Jewish Communal Register of New York 1917-1918 pages 1018-1019.

(2) Ibid.

(3) Ibid.

(4) « En 1904-1905, la firme Kuhn, Coch & Cie renfloua les finances
militaires japonaises, rendant ainsi possible la victoire nippone sur
les Russes. » (Ibid.)

(5) Les  Rothschild  apportèrent également  leur  aide   au  Japon  de
1905 à 1913 et y investirent des fonds {Jacques Bonzon : Les Emprunts russes et les Rothschild).

(6) Berlin 1932, tome I, pages 394-395.

(7) Société secrète israélite, qui compte plusieurs centaines de loge»
à travers le monde, en France notamment.

(8) New York Times, 5 juin 1916.

(9) New York Times, 10 avril 1917.

(10) Ces conférences avaient eu lieu respectivement en 1915 et 1916. Elles avaient réuni, en pleine guerre, des militants socialistes appar­tenant aux deux parties belligérantes.

(11) « La Haute Finance et les Révolutions » (à nos bureaux : 6 F plus port).

(12) Il désignait  ainsi  Warburg,  parent  et  associé de feu  Jacob
Schiff à la banque Kuhn, Loeb and C°.

(13) New York Times, 7 mais 1922

 

Sources : Lectures Françaises-Octobre 1967

 

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