Intervention de Pierre Vial

Publié le . Publié dans 2005 - Xeme Table Ronde de Terre et Peuple

Mesdames, Messieurs,

Chers camarades et Amis,

Je n’avais pas prévu de commencer ainsi mon exposé mais, compte tenu de l’actualité, je veux avant toutes choses rendre hommage au général Poncet, à ses officiers, sous-officiers et soldats de l’opération Licorne. Il leur est reproché d’avoir mis hors d’état de nuire un Ivoirien, cinq fois assassin et cinq fois violeur. Dans un Etat normalement constitué cela mérite une décoration. Mais comme nous ne sommes pas dans un Etat normalement constitué, ces combattants français ont été désavoués et mis en accusation par des politiciens, Madame la ministre en tête, tranquillement installés dans leurs bureaux parisiens et leurs voitures à cocarde. Quant à moi je ne veux retenir qu’une chose : c’est que sans le général Poncet et ses hommes un grand nombre d’Européens auraient été égorgés par les démocrates ivoiriens lors des émeutes de novembre 2004, à l’époque où madame la ministre Alliot-Marie reconnaissait qu’il s’agissait bien d’une « chasse aux Blancs » - c’est l’expression qu’elle a dû, à l’époque, se résoudre à employer – tout comme Chirac, d’ailleurs. Madame la ministre a commis une vilenie en poignardant dans le dos certains des meilleurs combattants de notre armée. Il faudra nous en souvenir.

Cette mise au point étant faite, venons-en à ce que j’avais prévu de vous dire.

Dans un entretien publié il y a dix jours par le journal Le Monde, ce bon apôtre qu’est Recep Tayyit Erdogan, le premier ministre turc, assure, la main sur le cœur, que la « raison la plus importante » de la demande turque d’intégrer l’Union Européenne est que "le monde ne doit pas courir vers un choc de civilisations". Il ajoute : "Le monde doit réussir une alliance de civilisations et la réponse la plus forte à ce défi est l’Union Européenne" (Le Monde, 13 octobre 2005).

Voilà des déclarations particulièrement intéressantes et importantes. Car elles constituent un triple aveu :

Premier aveu : il y a bel et bien un choc des civilisations à travers le monde car sinon il n’y aurait pas nécessité d’ « alliances », pour reprendre le terme d’Erdogan et ce choc des civilisations qu’il présente comme un risque est bel et bien une réalité – et il le sait parfaitement puisqu’il intègre cet élément dans son argumentation.

Deuxième aveu : la civilisation turco-musulmane et la civilisation européenne sont deux choses bien différentes car sinon il n’y aurait pas nécessité de les « allier ».

Troisième aveu : cette différence culturelle – en fait, ethnoculturelle – doit être surmontée grâce à l’intégration de la Turquie dans une Europe multiculturelle, c’est à dire multiethnique – ce qu’Erdogan appelle « une alliance des civilisations ». Alliance, bien sûr, au sens où l’on entend ce mot en Turquie, c’est à dire « Donne-moi ta montre et, moi, je te donnerai l’heure »… Sinon, gare, dit Erdogan. Danger. C’est ce qu’on appelle un chantage et un ultimatum.

Quelques lignes plus loin, en effet, un autre aveu de taille de la part du premier ministre turc : "Lorsque la Turquie, qui forme un pont vers 1,5 milliard de musulmans dans le monde, sera membre de l’Union Européenne, l’Europe bénéficiera aussi du cœur, des aspirations et du soutien de ces gens-là". Traduction en clair de cette émouvante promesse : la Turquie a vocation à être la tête de pont en direction de l’Europe d’un milliard et demi de musulmans et l’Europe, si elle veut éviter de gros soucis, a tout intérêt à accepter ce marché.

Ce qu’il y a de bien avec les Turcs c’est qu’ils sont tellement sûrs de la faiblesse, de la lâcheté de l’Europe qu’ils ne prennent même pas la peine de dissimuler leur objectif, c’est à dire l’invasion et l’islamisation de l’Europe. Erdogan rappelle d’ailleurs tranquillement que l’opération est bien enclenchée puisque d’ores et déjà, dit-il, "cinq millions de citoyens de Turquie vivent dans les pays de l’Union Européenne depuis les années 1960". Traduction du message : si vous ne voulez pas de l’entrée de la Turquie en Europe, vous allez avoir du souci avec tous ces Turcs déjà implantés chez vous… C’est une façon de rappeler que le choc des civilisations n’est pas à nos portes, il est dans nos murs, à chaque coin de rue.

Je voudrais m’arrêter un instant sur l’expression « choc des civilisations ». Elle a été largement popularisée  par le livre de Samuel P. Huntington, qui porte ce titre et qui a été publié il y a dix ans aux Etats-Unis avant de devenir très vite un best seller mondial. Huntington, professeur à Harvard, y développe une analyse des situations conflictuelles à travers le monde, d’où il ressort que les antagonismes fondamentaux reposent sur des oppositions et même des conflagrations entre des pôles de civilisations différentes (il décompte huit types de civilisations : occidentale, islamique, hindoue, slave-orthodoxe, japonaise, africaine, latino-américaine et confucéenne – c’est à dire chinoise). Huntington estime que le choc le plus fort se situe entre civilisation occidentale et civilisation islamique – encore que dans un livre plus récent, Who are we ? (« Qui sommes-nous ? » sous-titré dans l'édition française « Identité nationale et choc des cultures ») il mette l’accent sur l’immigration latino-américaine aux Etats-Unis comme facteur de décomposition de ce pays.

Huntington a été beaucoup critiqué un peu partout et en particulier en France, où il a subi des attaques multiformes venant aussi bien du Nouvel Observateur que de la Nouvelle Droite (dans sa mouture actuelle). Certaines de ces critiques sont fondées, par exemple celle qui lui reproche de vouloir fournir une justification intellectuelle, de type très manichéen, à la politique d’hégémonie mondiale de Washington. Quant à nous, nous récusons évidemment l’amalgame entre civilisation occidentale et civilisation européenne. Mais de là à se débarrasser des théories d’Huntington en les déclarant « fausses et malfaisantes », comme le fait la revue Eléments (juin 2002) il y a un pas que nous ne franchirons pas car ce serait tomber, précisément, dans le simplisme, le manichéisme et le réductionnisme que ses critiques reprochent à Huntington. Ses thèses méritent mieux, et en tout cas un examen objectif.

En fait, il est surtout reproché à Huntington d’affirmer deux choses :

1) La force définit la puissance (la force étant d’ordre militaire, économique, religieux ou plus globalement ethnoculturelle). Cette affirmation ne nous paraît en rien scandaleuse car elle repose sur un simple constat, qu’ont fait bien des hommes d’Etat, et parmi les plus grands, au fil des siècles, et c’est faire preuve d’un étrange irénisme que de nier une évidence, à savoir que toute l’histoire de l’espèce humaine et des sociétés qu’elle a créées est faite de rapports de forces, se traduisant par des conflits et sanctionnés par la victoire des uns, la défaite des autres. C’est la loi de la vie, c’est à dire du combat. On peut toujours prétendre le contraire, mais on est alors dans le rêve, la théorie, l’intellectualisme, non dans la réalité. On peut dire aussi que c’est immoral. Mais on se positionne alors en prédicateur, non en historien. Car l’historien  qui fait son métier – ce qui n’est plus très fréquent de nos jours - n’est pas fait pour donner des leçons de morale mais pour essayer de comprendre et de faire comprendre la signification, la raison d’être des événements. Notons que les chinois, qui sont des gens sérieux – on s’en apercevra dans les années qui viennent – intègrent aujourd’hui sans difficulté, hésitation ou complexe la notion de force comme matrice de puissance, la puissance étant elle-même facteur d’évolution historique.

2) Seconde affirmation reprochée à Huntington, encore plus politiquement incorrecte  que la première : l’immigration provoque un choc de civilisations non plus à l’extérieur mais à l’intérieur des pays. Huntington écrit ainsi, dans Le choc des civilisations (page 190) : « Si les Etats-Unis continuent leur politique d’immigration actuelle, multiculturelle et multiraciale, un choc des civilisations éclatera à l’intérieur du pays, les Etats-Unis, tels que nous les connaissons, disparaîtront, et ils suivront l’Union soviétique dans la poubelle de l’histoire ». C’est là encore un constat de bon sens et nous ajouterons simplement que ce qu’Huntington, il y a dix ans, mettait au futur et au conditionnel pour les Etats-Unis est bel et bien à mettre au présent pour les pays d’Europe, dont l’identité et tout bonnement l’existence est menacée de mort par l’invasion multiethnique.

Nous touchons là l’essentiel : parler de choc des civilisations c’est parler, en fait, de la guerre ethnique. Une guerre ethnique qui sévit en bien des endroits de la planète et qui nous est faite, à nous Européens, de façon systématique, organisée, déterminée alors que les gouvernements européens, les medias européens, les soi-disant « élites » européennes se voilent la face ou se font même, en bien des cas, les complices actifs des envahisseurs, par conviction idéologique ou tout simplement par lâcheté.

Ceux qui se scandalisent qu’on puisse dresser ce constat feraient bien de descendre de leur tour d’ivoire et d’aller faire un tour dans le quartier qu’ils habitent, que ce soit dans les zones qualifiées pudiquement de difficiles ou au cœur des villes dont aucune désormais n’est épargnée, ce qui explique entre parenthèses en grande partie cette migration des Européens citadins vers des périphéries semi-rurales ou rurales réputées plus normales mais qui sont à leur tour contaminées. Et nous ne sommes qu’au début du phénomène. Vivre dans les livres ou devant son ordinateur c’est bien, mais circuler dans les rues est infiniment plus instructif si on veut comprendre dans quel monde on vit. A condition bien sûr d’accepter d’ouvrir les yeux.

Quand Jean Raspail publia son livre, Le camp des saints, en 1973 – eh oui, trente ans déjà – nombre de bonnes âmes se récrièrent. Ce Raspail avait trop d’imagination, disons même de fantasmes. Il exagérait, en décrivant une invasion de l’Europe par des populations venues du sud. D’autant que la 4e de couverture du livre annonçait clairement le sujet. On y pouvait lire en effet : "Il s’agit de rien moins que la fin du monde blanc". Une fin dont seraient responsables, tout autant que les envahisseurs, "tous ceux qui dans sociétés, publiquement ou en secret, consciemment ou inconsciemment, travaillent à la décomposition, au désarmement moral et spirituel de (notre) civilisation". Aujourd’hui, le camp des saints n’est plus un roman. C’est la réalité quotidienne à laquelle nous sommes confrontés.

Dans les bureaux de Washington, où siègent il est vrai des gens qui, pour la plupart, n’ont jamais appris un peu d’histoire et de géographie, on découvre – ou on feint de découvrir – que l’islamisme et le jihad qui en est inséparable est un problème, un gros problème. Mais, comme Gilles Galliez nous l’a montré, les Etats-Unis, qui jouent bien souvent les apprentis-sorciers, ont tout fait pour faciliter l’implantation au cœur de l’Europe, dans les Balkans, de bases de terroristes islamistes baptisés « patriotes albanais » par la presse occidentale. Par ailleurs les Yankees jouent un jeu pervers en essayant, pour encercler et cerner la Russie, d’instrumentaliser, outre des pays européens comme l’Ukraine, la ceinture des régions qui, de la Tchétchénie à l’Asie centrale, abritent des populations musulmanes sensibles à l’appel du jihad.

Le choc des civilisations entre l’islam et l’Europe n’est pas nouveau. Il a commencé il y a mille trois cents ans. Il est lié au fait qu’il y a, face à face, deux visions du monde incompatibles, inconciliables. L’un des aspects les plus spectaculaires de cette incompatibilité est la place, le rôle, le traitement réservés à la femme chez les Européens et chez les musulmans. Car l’islam, vous le savez bien, prétend réglementer tous les aspects de la vie, que ce soit à l’échelle individuelle la plus intime ou à l’échelle collective, sociale. Par ailleurs – et là nous sommes au cœur du choc des civilisations – la volonté conquérante est intrinsèquement liée à l’islam puisque pour tout musulman il est évidemment nécessaire de faire régner la Loi d’Allah sur l’ensemble du monde. D’où cette expansion commencée dès les années qui ont suivi la mort de Mahomet et qui a eu un aspect spectaculaire puisque, en moins d’un siècle, l’islam régnait de l’Asie centrale au Maroc. Après l’Asie et l’Afrique, l’Europe était la cible logique. Si, au sud-est de l’Europe, l’empire byzantin de Constantinople résiste pendant près de mille ans, au sud-ouest de l’Europe l’invasion musulmane se produit, en Espagne, dès 711. Très vite, les musulmans veulent aller plus loin, envahir au nord le royaume des Francs et s’enfoncer ainsi au cœur de l’Europe.

Comme je l’ai rappelé dans le dernier numéro de la revue Terre et Peuple, la résistance européenne s’est mise en place dès le VIIIe siècle dans le nord de l’Espagne puis chez les Francs conduits par leur chef de guerre Charles, qui sera surnommé plus tard Martel – peut-être bien, à mon sens, parce que le dieu de la guerre germanique Thor aime utiliser comme arme le marteau. Or les Francs, ces Germains fraîchement christianisé et peu portés sur la non-violence, aiment les symboles guerriers, au point d’avoir adopté comme saint patron de leur peuple ce Martin dont le nom, qui fait référence à Mars, dieu romain de la guerre, rappelle qu’il fut officier romain avant de se tourner vers l’Eglise. C’est en tout cas en voulant barrer la route de Saint Martin de Tours à l’armée d’invasion musulmane conduite par Abd-er-Rahman que Charles Martel se pose en défenseur de l’Europe. Car c’est bien ainsi qu’a été comprise sa victoire, près de Poitiers, le 25 octobre 732. Un chroniqueur anonyme mais dont on sait que c’était un chrétien vivant à Cordoue – donc sous le joug musulman – a décrit cette bataille de Poitiers comme la victoire sur les Sarrasins de ceux qu’il appelle Europenses, « les Européens ». Ce qui signifie, comme le note l’historien Pierre Riché, que cet homme « a pris conscience de l’opposition qui existe entre deux mondes et deux civilisations, d’un côté les Arabes musulmans, de l’autre ceux qu’il appelle, dans un autre passage, les Francs, les gens du Nord, les Austrasiens qui représentent les peuples européens ».

Cet antagonisme, ce choc des civilisations est, comme le montre Philippe Conrad dans son livre sur la Reconquista, une donnée permanente et centrale de l’Espagne du Moyen Age. Car il a fallu 781 ans de lutte aux Espagnols, aidés parfois d’autres Européens et de Santiago-saint Jacques Matamoros, « le tueur de Maures » , pour se libérer de l’occupation musulmane. Convaincante illustration du fait que le choc des civilisations est une donnée permanente de l’Histoire. D’autant que les envahisseurs, après la chute de Constantinople en 1453, ont continué à vouloir conquérir l’Europe, comme l’ont montré les sièges de Vienne de 1529 et de 1683.

Si bien qu’au-delà de la Reconquista espagnole c’est l’ensemble de la résistance européenne qu’il faut prendre en compte lorsqu’on essaye de comprendre ce qu’a été le choc des civilisations au fil de l’Histoire. Ainsi les croisades sont-elles une illustration particulièrement révélatrice de ce choc. En partant à la reconquête de la Terre Sainte, les croisés répondent aux menaces, humiliations, dévastations, tueries, pillages, viols que les musulmans ont fait subir aux Européens pendant plusieurs siècles. Avec des épisodes hautement symboliques : en s’attaquant en 846 à Rome, où ils pillent Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs, les Sarrasins humilient non seulement la tête de l’Europe chrétienne mais aussi la ville impériale grandie à l’ombre des aigles des légions romaines. La Rome des papes n’est jamais que l’héritière de la Rome des Césars. Et, si l’on y réfléchit bien, contre la Rome éternelle les assauts des Sarrasins ne font que continuer ceux des Carthaginois. C’est le choc, plurimillénaire, de l’Afrique contre l’Europe, des convoitises de l’Afrique à l’égard de l’Europe, regardée comme une proie si tentante. Ce qui se déroule sous nos yeux n’en est que la continuation. Simplement, aujourd’hui, l’utilisation de la force armée a cédé le pas – apparemment et provisoirement – à une arme plus subtile qui est l’exploitation de la faiblesse psychologique des Européens, incapables de résister au chantage aux bons sentiments, au devoir humanitaire, à la nécessite de faire pénitence pour les péchés commis – bref, à tout le prêchi-prêcha mis en œuvre par ceux qui, pour diverses raisons, portent en eux la haine d’une Europe européenne.

Cette haine s’exprime depuis quelque temps par le biais d’une campagne destinée à culpabiliser les Français de racines européennes afin de faire tomber encore un peu plus leurs défenses immunitaires par rapport au sida social qu’est l’invasion allogène. Il faut amener l’opinion française à l’autoflagellation, à accepter toujours plus l’inacceptable. Pétitions, manifestations, campagnes de presse sont organisées pour orchestrer une opération basée sur ce qu’on appelle l’idéologie victimaire. Cette idéologie repose sur un postulat : les Africains sont, par définition, des victimes. Victimes d’une France tyrannique, mise en accusation pour avoir transformé les Africains qu’elle a pris en charge, aux XIXe et XXe siècles, dans le cadre de la colonisation, en autant de malheureux exploités, proches de l’esclavage. Remarquons au passage que les gens d’origine africaine qui mettent aujourd’hui en accusation la France colonialiste, en lui reprochant mille turpitudes, ne seraient pas là pour le faire si les méchants médecins blancs colonialistes n’avaient pas sauvé la vie de leurs aïeux en les soignant. Rappelons à ce sujet ce que disait Léon Blum – oui, Léon Blum – en 1925 : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès ». Mais on est là dans le domaine de la logique, et ce n’est pas la spécialité des Africains.

Restons en Afrique. Le sinistre Bouteflika, qui a exonéré par son référendum l’armée algérienne de toute responsabilité dans les 200 000 morts qu’ont provoqués à ce jour les luttes intestines entre Algériens, exige que la France fasse repentance pour le génocide – oui, vous avez bien entendu, génocide – qu’elle a commis au temps où l’Algérie était française. Sinon, il ne signera pas le traité d’amitié franco-algérien dont Chirac veut faire un des fleurons de son règne présidentiel. Les autorités françaises se sont empressées de se prosterner devant cette exigence ubuesque.

Mais ce n’est qu’un des éléments d’une orchestration plus vaste. En effet une vaste campagne médiatique s’est déclenchée contre une loi votée par le Parlement français en février 2005 au sujet des programmes scolaires et dont l’article 4 stipule : "Les programmes scolaires reconnaissent (…) le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit".

C’est ce que l’éditorialiste de Libération, Gérard Dupuy, appelle « une loi scélérate » reprenant ainsi, comme par hasard, l’expression utilisée par un certain Claude Liauzu, présenté comme « historien et ancien militant anticolonialiste » dans un numéro spécial de la revue L’Histoire intitulé « La colonisation en procès ». La revue L’Histoire est orientée très à gauche et le sieur Liauzu fait partie de ceux qu’on appelait, au moment de la guerre d’Algérien, les porteurs de valises du FLN. Il continue bien sûr dans le même registre, en organisant un tam-tam médiatique avec la collaboration d’organisations aussi vertueuses que bien connues de nos services et qui s’appellent la Ligue des droits de l’homme, la Ligue de l’enseignement, le MRAP, le SNES, la FSU, Sud Education et  - je l’ai gardé pour la bonne bouche – un bidule monté tout exprès qui s’appelle – cela ne s’invente pas – « Les historiens contre la loi ». Toutes ces grandes consciences sont scandalisées par la loi de février 2005 et dénoncent l’ingérence des députés dans les programmes scolaires mais n’avaient pas pipé mot lorsqu’une député socialiste de Guyane, Christiane Taubira, qui revendique sa négritude, avait fait voter en mai 2001 une loi dénonçant la traite des esclaves en tant que crime contre l’humanité – en oubliant simplement de rappeler qu’aux XVIIIe et XIXe siècles  les Noirs d’Afrique étaient vendus par leurs chefs de tribu à des marchands arabes qui les acheminaient ensuite vers les côtes pour les négocier avec des trafiquants appartenant souvent à une communauté se considérant comme le Peuple Elu.

On notera au passage le ton haineux du journaliste de Libération qui dénonce la loi votée en février 2005 par la majorité UMP comme étant le fruit – je cite – de « la frustration et l’aigreur d’une poignée de parlementaires, petits Blancs revanchards jamais remis de leurs défaites au Vietnam ou en Afrique ». Ce minable confond guerre du Vietnam et guerre d’Indochine mais on ne peut tout de même pas demander à un journaliste de Libération de connaître un peu d’histoire, même contemporaine.

De toutes façons, toujours aussi courageux, le ministre Gilles de Robien, soucieux de ne déplaire en rien aux lobbies gauchistes qui contrôlent son ministère, s’est dépêché d’assurer que la loi ne changerait en rien les programmes scolaires. Autrement dit, messieurs les députés, messieurs les représentants du peuple, vous pouvez bien voter tout ce que vous voudrez, cela n’empêchera pas les dinosaures de l’anticolonialisme de continuer à faire la loi dans les écoles françaises, en déversant dans les oreilles des malheureux gamins qui leur sont soumis le catéchisme de haine antifrançaise qui leur sert de répertoire.

De la même façon, des campagnes médiatiques se développent pour exiger la présence d’un nombre toujours plus important d’Africains de diverses couleurs de peau dans les radios et les télévisions et il suffit d’écouter et de regarder pour constater que ces campagnes portent leurs fruits. L’africanisation de la société française est ainsi un exemple spectaculaire de choc des civilisations.
Un choc de civilisations où la religion musulmane sert de couverture à ce qui est en fait une invasion raciale permettant aux Africains de prendre leur revanche sur ces Blancs qu’ils envient, qu’ils jalousent et qu’ils haïssent. Le facteur racial est omniprésent, qu’il soit avoué ou non, et il faut être très lucide à cet égard : un Africain, qu’il soit musulman ou non, reste d’abord un Africain. Simplement, la religion musulmane apporte une justification commode, une légitimité soi-disant spirituelle à ce qui est tout bonnement volonté de conquête d’un territoire et de domination d’une population.

L’hebdomadaire Le Point publie à cet égard, cette semaine, un dossier intitulé « Les islamistes et nous » et dont le sous-titre est « Pourquoi ils nous haïssent ». Ce n’est pas Terre et Peuple qui l’écrit, c’est Le Point, qui se lâche jusqu’à utiliser l’expression « les fous d’Allah » pour désigner les islamistes…

Ces fous d’Allah développent méthodiquement leurs bases en France. C’est ce que révèle un rapport récent des Renseignements Généraux, qui devait rester confidentiel, car il dérange, mais qui a été révélé par Paris-Match, qui le présente ainsi : « Le repli communautaire dans les quartiers sensibles : un titre politiquement correct pour un rapport confidentiel de la direction centrale des Renseignements Généraux politiquement explosif ». Le rapport constate que 326 quartiers, dans les villes de France, sont concernés par ce qui est appelé pudiquement « repli communautaire ». Ces quartiers, expliquent les RG, "confrontés au recul de la mixité sociale, rassemblent des populations de même origine dont l’intégration semble compromise". Je rappelle au passage que l’expression « mixité sociale » est la formule hypocrite utilisée par les autorités en France pour désigner la cohabitation raciale et donc le mélange voulu par les gens qui sont au pouvoir et qui prétendent qu’il y aurait là la panacée pour éviter tout choc de civilisations. On nage en pleine utopie…

Le mélange, d’ailleurs, les islamistes purs et durs n’en veulent pas. Un imam d’origine turc, repéré depuis longtemps par les RG, affirme ainsi qu’il faut refuser – je le cite – "l’intégration dans une société qui n’est pas celle de l’islam". Il vitupère les musulmans, trop laxistes, qui laissent leurs femmes s’habiller à l’image, dit-il des "traînées occidentales". Et il accusait récemment une jeune fille d’origine turque mariée à un Français d’avoir, je cite toujours, "pourri le sang de la juste religion". Il est intéressant de noter au passage le lien qu’établit cet imam entre sang et religion…

Disons-le clairement : nous sommes d’accord avec lui et avec tous les siens. A condition bien sûr qu’ils appliquent leurs principes chez eux, sur leur terre d’origine. Mais c’est là que le bât blesse. Car ils veulent appliquer leurs principes sur notre sol, en obligeant à la soumission, à la dhimmitude les Gaulois que nous sommes et que le même imam appelle – je cite toujours – "une population décadente qu’il faudra mettre à la raison un jour ou l’autre". Mohamed Latrèche, président du Parti des musulmans de France déclarait en mai dernier : "M. Chirac (…) nous vous détestons parce que vous nous détestez".

Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, ne se fait aucune illusion. Il déclare : "Nous assistons à une mutation qui se traduit par un intégrisme croissant et un prosélytisme en pleine expansion. Il procède (…) d’une volonté d’établir un pouvoir islamique mondial". Et il ajoute : "Les Français non arabes convertis à l’islam sont parfois les plus acharnés, car ils doivent prouver la sincérité de leur conversion". C’est là, de notre point de vue, un des aspects les plus inquiétants et les plus insupportables : ce passage à l’ennemi d’Européens, souvent jeunes, qui agissent soit par conviction, soit par fascination de la force – une force que n’incarne pas, que n’incarne plus l’Europe – soit aussi, et c’est fréquent, pour avoir la paix dans les quartiers dits sensibles. Le ralliement à l’islam est alors vécu comme la prise d’une assurance-vie.

Car, en constatant l’implantation croissante des courants les plus durs de l’islam, en particulier avec les salafistes, le rapport des Renseignements Généraux que je citais tout à l’heure note que les cités dures, jusqu’ici considérées comme des ghettos sociaux, sont devenus en fait des ghettos ethniques. Parmi mes exemples cités, celui d’un quartier d’une ville moyenne du Nord. Il s’agit en fait de Roubaix. Je cite les RG : "Quiconque souhaite y pénétrer doit décliner le motif de sa présence et l’adresse à laquelle il doit se rendre à un groupe d’individus âgés entre 30 et 35 ans, qui ont instauré un véritable couvre-feu aux divers accès du site. La personne est conduite au lieu de son intervention, puis raccompagnée à la sortie de la cité, sitôt sa visite terminé".

Le rapport des RG complète le tableau en présentant l’état inquiétant de l’infiltration et du noyautage des association, écoles, services publics, du monde du sport (même de haut niveau), de l’entreprise et même de l’armée. Autrement dit, le choc des civilisations est aujourd’hui une réalité omniprésente en France, y compris dans des secteurs censés assurer la sécurité publique en cas de difficultés.

Le choc des civilisations est assumé en tant que tel par les islamistes. Qui annoncent sans complexe leurs plans de conquête. A cet égard, ils ont bonne mine les zozos qui essayent d’expliquer que l’islam est en fait non-violent et qu’il faut, par exemple, interpréter la notion de jihad dans un sens purement spirituel, en somme comme une volonté de ressourcement intérieur du croyant. Leur répondent, sans ambiguité, les principaux doctrinaires de l’islamisme, dont une équipe dirigée par Gilles Kepel a publié les écrits les plus significatifs sous le titre Al-Qaida dans le texte. On y trouve par exemple le rappel à l’ordre adressé aux musulmans hésitants, trop mous, par Abdallah Azzam, surnommé par les siens "l’imam du jihad" et que Kepel présente comme "une véritable icône du mouvement islamiste". Azzam est catégorique : "Le mot jihad signifie uniquement le combat armé" et, dans un texte intitulé "Rejoins la caravane" il souligne que tout bon musulman doit rejoindre le jihad pour "répondre à l’appel de Dieu" et "établir une base solide pour l’expansion de l’islam".

Nous l’avons vu tout au long de cette journée : le choc des civilisations est le phénomène clé du monde actuel. Nous n’avons pu, faute de temps, passer en revue l’état de ce phénomène dans tous les pays d’Europe. Mais tous sont touchés. Un seul exemple, parmi tant d’autres : en juin dernier 500 jeunes Africains, de 12 à 20 ans, ont ratissé la plage de Carcavelos, au Portugal, à 15 km à l’ouest de Lisbonne, pour agresser et dévaliser les baigneurs venus en famille. Cette information, publiée dans un quotidien belge m’a été transmise par notre ami Lionel Franc car, bien entendu, la presse française n’en a pas dit un mot. C’est, comme toujours, la politique de l’autruche. Mais, comme m’a dit un journaliste d’un grand quotidien français à qui je demandais les raisons de ce silence radio : "Vous comprenez, il s’agit de ne pas apporter de nouvelles voix à Le Pen". L’argument est démocratiquement imparable.

Nous, évidemment, nous ne sommes pas là pour faire du démocratiquement correct. Nous sommes là pour, encore et toujours, sonner le tocsin. Pour que nos peuples se réveillent avant qu’il soit trop tard. Et il est déjà bien tard…

Nous sommes aujourd’hui à deux jours du mille deux cent soixante treizième anniversaire de la bataille de Poitiers, grâce à laquelle le Franc Charles Martel a sauvé l’Europe de l’envahisseur africain.

C’est pourquoi je voudrai conclure cette Table ronde par ces seuls mots : Charles Martel, reviens ! Et nous serons tous avec toi.

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