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Dans le silence désormais habituel des médias occidentaux, Washington a bombardé la Syrie et l'Irak. En représailles à l'attaque d'une base américaine en Irak par un groupe chiite, attaque qui a fait quelques morts.

Des représailles... près de quatre-vingt-dix raids aériens, menés avec des bombardiers à long rayon d'action en provenance des États-Unis, peut-on appeler cela ainsi?

Car la disproportion entre la provocation d'un groupuscule et la réaction de la grande puissance est immédiatement visible. Du moins pour quiconque n'a pas les yeux aveuglés par les hamburgers de chez McDonald's.

Ce qui se passe entre la Syrie et l'Irak est plutôt une véritable offensive. Menée par voie aérienne, elle exploite l'hégémonie que procurent l'aviation et le contrôle du ciel. Bases aériennes, bases militaires, cibles stratégiques, infrastructures... mais aussi cibles civiles sont touchées. Sans se soucier des « dommages collatéraux ».

Il s'agit en fait d'une réédition de la stratégie « Shock and Howe, Strike & Terrorise ». Expérimentée en son temps contre la Serbie, puis massivement appliquée lors de la phase initiale de la première guerre du Golfe.

A ce stade, il serait légitime de se demander si celle en cours dans la région syro-irakienne, véritable cœur du Moyen-Orient, se limitera (euphémisme) à une destruction massive de cibles, ou si, au contraire, elle doit être comprise comme un prélude à une attaque terrestre plus conventionnelle.

Auquel cas, tout, vraiment tout, changerait dans l'équilibre mondial déjà périlleux.

En effet, une intervention terrestre des Etats-Unis et de leurs alliés obligerait Téhéran à se rendre sur le terrain. Car il est clair que cette offensive en Syrie et en Irak, ainsi que celle menée parallèlement au Yémen, n'a pas grand-chose à voir avec la question de Gaza. La véritable cible stratégique est l'Iran et son réseau d'alliances.

Malgré l'embargo sévère (ou peut-être à cause de lui), Téhéran a réussi à tisser un réseau complexe d'alliances au fil des ans. Exploitant surtout l'identité particulière de l'islam chiite, dont il a pris la tête. Dont il a assumé le leadership.

Les chiites sont minoritaires dans l'ensemble du monde islamique. Ils sont cependant concentrés au Moyen-Orient, où ils disposent d'une force considérable. Et ils sont, à l'heure actuelle, très bien organisés militairement.

 

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Le Hezbollah, au Liban, est une véritable épine dans le pied d'Israël. Les analystes du Mossad le considèrent comme la meilleure force armée de tout le monde arabe.

En Irak, la majorité est chiite. C'est d'ailleurs sur le territoire irakien que se trouvent les principaux lieux saints du chiisme.

Après avoir éliminé Saddam, qui était sunnite et nationaliste, les chiites pro-iraniens détiennent de facto le pouvoir dans la région. Et lorsque Isis a tenté de prendre le pouvoir dans le pays, ce sont eux qui ont vaincu les milices du califat. Encadrées et organisées par les Qods, les forces spéciales iraniennes.

Et c'est le général Qasem Soleymani, commandant du Qods, qui a été l'architecte de ce réseau de forces chiites. C'est aussi à lui que l'on doit la réorganisation des troupes fidèles à Assad, un alawite, dont les références religieuses procèdent d'une déclinaison du chiisme- troupes qui ont renversé le cours de la guerre en Syrie.

Soleymani a également structuré les Houthis yéménites - de confession zaïdite, une autre branche du chiisme - leur permettant de résister à sept années de guerre contre la coalition du Golfe dirigée par l'Arabie saoudite. Et, aujourd'hui, d'affronter même les forces de l'OTAN, minant la route commerciale de Suez.

C'est pourquoi, le 3 janvier 2020, le stratège iranien a été assassiné par un drone américain à l'aéroport de Bagdad. Une élimination qui rappellerait celle de l'amiral Yamamoto dans le conflit américano-japonais, si ce n'est que, cette fois, l'état de guerre n'avait pas été déclaré.

Et le même sort a été réservé au général Raza Moussavi en décembre dernier en Syrie. Ce dernier avait été l'un des plus proches collaborateurs de Soleymani.

À Washington, l'Iran est considéré comme la principale menace pour le contrôle du Moyen-Orient. Une vision qui n'est pas l'apanage de Biden, puisque l'assassinat de Soleymani a eu lieu sous la présidence Trump.

Cependant, The Donald avait toujours évité une confrontation directe avec Téhéran. Et c'est pourquoi il considérait l'attaque contre les Houthis yéménites comme une folie.

En outre, il avait beaucoup œuvré pour une bonne entente avec Moscou. Toujours dans le but d'isoler Téhéran.

Aujourd'hui, cependant, la scène a radicalement changé. La Russie apparaît comme le principal allié de l'Iran. Les risques de la politique de Biden, qui consiste à attaquer frontalement le monde chiite, sont évidents. Et très élevés.

Au Pentagone, on en est parfaitement conscient. Et ils essaient d'y mettre un frein. Il faudra cependant voir si la prudence des militaires l'emportera ou le bellicisme hâtif des « faucons ». Ces conseillers qui, depuis West Wongh et surtout Wall Street, tirent les ficelles de Joe Biden.

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/la-questione-sciita/

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