ACCUEIL

Derniers articles

Terre et Peuple - Résistance Identitaire Européenne

Le mystère du carnaval est celui de l'éternel retour

Le mystère du carnaval est celui de l'éternel retour (Si ancien qu'il remonte peut-être à la préhistoire)

 

masque flamboyant Le mystère du carnaval

 

 

Les girandoles qui étalaient leurs constellations au travers des rues se sont éteintes. Les chars carnavalesques, remisés dans quelque obscur hangar, vont attendre le retour du Renouveau de l'an prochain.
Il ne reste plus de cette liberté effrénée que l'on a connue qu'une sorte de désenchantement consécutif à l'ivresse, qui se dissipe lentement, et aussi le pressentiment qu'il devait y avoir autre chose, qu'un mystère reposait dans l'idée même du Carnaval et dans ses formes, malgré la vulgarité et la sottise de l'apparence.

De très vieux mythes, des superstitions remontant peut-être à la préhistoire, s'associent à cette fête de la libération des francs instincts, et même des plus élémentaires et des plus brutaux.
Chaque peuple a le Carnaval qu'il mérite, opulent et imbécile, ou modeste et spirituel. A Baie, pays de stricte observance morale, sociale et religieuse, il atteint une sorte de démence panique. Dans la Vienne du XVIIIe et du XIXe siècles, où régnait en temps habituel une tolérance aimable, le dérèglement était élégant, gracieux, aimable et aristocratique. Les masques parisiens de Gavarni tournaient vite à la chienlit et la fameuse Descente de la Courtille, à l'apothéose de la populace. Le Carnaval romain décrit par Goethe demeurait, suivant ses origines antiques, magique et païen, religieux — mais non pas selon l'esprit du Christianisme.
A Venise, il occupait la moitié de l'année, et la population tout entière y participait.

Si l'on compare les masques modernes des carnavals urbains et les masques des carnavals paysans et montagnards, éclate à nos yeux cette évidence : ceux-ci seulement ont conservé l'âme du Carnaval, et dans leur monstruosité même, inquiétante et terrible, son caractère sacré. Ils incarnent ces sorcières, ces démons, ces forces élémentaires qui vivent dans le tréfond de l'âme populaire.

Combien convaincants les diaboliques « Schuddig » de la Forêt Noire ou des vallées tyroliennes de l'Inn, frères des plus terribles masques africains, et cette effrayante Alraune, héroïne de la « Rauhnacht » — la nuit sauvage — ; elle personnifie ce qu'ont de plus hideux et de plus terrifiant les superstitions ancestrales qui divinisent les esprits de la forêt, encore appesantis de minéral et de végétal.

A côté de ces mauvais génies, les figures du Printemps et de l'Esprit du Renouveau se présentent avec une grâce souriante, et le Beau Narro n'a qu'à paraître, gracieux comme Dionysos adolescent, pour mettre en fuite les spectres des ténèbres, du froid, de l'hiver et de la stérilité.

Les Spritzer des carnavals montagnards du Tyrol, vêtus de coûteux et splendides costumes noirs, masqués et perruques de noir, casqués de plumets noirs, sont les assistants du « Roller », le tintant Chevalier Printemps, tout en sonnailles et en verre filé, et ils manifestent la vertu fécondatrice, régénératrice, qu'ils incarnent, en aspergeant avec de longues seringues, les assistants. Noirs comme le monde sous-marin, ils incarnent en même temps les fleuves et les sources, les torrents et les vagues des mers.

Carnaval-Roi, Carnaval-Dieu doit mourir pour ressus-citer. Il doit mourir comme le grain ; pour donner de riches récoltes, il doit être mis en terre. Cette très antique tradition survit aujourd'hui dans le Carnaval, associée à tous les rituels de fécondité, de mort et de résurrection, comme les courses de chevaux et les corridas de taureaux. La « mort dans le feu » est la manière la plus noble de mettre fin au règne éphémère de Sa Majesté Carnaval. Il représente aujourd'hui le vieux roi qui, dans l'Egypte archaïque, était tué afin que la force vivifiante renaquît dans le jeune roi son successeur, et le prêtre faiseur de pluie des Peaux-Rouges qui, une fois sa vertu magique épuisée, était rituellement assassiné. La mort dans le feu est aussi celle qui convient le mieux à l'esprit de la fête : elle termine en apothéose le cycle orgiastique, et couronne d'un « bouquet » de feux d'artifice les journées délirantes pendant lesquelles tous ceux qui ont participé au carnaval ont plus ou moins « brûlé ».

A Pylos, en Grèce, où survivent curieusement tant de cultes anciens, au soir du premier jour de Carême, on promène le cortège funèbre de Carnaval, incarné par une effigie grotesque placée dans un cercueil ouvert.
Précédée d'un prêtre affublé d'une longue barbe blanche, de porteurs de torches et de joueurs de tam¬bourin, la procession fait le tour du village jusqu'à la place où Carnaval va être incinéré. Tandis que le feu crépite, le faux prêtre se livre à une danse sauvage autour du brasier dans lequel il jette sa fausse barbe, dédiée, consacrée au Dieu mourant.

A Frosinone, dans le Latium, à mi-chemin entre Rome et Naples, on jette dans le bûcher où flambe le cadavre de Carnaval, les racines et les légumes, qui ont joué un rôle important dans le cérémonial de ce jour-là. La « racine » est si bien l'élément capital de la journée, que l'on désigne celle-ci sous le nom de Radica. Chaque participant à la fête porte un chou au bout d'un bâton, une feuille d'aloès, ou un bouquet de feuilles tressées, selon de singuliers dessins symbo¬liques de la plus haute antiquité. Celui qui serait surpris sans radica serait malmené brutalement et exclu de la cérémonie.
Racines, choux et bouquets deviennent, avant la mise à mort de Carnaval, les projectiles d'une bataille qui rappelle très clairement les rites agraires, qui s'accom¬pagnaient dans l'antiquité de jets de fleurs et de légumes. Ces rites survivent aujourd'hui dans les batailles d'oranges de Nantes et de Binche, les batailles de fleurs de la Côte d'Azur, les combats à coups de noix et de châtaignes, encore si fréquents.

Si le fait de brûler le Roi Carnaval a pour objet de le purifier de toutes les souillures du peuple, dont, rédempteur à sa façon ou bouc émissaire, il s'est chargé, il semble que l'enterrement réponde davan-tage à la signification de rituel agraire se rapportant à des cultes de fécondité, qui était attachée à la fête d'Attis, à l'Osiris végétal de l'Egypte, à la double divinité de Dionysos, maître du monde souterrain et dieu du vin, c'est-à-dire de la fertilité, et de la vie même.

 

poisson Le mystère du carnaval

 

Ce rituel de l'enterrement existe, en Espagne, dans les bizarres funérailles de la Sardine, peintes par Goya, et en Bretagne, à Plesneven, où les porteurs du mannequin de paille figurant Carnaval ont cousu sur leurs vêtements des sardines et des queues de morues. Les Abruzzes entourent la mort du Roi d'une solennité funèbre et burlesque en même temps, qui est extrê¬mement significative. C'est, tantôt une effigie de carton-pâte portée par quatre fossoyeurs, la pipe à la bouche, la gourde en bandoulière, tantôt un bonhomme de paille juché au haut d'un bâton ; il est brûlé au terme de cette longue promenade, au cours de laquelle sa femme, vêtue de deuil, a hurlé sa douleur, tandis que tous les assistants reprenaient en chœur ses lamen¬tations et ses cris. Dans certains villages, Carnaval était un homme vivant, transporté dans un cercueil, et arrosé d'eau bénite à chaque halte des porteurs.

La singulière figure de Pau Pi est une des plus intéres¬santes et des plus instructives du Carnaval universel. Pau Pi règne sur plusieurs villes de Catalogne, et notamment sur Lerida, et sa mort donne lieu à une bataille entre les anges et les diables, qui se disputent son cadavre.
Pendant trois jours, Pau Pi a reçu les honneurs royaux, mais au soir du troisième jour, à minuit, il est arraché de son trône et jeté dans un corbillard. Toute sa cour, soldats, seigneurs, valets, échangent leurs vêtements joyeusement bariolés contre des habits de deuil, et les tambours voilés remplacent, dans les processions, les fanfares criardes, accompagnant le De Profundis chanté par tous les assistants.
Arrivé sur la grand'place, le cortège s'arrête ; après qu'un orateur ait prononcé l'oraison funèbre, toutes les lumières s'éteignent. C'est alors que surgissent de l'ombre une bande de monstres et de démons, poussant des ricanements et des cris, qui s'emparent du cadavre de Carnaval et l'emportent, poursuivis par la foule, qui joue, en cette circonstance, le rôle des anges. La bataille se déchaîne furieusement dans les rues, jusqu'au moment où les anges, victorieux, mettent en fuite les ravisseurs de Pau Pi, et déposent religieusement ce corps sacré dans la tombe pré¬parée pour lui.

Dans le Harz, on célèbre un rituel encore plus étrange. Carnaval est représenté par un homme qui ne sera pas exécuté, mais inhumé ; on le porte jusqu'à sa tombe dans un pétrin qui remplace le cercueil, et il est curieux de remarquer que cet accessoire à faire le pain est directement associé à une idée de fécondité, l'homme-Carnaval, toutefois, n'est pas enterré. Au moment où l'inhumation se fait, on lui substitue un flacon d'alcool qui restera dans la tombe jusqu'au Mardi-Gras de l'année suivante. Ce jour-là, il sera solennellement déterré, et tous les participants au Carnaval boiront, l'un après l'autre, une gorgée de l'« esprit » ressuscité.

 

dionysiaque Le mystère du carnaval

Le côté dionysiaque d'un semblable rituel est tout à fait frappant, par le rappel qui y est fait du pain et du vin, présents dans tous les cultes de fécondité, célébrant le renouveau du Printemps et la victoire de la fertilité sur la stérilité. Ce fut aussi un bien surprenant spectacle que ce carnaval florentin, organisé, aux temps de la Renais¬sance, par Piero di Cosimo. Les chars, tirés par des buffles, animaux psychopompes, étaient chargés de cercueils remplis de « morts » déguisés en squelettes, debout ou assis, et chantant. Des trompettes funèbres et des tambours voilés accompagnaient le chant du Miserere, gémi par des cavaliers montés sur des chevaux étiques, apocalyptiques, eux-mêmes coiffés de têtes de mort, et brandissant des flambeaux noirs et des bannières lugubres.
L'élément macabre intégré au Carnaval affirme cette survivance de la mort du dieu-souffrant, du sacrifice rituel d'un rédempteur, qui périra pour assurer aux vivants de bonnes récoltes, du « bouc-émissaire » accablé de tous les péchés de la communauté, et qui les expie aux lieu et place des hommes qui les ont commis. Même dans le Carnaval citadin moderne, ce fond funèbre transparaît toujours, volontairement ou inconsciemment.

Un rituel carnavalesque très saisissant, décrit par Varagnac dans son livre sur la Civilisation tradition-nelle (Albin Michel édit.), voit se jouer comme une tragédie le retour des morts dans le village, qu'ils assurent de leur efficace protection : la communauté mandate chaque année ses garçons, puis ses filles, pour vivre avec les trépassés. A ceux-ci elle offre donc périodiquement l'occasion de se réincarner. En temps de Carnaval, les garçons figurent les fantômes, avec leurs masques. Ils font bande commune avec l'armée des morts et les entraînent vers les maisons des hommes, où se tiennent les filles nubiles. Devant les vivants rassemblés, ils jouent des saynètes qui, primitivement, devaient être des tableaux de l'autre monde — origine du théâtre. Puis ils purgent les habitations en projetant des substances vivifiantes, farine et suie, et procèdent à la rigoureuse répartition de la communauté par couples, remettant, non sans rudesse, la paix dans les ménages et appariant d'auto¬rité les célibataires, tous et toutes, entre eux.
Avec le Renouveau, l'autorité passera temporairement aux filles, puisqu'elles ne sont plus en puissance des vivants, mais des esprits, donc socialement libres. Ces grands cycles seront rythmés par des jeux com¬munaux où l'on flambera les sorcières et toute la « mauvaiseté ». Il était d'usage de profiter du temps de Carnaval pour brûler les sorcières, parce qu'elles étaient des personnifications de l'hiver et de la mort. Ce sont des êtres monstrueux et diaboliques, et l'on connaît peu de masques aussi terrifiants que les masques de sorcières, sculptés et portés par les montagnards du Tyrol, dans leur Carnaval résurrectionnel.

Cette identification de la Sorcière et de la Mort, inspirait en Moravie la cérémonie carnavalesque, dite de la « Belle Mort », chargée de significations mytho¬logiques et magiques, qui mériteraient une longue analyse.
Nous n'en retiendrons que le scénario principal : les jeunes filles promènent, en cortège religieux, dans tout le village, un mannequin fait d'une gerbe de blé, revêtu d'un splendide costume de femme et qui représente la « Belle Mort ». La procession terminée, on ramène la Belle Mort dans la maison d'où elle était partie, les jeunes filles la déshabillent, et revêtent l'une d'entre elles des ornements dont la Mort était parée. Cette jeune fille, qui n'est plus la Mort, mais la Vie, accomplit le même tour de village qu'avait fait le mannequin de paille. Elle personnifie la Mort ressuscitée, ou, pour mieux dire, l'aspect résurrec¬tionnel d'une double personne, qui avait été sacrifiée sous son aspect de Mort. Ainsi n'y avait-il aucune interruption de puissance entre le sacrifice du Vieux -Roi et l'intronisation de son successeur. Qu'il s'agisse, dans le Carnaval, d'allusions à la mort du bouc-émissaire, de l'expulsion de l'Hiver et du Froid, de la purification du Mal ou de l'exécution du Vieux-roi, il existe un élément de sacrifice et de bataille qui en est inséparable.

Le cortège d'un monstre vaincu, enchaîné par une jeune fille ou un jeune chevalier, la Tarasque de Sainte-Marthe, le Dragon de Saint-Georges ou celui de Siegfried, se rattachent évidemment à la victoire du Printemps — l'être jeune et beau — sur le monstre hideux et à sang froid, du froid du reptile, du froid de l'écaillé.
Le Carnaval rassemble ainsi une profusion d'impli-cations diverses qui, toutes, se réfèrent à un combat et à un triomphe resserrés dans un même rituel.

Carnaval est mort ! Vive Carnaval ! Le Roi est mort ! Vive le Roi !

Marcel Brion

 

bouc Le mystère du carnaval

 

(Sources : Spectacle du monde Avril 1963)

 

La République à plat ventre !

 

Ce régime nous tue, il faut en sortir !

 

Ils sont libres !
Garde à vue levée, aucune charge retenue pour les tireurs à la kalachnikov de Marseille

 

Le Point confirme l’information que nous n’avions pas voulu croire, étriqués que nous sommes, et pourtant publiée sur le site La Provence :

• Après l’importante mobilisation policière, la présence d’un hélicoptère, la venue du GIPN, le bouclage de la cité de la Castellane, le 9 février dernier, pendant plusieurs heures,
• Après les séances de « débriefing » à l’hôtel de police afin de décider des stratégies possibles.
• Après les tests ADN demandées urgemment au Laboratoire de Police technique et scientifique de Marseille pour identifier les tireurs,
• Les enquêteurs ont finalement réussi à interpeler quatre personnes.

Et à la suite de leur garde à vue, le parquet a décidé de remettre les quatre tireurs à la kalachnikov en liberté, et aucune charge n’a été retenue contre eux !
Sauf à manquer de tolérance et d’ouverture d’esprit, il faut bien reconnaître qu’ils n’avaient pas grand chose à se reprocher :

• Les tireurs ont juste pris pour cible la voiture du directeur de la sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, à l’arme automatique (cette information semble avoir été démentie, puis rétablie).
• Dans l’appartement de l’un d’eux, à la Castellane à Marseille, la police n’a retrouvé que sept kalachnikovs, et moins de vingt kilos de cannabis.
• Ils n’ont trouvé que deux revolvers 357 magnum.
• La BMW série 3 appartenant à l’un d’eux et que les enquêteurs ont découverte avait des fausses plaques d’immatriculation, mais quelques chiffres ou lettres interchangées ne constitueraient pas un crime.
• À l’intérieur de la voiture, le GIPN a découvert « 2 fusils à pompe, 400 cartouches de gros calibre et trois gilets pare-balles », a précisé une source policière. Pas de quoi non plus fouetter un chat (?).
Vivons avec notre temps. Soyons progressiste et adaptons-nous à ce monde qui change : le progrès apporte le bonheur !
Pour avoir partagé une vilaine caricature de Taubira sur son mur Facebook, Anne-Sophie Leclere a écopé de 9 mois de prison ferme, 30.000 euros d’amende et 50.000 euros de dommages et intérêts.
Lors de sa visite à Marseille le jour même où ces jeunes (qu’il faut bien chercher à comprendre) tiraient à tout va, Manuel Valls a déclaré : « Faire reculer durablement les phénomènes délinquants est un travail de longue haleine » qui demande une « action globale sur l’école, l’emploi, la santé, la politique de la ville. »
Des mots pleins de « sagesse » dans la bouche d’un Premier ministre à poigne... sauf contre l’idéologie auto-destructrice de son camp.

 

 

http://www.lesobservateurs.ch/2015/02/14/ils-sont-libres-garde-a-vue-levee-aucune-charge-retenue-pour-les-tireurs-a-la-kalachnikov-de-marseille/

 

 

 

 

Pour Roland Dumas, Manuel Valls est « sous influence juive »

C'est l'ancien ministre et président du Conseil constitutionnel qui le déclare

 

"Après l'échange controversé entre Roland Dumas et le journaliste Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV et RMC sur le fait que Manuel Valls serait « sous influence juive »...

 

valls israel valls israel Manuel Valls est « sous influence juive

 

http://www.bfmtv.com/politique/roland-dumas-ancien-president-du-conseil-constitutionnel-bfmtv-863856.html

 

« Le premier ministre est-il sous influence juive ? », avait demandé l’animateur Jean-Jacques Bourdin. « Je peux le penser », a répondu l'ancien président du Conseil constitutionnel. « Il a des alliances personnelles qui font qu'il a des préjugés. Chacun sait qu'il est marié avec quelqu'un, quelqu'un de très bien d'ailleurs, qui a de l'influence sur lui », a-t-il déclaré, évoquant, sans la nommer, l'épouse du premier ministre, Anne Gravoin.
 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/02/16/pour-roland-dumas-manuel-valls-est-sous-influence-juive_4577136_823448.html

 

 

 

Journée Réfléchir & Agir contre le traité transatlantique le samedi 28 février en région lyonnaise

journeeRA2

 

Renseignements et modalités d'inscription : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

 

 

Le communard Eugène Protot précurseur du fascisme

Les observateurs impartiaux des mouvements fascistes re­connaissent que cette forme du socialisme,

qu'elle se soit mani­festée en Italie, en Allemagne ou ailleurs, possédait dans les traditions de ces pays des sources profondes. Quitte à traiter leurs partisans de chauvins et de nationalistes bornés. Ils ci­tent facilement les noms de leurs précurseurs, qui ont d'ail­leurs été honorés par ces partis dès leur prise du pouvoir. Mê­me si leurs chefs ont été de grands improvisateurs et de grands intuitifs, ils ont toujours reconnu le rôle immense de leurs annonciateurs.

Chaque peuple a possédé de tels initiateurs, et ce n'est pas parce que leurs héritiers n'ont pas toujours triomphé, qu'ils n'ont pas existé pour autant, et qu'aucun travail n'a été fait. Les fascismes ont eu des fortunes diverses. Certains sont très méconnus comme c'est le cas en France, dont les expériences dans ce sens ont été constamment tronquées. Etant méconnus eux-mêmes, leurs précurseurs le sont davantage encore.

Le grand public ignore que le fascisme français est tout bonnement le continuateur des socialistes français, que le marxisme, produit d'importation, a remplacé chez nous à la faveur de la défaite française de 1871, et du massacre des ou­vriers, de Paris au moment de la Commune. Après la dispari­tion des Communards, composés de Blanquistes et de Proudhoniens, a commencé l'introduction du marxisme. Le socialisme français avant d'avoir pu être expérimenté a été anéanti, et les conquêtes sociales qu'il se proposait de faire ont pu être renvoyées à une époque lointaine, à la grande satisfaction des bonnes âmes.

Engels a pu dire très justement en se frottant les mains : « La Commune a été le tombeau du vieux socialisme spécifi­quement français. Mais elle a été en même temps le berceau du communisme international, nouveau pour la France. »

Marx n'a rien négligé dans ce sens. Il a même donné ses deux filles aînées à deux Communards, Charles Longuet et Paul Lafargue, pensant se rendre acquéreur du sacrifice des Fédérés, et du même coup, devenir le propriétaire légitime de cette page glorieuse du socialisme. Un Rothschild n'aurait pas fait mieux en donnant sa fille au représentant d'un trust fi­nancier. Transposé dans un domaine différent on a parfois les mêmes réactions, et on peut rester homme d'affaires.

blanqui

La France n'a donc pu réaliser son propre socialisme qui correspondait à son génie propre. Il n'est pas interdit de faire des suppositions et de se demander ce qu'aurait pu réaliser Blanqui s'il avait pu prendre la tête de la Commune et la ren­dre victorieuse, car elle a été privée de son Chef. Thiers qui le tenait prisonnier s'est bien gardé de le libérer, se rendant compte de l'otage de marque qu'il tenait.

La fructueuse opération de Marx a dupé nombre de gens. Elle a trouvé également des protestataires, et j'aimerais vous entretenir de l'un d'entre eux, le bourguignon Eugène Protot, qui fut sous la Commune le délégué à la Justice et qui tint, magnifiquement le rôle difficile qui lui avait été dévolu.

Son intelligence et ses capacités auraient dû lui donner les plus hautes fonctions. C'est ce que pensait Chincholle, histo­riographe de la Commune. S'il ne s'était mêlé que de ses pro­pres affaires, au lieu d'avoir le mauvais goût de s'être intéressé au bien public et de s'être dévoué pour l'intérêt général, il aurait pris place parmi les plus brillants avocats de son temps.

Charles Louis Eugène Protot est né le 27 janvier 1839 à Carisey dans l'Yonne, de Pierre Protot, cultivateur vigneron et de dame Fleury. Enfant prodige, il apprit seul le latin dans un livre de messe en gardant les moutons. Ses parents, heureux de ses dons, l'envoyèrent à Paris faire ses études où il logea chez une parente qui faisait des ménages. Il donna des leçons pour vivre.

protot avocat Copier

Il eut pour maître le blanquiste Auguste Rogeard dont l'in­fluence le marqua profondément et le précipita très jeune dans la vie politique. Il mena dès lors ses études de droit, d'une part, et, de l'autre, son activité de militant. Il écrivit dans le « Travail », journal d'opposition, littéraire et scientifique dont le premier article de tête était de Rogeard et où collaborèrent Clemenceau, Méline et Zola. Il écrivit également dans la « Rive Gauche », avec non seulement Rogeard, mais Fleurens, Charles Longuet, Combatz, F. Reclus, Jules Vallès et Gustave Chaudey. Quand parut le journal blanquiste « Le Candide », c'est Protot qui fut chargé du premier article établissant la profes­sion de foi du journal, qui fut supprimé au bout de huit nu­méros, après avoir fait une grande impression sur la jeunesse intellectuelle et ouvrière. Blanqui, Triden et le baron de Ponnet y écrivirent également.

Parmi les Jeunes révolutionnaires du moment, Protot était un des plus actifs. Il avait d'ailleurs aidé à une évasion de Blan­qui, l'homme qui passa la plus grande partie de sa vie en pri­son.

Vers l'année 1866, il y eut un démêlé entre blanquistes et membres de l'Internationale. Ils reprochaient à ces derniers leur tiédeur et leur opportunisme. La tolérance de la police impériale à leur égard, leurs bonnes relations avec les milieux républicains bourgeois leur paraissait pour le moins étrange.

Profitant d'un congrès que l'Association internationale devait en septembre 1866 tenir à Genève, Blanqui y envoya une délégation chargée de protester contre la tactique de la section française. Parmi eux se trouvaient Tridon, porte-parole du groupe et Protot.

Mais à la dernière heure, Blanqui changea de tactique, redou­tant une scission et peut-être des représailles... Peut-être aussi le souvenir de ses heurts avec Barbès et ses partisans qu'il avait eut dans le passé l'influencèrent-ils ? En tous les cas, il donna ordre à sa délégation de rebrousser chemin.

Protot qui était parmi les plus ardents, n'obéit pas. Dédai­gnant toute prudence et raison tactique, II se présenta au Con­grès avec quelques camarades. Il y prit violemment la parole et livra à son compte, l'attaque que tous ses amis s'étaient proposés de mener. Les incidents se multiplièrent, et après plusieurs séances, Protot et ses compagnons furent brutale­ment expulsés.

Mécontents, sinon de ses paroles, mais de son attitude indé­pendante, les blanquistes sommèrent Protot et son groupe de venir s'expliquer avec eux. Les deux délégations se rencontrè­rent le 7 novembre au Café de la Renaissance situé au n° 1, boulevard St Michel. Au plus fort de la discussion, la police intervint, prévenue par les deux « moutons » Largillière et Greffe, dont les noms furent connus par la suite.

Il y eut 24 condamnations pour appartenance à la société secrète dite du « Café de la Renaissance ».

Protot, qui ne s'était pas présenté aux débats tenus le 4 jan­vier fut condamné par défaut à 15 mois de prison. Se jugeant particulièrement visé, il avait d'excellentes raisons d'être pru­dent. Il se cacha plusieurs mois avant d'être arrêté et envoyé à la prison de Ste Pélagie, où il se réconcilia avec ses amis.

Les membres français de l'Internationale, composés d'ailleurs d'anciens disciples de Proudhon, finirent par régler leur atti­tude sur celle des blanquistes. Un de leurs membres, Mégy im­pliqué au début de l'année 1870, avec un certain nombre de révolutionnaires, sous la prévention d'attentat contre la Sûreté de l'Etat et la vie de l'Empereur. Son cas était d'autant plus grave (en admettant que la thèse de l'attentat n'ait pas été une invention), qu'il avait trouvé moyen de tuer un des agents venus pour l'arrêter.

Devant choisir un avocat, il désigna Protot, qui accepta bien Qu'il attirât de nouveau sur lui l'attention de la police impé­riale. C'était faire preuve de courage, car de tous temps, il a été dangereux d'assurer la défense d'un condamné politique. En effet, il se vit lui-même impliqué dans le procès, et un beau matin, un commissaire de police vint perquisitionner chez lui et procéder à son arrestation. Le voyant se saisir de sa serviette d'avocat, Protot la lui reprit des mains et s'enfuit dans l'escalier, poursuivi par le commissaire qui tira un coup de pistolet dans sa direction. La balle ne frappa que le mur, mais la détonation alerta les agents qui n'eurent qu'à le cueil­lir et l'incarcérer. Heureusement, le Conseil de l'Ordre s'en émut et Protot fut relâché. Il put se consacrer au procès qui devait s'ouvrir à Blois et où il révéla, bien qu'avocat stagiaire, une science consom­mée du droit. Son client pourtant bien mal parti ne fut con­damné qu'aux travaux forcés. La thèse de Protot était que les agents s'étaient présentés chez Mégy avant l'heure légale, et il put faire accepter le principe de la légitime défense.

protot caricature

Durant le siège de Paris, et pendant le premier trimestre de l'année 1871, il prit part aux combats, avec le grade de maréchal des logis. Sa batterie était installée sur les crêtes de Nogent. Après l'armistice, il fut élu à son insu, commandant par le 213° bataillon de fédérés. Durant cette période ses fonctions militaires l'ont emporté sur toutes ses autres préoccupations.

Il fut élu membre de la Commune dans le 11° arrondisse­ment le 26 mars, avec Mortier, Delescluze, Assi, Eudes, Avrial et Verdure. Le 31 mars, il fut désigné comme délégué par la Commission de Justice. C'est à ce moment que commence pour Protot la phase essentielle de sa carrière. Jusque là, on avait connu l'enfant prodige, le militant tempétueux, le brillant avo­cat et le combattant du siège de Paris. Une fois de plus, il aura été à la hauteur d'une tâche difficile, exigeant des qualités différentes des premières.

Son grand mérite n'est pas tellement d'avoir été Garde des Sceaux à l'âge de 32 ans, venant juste de prouver ses capacités juridiques, ce qui serait déjà digne d'attention, mais d'avoir parfaitement compris ce qu'on pouvait attendre de lui dans une période d'insurrection : empêcher les massacres.

Notre génération a connu, elle aussi, une insurrection de Paris et nous pouvons faire des comparaisons.

Protot a su empêcher la pègre de commettre les dégâts et les crimes des époques troublées. Les blanquistes furieux de l'emprisonnement de leur Chef ne demandaient qu'à exercer des représailles, d'autant plus que des provocateurs payés par Thiers cherchent à tout envenimer.

Le pire faillit d'ailleurs se produire. Le 4 avril, l'exécution de Duval est annoncée aux membres de la Commune. Indigna­tion générale. Je me permets de citer Pierre Dominique dans son livre sur la Commune.

« Quelqu'un crie :

« — II faut ouvrir les prisons au peuple qui fera justice.

« Un septembriseur, celui-là. Mais Protot se lève, grand paysan carré d'épaules. Une tête ronde, une grande bouche, de larges narines, des yeux vifs. Il est plein de bon sens Protot, et son bon sens se double d'une forte culture juridique. Il a le sens de la justice, le sens politique aussi. Il pèse la responsabilité de la Commune.

— On ne répond pas au massacre par le massacre, dit-il. II faut agir légalement.., rédiger, discuter et adopter, si nous l'approuvons, une proposition instituant un mode de représailles tout en restant dans les limites du droit. Alors interrompt Rastoul, si l'on continue à nous tuer, nous continuerons à ne faire que de la légalité ?

Et Protot :
On peut être terrible avec ses ennemis en restant juste et humain... Du reste, il n'y a pas dans les prisons que des ennemis de la Commune, il y a des gens dénoncés qui peuvent être des innocents...

Le français approuve. Delescluze aussi. On charge Protot, le plus compétent dans les questions de droit, de rédiger un « projet de décret. »

Et Protot rédigea le fameux décret sur les otages, décret en apparence sévère, mais qui fit taire les plus excités. Et le peu­ple n'entra pas, cette fois-là, dans les prisons se faire justice.

Il était déclaré, en substance, que toutes personnes prévenues de complicité avec le gouvernement de Versailles, devaient être incarcérées et jugées. A la seule condition d'être reconnues coupables, elles seraient considérées comme otages du peuple de Paris. Si un prisonnier de guerre devait être exécuté par l'adversaire, un nombre triple d'otages, serait en réponse exé­cuté.

Inutile de dire que cette loi resta lettre morte. Un Protot versaillais aurait été utile. Malheureusement, au lieu de s'en tenir à un texte, Thiers fit tuer près de trente mille hommes, tandis que la Commune n'en exécuta que soixante-dix-huit. Et encore que si les otages de la Commune ce fut dans les der­niers jours, après que les partisans de l'ordre eussent eux-mêmes fusillé un grand nombre de prisonniers. On affirme que les otages auraient pu avoir la vie sauve si tel avait été le bon plaisir de Thiers.

Protot n'échappa que de peu à la fusillade.

Défendant presque seul la barricade de la rue de la Fontaine au Roi, entouré de cadavres, il fut jeté à terre, inondé de sang, une balle lui ayant crevé la joue gauche, lui faisant une blessu­re horrible. Au moment où il allait être pris, une femme ayant assisté à l'action de sa fenêtre, descendit et put le transporter chez elle. Elle cacha ses vêtements d'officier et lui recouvrit le visage de linges, et lorsque les soldats fouillèrent la maison, elle leur prétendit que le malade sourirait d'un érésipèle par­ticulièrement contagieux, ce qui les fit déguerpir.

Après avoir été sauvé grâce au dévouement de cette femme, Protot tenta de gagner la Suisse. Bien qu'il cachât son visage, un mécanicien le reconnut lorsqu'il fut sur le quai et fit sem­blant de le prendre pour son aide. Il lui cria : « Allons pares­seux dépêche-toi, le train va partir ! » Et il le fit monter avec lui dans sa locomotive.

Une fois en Suisse, pour vivre, il dut faire appel à des talents divers. Avec le docteur Bricon qui fut son secrétaire au minis­tère de la Justice, il fit même des pièces en vers pour un Gui­gnol.

commune

Après avoir été refoulé d'Italie et être allé quelque temps en Allemagne, il se réfugia en Angleterre chez son ami Barbellion. Le nom des amis qui se révèlent dans de semblables cas ne sauraient être trop mentionnés.

Dès l'amnistie, votée en 1880, Protot rentra en France. Mais lorsqu'il voulut reprendre sa profession d'avocat, sa radiation lui fut confirmée. Ne s'avouant pas battu, il voulut redescendre dans l'arène et se présenta aux élections municipales de Belleville où on lui préféra le premier médiocre venu. Une autre tentative aux élections législatives de Marseille n'eut pas plus de succès. Il dut méditer, en renonçant à se représenter, sur les beautés du suffrage universel et sur le jugement sacro-saint des électeurs.

Protot se tourna vers l'enseignement. Après avoir été un moment précepteur dans les familles, il se spécialisa dans les langues orientales. Déjà autrefois, lorsqu'il occupait la place Vendôme, il étudiait l'arabe. Il passa à cinquante-sept ans son dernier examen de persan, et fut professeur libre au Collège de France.

On connaît de lui quelques opuscules.

Dans l'un d'eux, « Chauvins et réacteurs » paru en 1892, il s'attaqua violemment à Marx et à Engels. « II (Engels) attirait chez K. Marx les proscrits français réfugiés en Angleterre et cherchait à les gagner à la cause allemande. »

II est exact que Marx, non par patriotisme allemand mais à cause de l'influence qu'il exerçait sur les socialistes allemands ralliés à sa doctrine, tâchait avec un beau manque et une belle muflerie de détacher les Communards de leur attachement au socialisme français qui ne lui avait témoigné que de l'hostilité.

« Vous voilà dans un bel état, disait Engels aux imprudents qui venaient de s'égarer dans l'antre prussien. C'est le capitalisme français qui vient de vous arranger ainsi. Il ne vous reste plus qu'une chose à faire, c'est de lâcher vos idées de patrie et de patriotisme et de vous joindre à nous pour marcher contre la bourgeoisie. »

Ces proscrits écoutaient et se méfiaient.

On comprend facilement que des gens aussi patriotes que socialistes, n'ayant pas encore pris l'habitude de voir ridiculi­ser leur Patrie, étaient quelque peu indignés des propos de ces deux métèques.

« C'est ce qui explique le peu de succès des soirées marxistes sur les réfugiés de la Commune. Ils y allaient une fois et n'y retournaient plus. En une heure, par leur instinct de révolutionnaires français, ils avaient compris qu'ils étaient chez Marx en maison ennemie. »

Protot qui avait été à Londres à ce moment, savait fort bien ce qu'il avançait et la tentative de subversion des deux com­pères l'écœurait, lui et ses amis. Il est certain que sans s'en douter, l'Allemagne d'alors a servi de moyen de pénétration au marxisme.

protot portrait

Nos communistes ignorent ce sentiment de répulsion qu'ins­pirèrent aux réfugiés de la Commune leurs deux idoles. Mal­heureusement ce qu'ils n'ont pu réaliser aussitôt, les années et une bonne propagande arrivèrent à le faire. Marx à défaut d'une véritable originalité, possédait un sens tactique très développé et un flair remarquable. Ce n'est pas lui qui a créé la première Internationale, cette dernière étant due a l'initiative des syndicats, mais il a su en jouant les uti­lités, mettre dessus sa patte gluante.

Il n'a joué aucun rôle dans la Commune, si ce n'est celui de donneur de conseils. Personne ne l'empêchait de s'unir à cer­tains étrangers comme Dembrovsky, Wrobleski et à la comtesse Dimitrieff qui se signalèrent par leur courage. Par contre, il a su avec talent utiliser la ruine de rivaux qu'il détestait au bénéfice de son propre système.

Un peu en franc-tireur, Protot restait fidèle à ses principes, bien qu'éloigné de la politique active, déçu d'assister aux pro­grès des disciples de Marx dans la classe ouvrière. Tout de la part de l'Internationale lui déplaisait jusqu'à l'hymne qu'il trouvait lugubre.

Lorsqu'il se rendait au mur des Fédérés, c'était seul. Restant fidèle à son esprit, il ne se joignait pas aux défilés exhibition­nistes qui préfiguraient déjà ceux d'aujourd'hui.

Comme tous les socialistes non marxistes du dix-neuvième siècle, il était antisémite, comme l'avaient été Proudhon et Bakounine. Les manuels scolaires le reconnaissent.

L'antisémi­tisme moderne a débuté « à gauche » avant de passer « à droite », encore que ces deux termes parlementaires n'aient aucun sens. Si Protot n'aimait pas les Juifs, ce n'était pas par esprit de haine, mais c'est qu'il voyait les meilleurs représen­tants du capitalisme international que lui et les siens avaient toujours combattu. Il voyait également chez Marx, Engels, Rapoport ceux qui de l'autre côté lui avaient volé et dénaturé sa révolution. Il lisait Drumont et fut anti-dreyfusard. La ques­tion juive l'intéressait au plus haut point. Il écrivait là-dessus un livre d'étude. C'était sa thèse, disait-il. Le livre devait s'ap­peler « Magda » du nom de l'héroïne, car il devait le présenter sous forme de roman. Les Juifs ne devaient pas y être repré­sentés seulement sous une forme caricaturale, car il leur re­connaissait leurs qualités essentielles et rendait justice à leur esprit de famille, de race, de clan, mais que malheureusement ces derniers considèrent comme une provocation ces vertus chez les autres. Ce manuscrit a, hélas disparu au moment de sa mort. Nous ne savons s'il s'est volatilisé ou si quelqu’un un jour le retrouvera.

Protot a publié, dans un opuscule, un projet d'immeuble à bon marché dont la conception est fort ingénieuse et dont il était l'inventeur. Un de ses amis, l'architecte Delœuvre, d’après ses descriptions, en a dressé le plan et construit une maquette et l'a appelé le Protodome. C'est un immeuble de quatre étages comprenant un appartement par étage. Chaque appartement possède un escalier indépendant, limitant les risques d'incendie, d'épidémie et de mauvais voisinage. Il l’a adressé au conseil municipal de Paris en 1909. On trouve l’ou­vrage à la bibliothèque nationale et à la bibliothèque de la ville de Paris, il est intitulé : « Une révolution dans l'habita­tion, un foyer à tous ».

Protot n'a jamais renié son origine rurale et a mené jusqu'au bout une vie simple, dénuée de confort. Il était très curieux de l'avenir.

Il mourut le 17 février 1921 à l'âge de 82 ans à l'hôpital St Antoine. Il fut inhumé à Carisey dans une sépulture de famille édifiée au milieu d'un champ suivant la coutume de l'endroit. Maxime Vuillaume, alors secrétaire de Viviani, prononça une allocution. Il avait lui-même fort connu Protot à une époque où lui-même était journaliste au « Père Duchêne », journal de la Commune.

Protot était le type même du vrai communard. On comprend que nos politiciens marxistes l'écartent volontiers de leur pan­théon, et malgré l'estime des historiens de la Commune, lui fassent la conspiration du silence. Je ne crois pas être démenti par nos amis en le plaçant parmi les précurseurs du fascisme. La Commune a été honorée par les fascistes français ortho­doxes qui se proclamaient héritiers des Proudhoniens et des Blanquistes. Nous connaissons l'initiative de J.-M. Aimot fai­sant fleurir en leur nom le mur des Fédérés, occupant ainsi une position symbolique. Les délégations qui s'y rendirent au moment du front populaire continuèrent ainsi jusqu'en 1944, date à laquelle on les fit rentrer également dans le silence.

Provisoirement. On ne dissout pas un idéal.

René DAYRAS.

(Source : Défense de l’Occident – Mai 1963)

 

 

plaque fédérés

 

 

La Chandeleur, ou la renaissance du soleil

soleil chandeleur fete paienne

2 février-Hypapante ou la Purification

La fête de la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple, quarante jours après sa naissance, coïn­cide avec celle de la Purification de la Vierge, coutumes courantes de la vie publique et privée des Hébreux. Mais deux autres aspects de la fête — l'un, saisonnier et agraire, l'autre célébrant la lu­mière ascendante — sont beaucoup plus impor­tants par la richesse des traditions qu'ils évoquent.

La présentation de l'Enfant au Temple, son accueil par saint Siméon, prophétisant sa vocation divine et son martyre sur la croix, donnent à la fête le nom d'Hypapante, c'est-à-dire « ce qui vient au-devant » de la gloire.

Dans la Méditerranée orientale, la fête est très respectée des paysans qui redoutent pendant cette période les chutes de grêle, dé­sastreuses pour une végétation encore bien fragile. Ce jour-là, « les moulins chôment, les es­claves chôment et les ânes se reposent », suivant un dicton po­pulaire et c'est pour cela que la Vierge de ce jour est appelée « Myliargoussa », « celle qui ar­rête les moulins ». Sa fête sert ici comme moyen de prévision du temps et de la qualité des récol­tes : «Le temps d'Hypapante est celui des quarante jours à venir », affirment les paysans, ou en­core : « Hypapante enneigée, greniers bien chargés. »

bougie chandeleur fete paienne

Dans les traditions occi­dentales, la fête est connue sous le nom de Chandeleur parce que l'on conserve ce jour-là les chandelles allumées que l'on porte à travers les églises.

Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine explique cette coutume par quatre bonnes raisons dont la première consiste à « dé­truire » des pratiques mauvai­ses,   échos   des   traditions préchrétiennes : « Autrefois, aux calendes de février, temps lustral, les Romains illumi­naient les villes tous les cinq ans avec des cierges et des flambeaux, durant toute la nuit, en l'honneur de Februa, mère hypothétique de Mars, afin que celui-ci accorde la victoire aux armées romaines ».

Il s'agit en fait de la lustratio populi, appelée « lustrum », grande fête quinquennale de purifica­tion du peuple, accompagnée de sacrifices publics et privés. La Légende dorée poursuit : « En outre, pendant ce mois, les Romains offraient des sacrifices à Febvrius, c'est-à-dire à Pluton, et aux autres dieux infernaux pour les âmes de leurs ancêtres ; toute la nuit ils veillaient en chantant leurs louanges et te­naient des cierges et des torches allumées. [...]. Le pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient en ce jour la fête des Lumières [...] en souvenir de la fable de Proserpine : elle était si belle que le dieu des Enfers, épris d'elle, l'enleva et en fit une déesse.

Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts et les bois avec des torches et des flambeaux. [...] Or, parce qu'il est difficile aux chrétiens, nou­vellement convertis, d'abandonner une coutume, [...] le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux chrétiens de célébrer, chaque année à pareil jour, une fête en l'honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumés et chandelles bé­nites.»

roue chandeleur fete paienne

 

Reste bien sûr encore à mentionner une célébra­tion qui avait lieu dans le monde celte : la fête de la déesse Imbolc, qui se déroulait le 1er février. Imbolc semble signifier « lustration » et il s'agissait donc d'une fête de purification de l'eau lustrale, rite agraire très important censé favoriser la fécondité et la fer­tilité. Le relais chrétien de cette fête a été pris par sainte Brigitte. Toutefois, on conserve toujours dans les villages les chandelles allumées dans l'église, croyant qu'elles écartent le tonnerre, les tempêtes et les orages.

 

On a encore l'habitude un peu partout dans l'Occident catholique de faire des crêpes : s'agit-il d'une évocation du disque solaire ou faut-il y voir une coutume liée à la première récolte d'œufs de l'année ?

poele crèpes chandeleur fete paienne

« À la Chandeleur, l'hiver s'apaise ou prend vigueur » et dans plusieurs traditions on guette l'ap­parition ou non de l'ours ce jour-là, laquelle con­firme, ou non, le proverbe. On raconte que l'ours sort de sa tanière et que, si le ciel est clair, il y rentre pour y séjourner les quarante jours suivants, car l'hiver continuera. Si, par contre, le ciel est sombre, signe que l'hiver reculera, il en sort définitivement.

Dans les pays pyrénéens, chasses à l'ours et danses de l'ours symboliques ont lieu à la Chan­deleur, laquelle peut marquer le début du carna­val si le cycle lunaire, dont dépend le calcul de sa date, le fait coïncider avec ce 2 février.

(Source : Fêtes et croyances populaires en Europe-Yvonne de Sike-Ed. Bordas 1994)

 

ours chandeleur fete paienne

 

Les Gaulois au-delà du mythe

http://www.arte.tv/guide/fr/047580-000/les-gaulois-au-dela-du-mythe
 

Les illusions grecques

 

Il y a encore peu, politiques et media nous servaient les bons discours, ceux qui effraient les peuples au point de leur congeler l’esprit. Au secours ! C’est une catastrophe ! L’extrême-gauche va prendre le pouvoir à Athènes. La Grèce va sortir de l’euro, la Grèce ne paiera plus ses dettes, la Grèce va emporter l’euro et l’Union européenne dans le gouffre !

 

Il faut dire que les Grecs avaient de bonnes raisons de se débarrasser de leurs politiciens corrompus et cupides. Et de haïr les bons docteurs du FMI, de la BCE et de l’UE qui les avaient ruinés : le chômage représente 27% de la population active ; les salaires ont été réduits de 24%, les retraites de 30%. Et les familles « aisées » (tout est relatif en Grèce) doivent payer jusqu’à 75% de leurs revenus en impôts ! La misère est omniprésente en Grèce !

 

Et comme la punition n’était pas suffisante, il fallait accabler le peuple hellène en expliquant à l’opinion publique européenne que les Grecs étaient des fainéants et vivaient depuis des années au-dessus de leurs moyens, ce qui veut dire aux crochets des Européens. Mensonge grossier, mais efficace. Alors que les malheurs des Grecs proviennent de la formidable escroquerie fomentée par Goldman Sachs et les dirigeants grecs qui n’ont pas hésité à truquer les comptes publics du pays sur une grande échelle, pour permettre l’introduction de la Grèce dans la zone euro. N’importe quel étudiant en première année de Sciences économiques savait pourtant que l’Allemagne et la Grèce dans le même système monétaire, cela ne pouvait pas marcher. Cette arnaque a permis aux banksters et aux politiciens pourris de se gaver sur le dos des Hellènes.

 

Malgré les remèdes miracles dont la troïka (FMI, BCE, UE) a écrasé la Grèce, la dette du pays reste abyssale. Et ne pourra jamais être remboursée ! Cela, tout le monde le sait. Elle représente un montant colossal de 320 milliards d’euros, soit 177% du PIB ! Rien qu’en 2015, la Grèce doit emprunter 20 milliards d’euros pour payer… les seuls intérêts de la dette !

 

Car, si la troïka est intervenue en masse pour prêter de l’argent à la Grèce (à un taux usuraire), c’était uniquement pour sauver le système bancaire. Tout cet argent est allé vers les banques, et par un tour de passe-passe dont les banksters ont le secret, les obligations douteuses ont été transférées des mains des banquiers à celles des Etats. Ce qui permet de dire aujourd’hui que si la Grèce fait défaut, la France perdra 48 milliards d’euros, soit 750 euros par Français !

 

Mais Tsipras n’a aucune intention de tout renverser. Tout au long de sa campagne, ses slogans se sont d’ailleurs édulcorés : non, il n’était plus question de sortir de l’euro… Syzira n’est pas un parti populiste, contrairement à ce que croient les Grecs désabusés et contrairement à ce que nous veulent nous faire croire les media. C’est un parti dirigé par des marxistes. Tsipras est un pur produit de l’idéologie communiste ; son idole est Che Guevara ! Les marxistes ont-ils été – une seule fois au cours de l’Histoire ! – bénéfiques pour leurs peuples ?

 

Comment imaginer que les acolytes de Tsipras vont « tout foutre en l’air », alors qu’ils font partie du Système ? D’ailleurs, la finance ne s’y est pas trompée. Si tous les fantasmes dont on nous a farci la tête étaient vrais, nous aurions assisté à un Lundi Noir dans les Bourses européennes. Que nenni ! Le CAC 40 s’est même apprécié de 0,74% !

 

Comme après la crise des « subprimes », les financiers penchés au chevet de la Grèce nous concocteront de bonnes petites solutions qui ne coûteront rien aux banques, mais qui feront porter le poids de la renégociation de la dette grecque sur le dos des contribuables européens. On commence à en avoir l’habitude.

 

Enfin, que Jean-Luc Mélenchon trouve des accents lyriques pour célébrer la victoire de Syriza, rien que de très normal. Par contre, Marine Le Pen ne sait plus trop où elle habite. On l’avait déjà vue se tortiller dans tous les sens au moment des manifestations contre le mariage pour tous, sous l’influence du lobby homosexuel qui l’entoure. On l’avait vue récemment se tromper totalement après les attentats islamistes, réclamant d’abord de défiler auprès de tous les responsables de l’invasion de l’Europe, puis marchant en tout petit comité à Beaucaire derrière des banderoles « Je suis Charlie ». Et voici qu’elle voit en Syriza le symbole du sursaut européen ! Ce qui passait pour être une volonté de fer de « dédiaboliser » son parti, s’apparente maintenant à un manque de discernement affligeant.

 

Nous, à Terre et Peuple, n’avons pas l’habitude de nous tortiller sur notre chaise. Le parti que nous soutenons en Grèce, c’est Aube Dorée. C’est le seul qui pose les bonnes questions et propose les bonnes solutions.

 

Alain CAGNAT

 

 

Elections grecques

 

L’analyse d’Alain est comme toujours excellente. J’ajouterai simplement que, étant bien entendu que nous savons ce qu’est réellement Syrisa, il n’empêche que dans l’opinion sa victoire apparaît comme une menace de vacillement pour le Système bruxellois et qu’il est donc possible de le faire vaciller. C’est, objectivement, une bonne chose.

Et l’évolution de la situation en Grèce, avec ses effets sur le reste de l’Europe, va être passionnante à suivre. Quant à nous, nous aurons certainement à en tirer d’utiles conclusions pour nourrir notre argumentaire. Que 2015 soit une année « chaude » comblerait évidemment nos vœux.

Pierre Vial

 

Soldats français, ils sont devenus djihadistes

Une dizaine d'anciens militaires français ont rejoint des réseaux djihadistes, notamment les rangs de l'Etat islamique, a confirmé le ministère de la Défense. L'armée française s'inquiète aussi des risques de radicalisation en son sein.

La menace inquiète. D'anciens militaires français ont rejoint les rangs des djihadistes, a confirmé le ministère de la Défense. Mercredi, la radio RFI précisait qu'une dizaine d'anciens militaires français combattent actuellement sous une bannière djihadiste en Syrie et en Irak. La plupart ont rejoint les rangs du groupe État islamique. La station évoque particulièrement le cas de l'un d'entre eux qui a "mis ses compétences militaires acquises sous le drapeau français au service d'un encadrement de jeunes djihadistes français". Cet ancien militaire, devenu émir, commande ainsi dans la région de Deir Ezzor un groupe d'une dizaine de combattants français qu'il a formé au combat. "D'autres sont experts en explosifs, il s'agit de jeunes d'une vingtaine d'années. Certains sont convertis, d'autres issus de culture arabo-musulmane. Et parmi eux, il y a des anciens de la Légion étrangère ou d'anciens parachutistes", ajoute encore RFI.

Selon L'Opinion, l'un d'eux a servi au 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Bayonne, un régiment d'élite de l'armée française rattaché au Commandement des opérations spéciales, et y a suivi une formation de commando en techniques de combat, tir et survie. A l'issue d'un engagement de cinq ans, cet ancien des forces spéciales, issu d'une famille originaire du Maghreb, a rejoint une société de sécurité privée pour laquelle il a travaillé sur des sites pétroliers dans la Péninsule arabique, poursuit L'Opinion sur son site Internet. "C'est alors qu'il s'est progressivement radicalisé, se laissant pousser la barbe et adhérant à l'idéologie islamiste", écrit le quotidien, ajoutant, de sources proches du dossier, qu'il aurait ensuite été licencié et aurait rejoint la Syrie. Europe 1 ajoute que cet ancien militaire, aujourd'hui âgé d'une quarantaine d'années, a quitté l'armée française en 1998.

Anciens militaires et "anciens professionnels d'autres disciplines"

Jean-Yves Le Drian a souligné mercredi que ces cas restaient d'une "extrême rareté". Sur RTL jeudi, il a confirmé que "certains de nos militaires sont surveillés" mais s'est refusé à donner un chiffre précis. "Il y a (parmi les djihadistes) des anciens militaires comme il y a des anciens professionnels d'autres disciplines (..) Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'identifier des listes d'appartenance à tel ou tel corps d'activité sociale pour dire que le terrorisme vient de là", a-t-il déclaré.

Si le cas de ces ex-militaires inquiète, l'une des principales préoccupations reste de "prévenir les phénomènes de radicalisation dans nos armées", a indiqué une source au ministère de la Défense. En conséquence, les effectifs de la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense) - qui mène des enquêtes en interne en liaison avec le renseignement intérieur (DGSI) - vont être augmenté avec le recrutement de 65 personnes. Le service compte déjà près de 1.000 personnels chargés d'examiner notamment les dossiers de recrutement. "Il existe des zones grises (..) des postures moins simples entre un simple croyant et un djihadiste. Il y a celui qui peut être tenté par réseau familial, par rencontre, par amitié ici ou là, par capillarité", explique-t-on de même source. "On a pu repérer ici ou là, dans des lieux biens particuliers, ce type de liens, absolument pas démontrés mais qui exigent de la part de la DPSD un travail extrêmement sérieux et pointu", a-t-on souligné.

Formés en France, ces anciens militaires ou ceux radicalisés au sein de l'armée pourraient s'avérer être de redoutables djihadistes, au courant de l'organisation et des secrets de l'armée. Ils pourraient aussi apporter leur expertise en maniement des armes et explosifs à d'autres candidats potentiels au djihad. Comme le rappelle RFI, ces nouvelles recrues font aussi craindre un attentat du type de Fort Hood aux Etats Unis. Cette fusillade dans une base militaire du Texas, perpétrée par Malik Nadal Hasan un américain d'origine palestinienne, psychiatre dans l'armée de terre, avait fait treize morts et une trentaine de blessés en novembre 2009.

Emilie Cabot (avec AFP) - leJDD.fr

jeudi 22 janvier 2015

 

Ou sont passées les femmes ?

 

Je suis Charlie revu par un journal Israélien...

 

On se croirait revenu à la belle époque du soviétisme le plus pur, quand la censure devient communication officielle.

 

Pourquoi n'entends on pas les ennemis de la liberté "républicains" s'en offusquer ?

 

Comparez bien les deux photos : les femmes ont disparu !!! Disparue, Merkel ! Disparue, Hidalgo !

 

Il ne s'agit pas d'un journal arabe, mais d'un journal israélien (voir l'alphabet).

 

 

O_sont_passes_les_femmes