Marie des Bois, la dernière sorcière du Bourbonnais s'en est allée

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marie des bois livre

 

C’est avec émotion que nous avons appris la nouvelle. Marie des Bois, la dernière sorcière du Bourbonnais, nous a quittés le jour même de son anniversaire alors que son astre, la lune, était à son apogée. La voilà en route pour les terres de l’éternelle jeunesse et aussi revêche que puisse être le cocher qui mène la barque à destination, il y a fort à parier qu’elle lui a déjà arraché un sourire par l’une des facéties dont elle avait le secret.

Femme singulière, elle rendait un culte à la pluie, au froid, aux sapins et en tirait une joie de vivre inextinguible. Feu follet incarné, c’est ainsi que nous nous souvenons d’elle. Loquace aussi et ce monde désenchanté, hanté par nos si ternes « semblables », faisait souvent les frais de son ironie mordante. C’est que rien n’échappait à ses yeux verts où brulait intacte la flamme de la plus longue mémoire.

Glaneuse, jardinière, amoureuse de la chasse et de la nature, il n’y avait pire insulte pour elle qu’écolo… ah les faquins, les tristes, les peine-à-jouir ! Elle qui n’aimait rien tant que l’humus, l’onde fraîche, les sous-bois, le vent, elle ne pouvait souffrir ces hommes soja asexués. S’ils étaient restés à leur place encore, chétifs et prostrés derrière leur écran, mais voilà qu’ils avaient en tête de prendre le pouvoir et de lui apprendre à elle ce qu’était le sauvage, de lui interdire les feux de cheminée ou la viande au nom de je ne sais quelle faribole pseudo-scientiste dont sont friands les maîtres de ce monde pour mieux nous cornaquer vers leur enfer aseptisé…

De pleine terre, son œuvre témoigne de sa différence et de sa vision irréconciliable avec ces imposteurs. Elle a rêvé, expérimenté et vécu chacun de ses mots. Il en reste une dizaine d’ouvrages illustrés par son compagnon de toujours Joël Bernabel et traitant de ses thèmes de prédilection tels que la Forêt, Noël, les Gaulois, les Runes et bien sûr… les Sorcières !

Tu nous manqueras Marie, mais nous savons que tu reviendras nous voir à la Samain prochaine. Nous rirons encore une fois avec toi sous la lumière de Séléné au son de la guitare et de la cornemuse, vouant aux gémonies les modernes Savonarole… les curés polonais… les lampadaires… et trinquant aux Dieux… et à la grande Déesse !


Bernard Lenfant



marie des bois  

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