Résistance Identitaire Européenne

Economie

Bruno Bonnell (LREM) : « Le localisme, c’est la version terroir du populisme. Il porte les germes de l’exclusion»

Télétravail, robotique et… fraternité ! Le député de Lyon Bruno Bonnell (LREM) nous livre sa vision du « monde d’après », une vision qui tranche pour le moins avec tout ce que l’on a pu entendre jusqu’à maintenant. Pour le parlementaire confiné, les désirs de démondialisation, de localisme et de dirigisme économique portent en eux que les germes du repli…

Chez Bruno Bonnell, point de salut sans révolution technologique, c’est en libéral assumé que l’ancien entrepreneur défend un progrès commun basé sur le progrès technique et un capitalisme apaisé. Dette, solidarité, technologie, écologie, jacobinisme, localisme… nous passons en revue tout ce qu’il faut pour faire ce « nouveau monde » selon Bonnell. Entretien.

Tout le monde parle du « monde d’après », mais personne ne semble d’accord sur la forme… Il ressemble à quoi votre « monde d’après » idéal ? 

On présente ce « monde d’après » comme un paradis qui aiderait à supporter un confinement-purgatoire, un paradis perdu pour des idéalistes verts, un techno-paradis pour les aficionados du numérique. On s’imagine que le Covid-19 serait le châtiment d’une nature en colère contre l’humanité qui ne la respecte pas… Bref, soyons sérieux. De très nombreux indices montrent que cet « après » se met déjà en place : dans le chaos, le secteur des services, l’éducation et le commerce se sont réinventés, avec une efficacité qui progresse chaque jour. On a aussi constaté des limites : dans les activités agricoles, industrielles ou la construction, surtout par manque d’automatisation. […]

Donc, pour vous, pas de monde d’après sans une dose supplémentaire de technologies…

Oui, car la transformation de la société passe toujours par les innovations technologiques ! L’outil a amélioré la dextérité des premiers hommes, la machine a amplifié leur force et les robots développent leur intelligence collective. La question du monde d’après consiste à savoir ce que nous allons faire de tous ces progrès. […]

Peut-on imaginer un « capitalisme tempéré » devenu raisonnable et allergique à la mondialisation ? 

Je crois que la mondialisation est inarrêtable. On ne peut pas la réduire à une pathologie économique, la mondialisation fait partie de l’humanité qui cherche à parcourir le monde depuis ses origines. Reconnaissons toutefois qu’elle s’est égarée. Les échanges sont nécessaires à monde de paix et doivent être constamment encouragés. […]

Le localisme, c’est la version terroir du populisme. Il porte les germes de l’exclusion. Le « c’est mieux si ça vient de près de chez nous » risque de se réduire à « c’est mieux chez nous ». Je ne souhaite pas une France de poissons rouges tournant en rond dans un local. En revanche, il est essentiel de redonner du pouvoir aux territoires. […]

Les secteurs stratégiques sont les lignes Maginot d’un monde en perpétuelle innovation. Longtemps, le moteur diesel et la machine-outil en ont fait partie pour ensuite être voués aux gémonies. Aujourd’hui, la fabrication des médicaments, demain, celle de l’hydrogène… les secteurs stratégiques ont des contours flous. Il faut aux entreprises le choix de leurs investissements. D’ailleurs, mieux vaut que ce soient elles qui se trompent que l’État. Ce n’est pas la relocalisation qui doit être repensée, mais la diversification des sources pour garantir l’approvisionnement. […]

Le Point via FDesouche

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