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Terre et Peuple - Résistance Identitaire Européenne

Le marché transatlantique en résumé

Depuis des temps immémoriaux, des conventions, traités, chartes et autres textes juridiques, ont été conclus entre des royaumes, empires, républiques et autres principautés pour régler les relations entre puissances, tant au plan politique, que juridique et aussi et surtout commercial. Certains traités comme le traité de Troyes, du 21 mai 1420, lors de la guerre de 100 ans, ont laissé de très mauvais souvenirs dans la mémoire des Français. Ce traité instituait Henri V d’Angleterre comme régent et héritier du royaume de France, au détriment du Dauphin. Ce n’est donc pas la première fois que le monde anglo-saxon veut étendre son hégémonie au détriment des peuples libres. Le fameux TTIP (partenariat transatlantique de commerce et d'investissement en Français) ou TAFTA (traité de libre-échange transatlantique) de son autre nom n’est qu’une énième tentative pour aboutir à cette domination. C’est un enjeu fondamental qui est en train de se jouer dans le dos de 500 millions d’européens vendus par une oligarchie kleptocratique. Ce traité transatlantique, vise à créer un grand marché réunissant l’Europe et les Etats-Unis Il est préparé depuis 1995 par les entreprises transnationales de part et d’autres de l’Atlantique. Le 13 février 2013, Obama signait avec José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy une déclaration adoptant le principe d’un accord de partenariat transatlantique. L’ objectif étant de parvenir à un accord pour cette année 2015. Les négociations commerciales pour créer un grand marché transatlantique sont longtemps restées à l’écart du débat démocratique. Le mandat de négociation délégué au seul commissaire européen est effarant. il dit tout et son contraire (unification des marchés, mais préservation des spécificités, même si au final, on devine dans quel sens il penche). Les négociations se déroulent, entre opacité pour les citoyens et partage choquant des informations avec les multinationales. Les eurodéputés sont totalement privés d’accès aux documents, car les Américains opposent leur veto, en revanche les lobbyistes y ont accès ! La consultation publique lancée par la Commission Européenne fin janvier 2014 fut essentiellement un outil de relation presse qui n’aura aucune influence sur le contenu des négociations. A l’issue de chaque cycle de négociation avec les américains, nous ignorons totalement ce qui a été discuté, alors même que ce sont nos vies qui en seront affectées. Les négociateurs ne sont comptables de rien, tout est secret, et une fois le traité signé, il sera irréversible. Leurs objectifs : uniformiser les règles, les normes en les alignant si possibles sur le niveau le moins contraignant. Notamment dans la santé, l’agriculture, les industries dites culturelles. Faire en sorte que les Etats ne puissent pas remettre en cause ces normes. Ces traités délèguent en fait une part des souverainetés populaires aux multinationales. Cette uniformisation des normes profitera aux multinationales américaines. Elles sont directement à la manœuvre et participent aux négociations. - Si rien n’est fait, le TAFTA verra le jour dans un futur proche, quelles en seront les conséquences ? Tout d’abord une destruction d’emploi relativement importante dans certains secteurs (textiles et agriculture). A moyen et long terme, la qualité des produits consommés sera gravement altérée. Le premier argument contre ce traité c’est que créer un marché transatlantique revient à perdre le contrôle de notre marché européen. Les droits de douane se montent seulement à 4% . Ce n’est donc pas le vrai sujet. En vérité le TAFTA est une « guerre des normes » que les USA veulent gagner. Il est aberrant de vouloir unifier des marchés si différents, y compris sur les valeurs culturelles, pas si communes que les négociateurs le disent. De plus Il est effarant d’ignorer les questions monétaires, qui donnent un avantage aux USA. Ce traité consacre une Europe sous influence étasunienne et menace nos services publics. Qu’espérer de François Hollande, qui a dit en février, aux Etats-Unis : « dès lors que les principes sont fixés, que les mandats sont donnés, que les intérêts sont connus, aller vite n’est pas un problème c’est la solution . Le second argument majeur est que ce traité va promouvoir une course au moins-disant dans tous les domaines, notamment sanitaires : « OGM, maïs MON810 et autres produits Monsanto, Pioneer, Bayer, lait et bœuf aux hormones, poulet chloré, porc à la ractopamine ». Concernant le gaz de schiste, la fracturation hydraulique deviendrait un droit intangible. Comme le souligne A de Benoist : « en matière sociale, ce sont toutes les protections liées au droit du travail qui pourraient être remise en cause, de même que le statut des services publics et des marchés publics ». En fait, dans les grandes lignes ce projet de Traité constitue un assaut frontal contre les pouvoirs législatif et judiciaires de tous les pays d’Europe. Un gouvernement qui voudra légiférer sur l’alimentation, la médecine, l’environnement, le social, pourra être attaqué devant des tribunaux privés par une entreprise estimant que ses profits actuels ou même futurs, sont ou seront entamés par ces mesures. Pour mémoire, le même type de traité a été signé entre le Canada et les USA. Le gouvernement canadien a porté plainte devant les tribunaux arbitraux pour trente litiges qui l’opposait aux multinationales US. Dans les trente procès, le gouvernement canadien a perdu trente fois. On a pu voir à l’œuvre, l’esprit du TAFTA dans le jugement prononcé par un « tribunal » américain dans l’affaire Yukos-Russie. Le kleptocrate Khodokorsky, tout juste libéré de prison, s’est rendu aux USA . Il a porté plainte devant un tribunal américain contre l’Etat Russe. L’objet du procès : demander des dommages et intérêts suite à la reprise en main par la Russie de ses intérêts pétroliers. La Russie a été condamnée par cette cour de justice américaine à payer 50 milliards de dollars de dommage et intérêts. Ce jugement donne un avant-goût extrêmement prononcé de l’“esprit TAFTA”, ou de ce que deviendrait la situation des pays européens en cas de réalisation du monstrueux accord de libre-échange transatlantique TAFTA (TTIP en anglais). L’essentiel de cet accord ne porte pas uniquement sur le libre-échange, sur le commerce, etc., mais surtout sur la destruction assurée des principes de souveraineté et de légitimité, avec la soumission totale des gouvernements censés protéger les peuples qu’ils gouvernent. Ces gouvernements seraient à la merci de l’attaque permanente des grands groupes industriels transnationaux, souvent avec des organismes de “justice” absolument acquis à leur cause. Cette affaire Yukos-Russie apparaît comme exemplaire des conditions nouvelles, postmodernes, de l’affrontement en cours. Le Système (les USA) utilise tous les artifices des structures financières et juridiques étendues au niveau international d’une part, d’autre part Il utilise ses alliés, les élites-Systèmes internationales corrompues, le crime organisé du monde ex-communiste, les oligarques profiteurs, les maffias internationales, pour parvenir à la domination mondiale. Les Américains ont une vision messianique de leur rôle, celle d’apporter leur idée de la démocratie au monde, notamment à travers les principes du libre-échange et du marché tout puissant. Les principaux bénéficiaires de ce traité seront les multinationales américaines et l’industrie allemande, notamment automobile. L’Amérique se veut plus que jamais un empire, qui règne à la fois par le commerce, la technologie, la monnaie, la violence mais aussi par l’idéologie. D’où les traités transpacifiques et transatlantiques initiés par Hillary Clinton. Celle-ci vise la présidence en 2016. Elle est à la manœuvre depuis 2010 dans une stratégie de containment vis-à-vis de la Chine, mais aussi de la Russie. L’idée est de fédérer les voisins de la Chine et de la Russie dans une zone de libre-échange et de faire en sorte que les multinationales américaines y trouvent leur compte, afin que progressivement le modèle américain s’impose et que les Etats-Unis redeviennent le centre du monde. Pour cela l’Europe devra payer et devenir un vassal consentant des USA. Le TTIP, scellera la fin du modèle européen, social, économique, industriel, culturel et environnemental, et celle des droits des citoyens et des libertés des consommateurs. Ce traité se veut un OTAN de l’économie afin de vassaliser l’Europe de l’ouest au suzerain américain. Le libéralisme débridé ne supporte aucune contrainte, légale ou autre, l’économie supplante le politique. Les différents gouvernements nationaux se verront relégués au rôle de chien de garde du grand capital cosmopolite. Sans s’étendre davantage quant aux aspects maléfiques du traité, une conclusion s’impose, les états européens vont devenir les vassaux de l’empire américain et semblent consentir sans aucune protestation à la perte des libertés et droits si chèrement acquis par les citoyens européens. Ce qui caractérise pourtant les européens et les européennes, c’est leur amour de la liberté. Depuis les guerres médiques, depuis la naissance de la démocratie athéniennes et donc depuis toujours, la lutte pour la liberté, le droit d’être soi même et entre soi, rythme l’histoire de la grande Europe. Aujourd’hui ce ne sont plus les Perses, les Carthaginois ou les Huns qui menacent notre continent, mais un conglomérat de multinationales et d’institutions financières, en bref l’usurier et le marchand unis dans un même ressentiment contre l’Europe. Le TTIP relève de la mystique libérale, il entend instaurer le règne du veau d’or. Et chaque identitaire sait que le sang vaut plus que l’or, il n’y a de véritable communauté que du sang et du sol. C’est la lutte suprême du Système contre les peuples, une lutte à mort. Tout tourne alors autour d’une seule question, d’un seul enjeu dont tout dépend pour les peuples européens et ceux du monde entier, la destruction du Système et rien de moins. Travailleurs et combattants identitaires de tous les pays d’Europe unissez-vous. Gabi et Fred
 

Bloquons le partenariat transatlantique

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Le traité transatlantique (TAFTA) expliqué en 4 minutes

 

Traité de libre‐échange Transatlantique : La prochaine étape de la dictature économique

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Privatiser les gouvernements: l'objectif du TAFTA


Privatiser même les politiques par Resistance_Identitaire
 

Traité Transatlantique : ce que l’on vous cache !

Traite Transatlantique ce que l'on vous cache

 

Le jour où les multinationales feront les lois

Le jour où les multinationales feront les lois

La doctrine libérale n’aime pas les lois, règlements et autres textes ou organisations qui l’empêchent de mener à bien son œuvre de prédation. Rien ne doit entraver le libre fonctionnement du marché, leur refrain est bien connu. Avec le marché transatlantique qui se construit une nouvelle étape de la dictature économique va se mettre en place. (Voir plus en détail dans le numéro 57 de la revue de Terre et Peuple l’article sur ce sujet, intitulé « Le marché transatlantique qui va soumettre l’Union Européenne aux USA »)

Une phrase anodine donne pourtant le vertige dans cet accord transatlantique, car elle rappelle les mesures similaires que les marchands ont déjà tenté de faire passer avec l’AMI (Accord Multilatéral sur l'Investissement) fin des années 90 pour régler les litiges entre les Etats et les multinationales : « l’accord devrait viser à inclure un mécanisme de règlement des différends investisseur-État efficace et à la pointe, assurant la transparence, l’indépendance des arbitres ». (1)

Vous lisez bien, avec cet accord, les multinationales pourraient remettre en cause les lois du pays qui les accueillent ! Potentiellement de nombreux champs d’intervention de l’état et de sa législation seraient touchés.

Un tribunal arbitral, indépendant de toute souveraineté populaire

Ce nouveau tribunal arbitral « indépendant », qui devra naître, permettrait, par exemple, à une multinationale de traîner un Etat en justice dès lors que des réglementations de cet état créent des différences de traitement entre les investisseurs nationaux et étrangers, ou encore si ils créent des conditions de concurrence déloyale.

Pour citer un exemple, les lois en matière de protection des salariés pourraient être annulées si elles sont plus sévères que dans d'autres pays où l'investisseur est établi. Là bas il n’y a pas de SMIC, alors je ne vois pas pourquoi je devrais payer des salaires plus élevés ici que là bas.

Aux USA on peut licencier sans préavis, alors pourquoi tolérer qu’en France on ne puisse pas en faire autant. Aux USA on peut mettre sur le marché des produits tels les OGM, dont les européennes ne veulent pas, et demain qu’est ce qui empêcherait Monsanto, de porter l’affaire devant les tribunaux, et en plus d’avoir gain de cause, d’empocher des millions d’indemnités, payées par les contribuables, pour avoir fait entrave au sacro saint commerce !

Ainsi les "investisseurs" pourraient exiger l'annulation des lois nationales, et obtenir des Etats une indemnisation financière du préjudice subi. C’est déjà le cas entre le Canada, le Mexique et les USA, où ce genre de tribunal arbitral existe.

Concrètement, ce tribunal indépendant signifie l'abdication des Etats en faveur des multinationales, et la fin de tout pouvoir réel des gouvernements élus. Le pouvoir économique des états sera démantelé petit à petit et l'ensemble des réglementations sociales et environnementales auront vocation à être remises en cause par les entreprises. La loi pourra changer en fonction des intérêts des entreprises et de leurs actionnaires. Exit le bien être des peuples : retour au début de l’ère industrielle !

Le pouvoir ne sera plus du tout politique mais exclusivement économique

La dictature de l’économique sur le politique sera alors totale. Cela veut dire très concrètement que le bien être sera sacrifié à tous les facteurs économiques, et que ceux-ci prévaudront dans l’avenir pour structurer notre monde. Et l’individualisme régnera en maître absolu face aux solidarités nécessaires pour combattre cette « machine à tuer les peuples ».

L’Etat serait alors réduit à un gardien de la propriété privée ; une structure qui défendra les richesses des nantis. Mais n’est-ce pas déjà le cas ?

Cela vous semble incroyable, mais cela se joue en ce moment, et on pourrait se demander comment nous sommes en arrivés là ?

Le traité de Lisbonne permet à l’UE de ne plus consulter les peuples

En Europe cela a été rendu possible par le traité de Lisbonne, qui a donné à l’UE la possibilité de signer des accords commerciaux au nom des Etats membres.

Et on doit alors se souvenir que c’est Sarkozy qui a permis de valider le traité constitutionnel Européen, traité que le peuple sondé par référendum en 2005 avait refusé. A peine élu en 2007, il réunissait le congrès dès février 2008 (parlement et sénat, autant de traitres), faisait modifier la constitution et ratifiait le traité. Il fallait que le traité constitutionnel soit validé par chaque Etat pour que le traité de Lisbonne puisse entrer en vigueur.

Michel Sapin a précisé qu’il n’y aurait donc pas de référendum populaire sur le marché transatlantique ; désormais les peuples n’ont plus à être consultés, et la dictature démocratique se poursuit. L’accord sera simplement validé au niveau européen par les ministres collabos des 28 pays de l’UE.

Aux USA où le traité n’est pas très populaire non plus, Obama envisage lui aussi de passer en force : face à la grogne des parlementaires hostiles au tribunal arbitral et aux répercutions locales de cet accord, Barak Obama tente d’utiliser une procédure accélérée, pour éviter tout débat. « Le Président Obama voudrait en effet que le Congrès lui abandonne l’autorité de négocier des accords internationaux de commerce et celui-ci ne pourrait plus ensuite qu’approuver ou désapprouver, sans aucun pouvoir de les modifier. » (2)

Le socle du gouvernement mondial, organisé autour de l’OTAN

Voilà ce que précise le mandat des eurocrates au point 1, intitulé Nature et la portée de l’Accord :

« 1. L’accord contiendra exclusivement des dispositions sur les zones commerciales et liées au commerce applicables entre les Parties. L’accord devrait confirmer que le traité transatlantique de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement est basé sur des valeurs communes, notamment la protection et la promotion des droits de l’homme et de la sécurité internationale. »

Que vient faire la sécurité internationale dans un traité de commerce ???

Le point 7, lié aux objectifs du traité va même jusqu’à évoquer la définition de normes mondiales : « 7. L’objectif de l’accord est de réaliser le potentiel inexploité d’un véritable marché transatlantique, générant de nouvelles opportunités économiques pour la création d’emplois et la croissance grâce à un accès accru aux marchés, une plus grande compatibilité de la réglementation et la définition de normes mondiales. » (1)

Rien ne prouve que le libre-échange généralisé soit un facteur de croissance ; on est ici dans l’invocation quasi mystique et religieuse. Or, le libre-échange n’est pas neutre : c'est une doctrine économique, parmi d'autres possibles, dont les avantages et désavantages doivent faire l'objet de débats et ne peuvent être imposés sans autre forme de procès, au moins en démocratie, puisqu’on nous dit que nous y sommes. En tout cas on nous dit que ce qui sortira d’ici servira de normes mondiales, et pourrait avoir vocation à s’imposer à tous… la gouvernance mondiale est toute proche !

Le projet initial voté par le parlement européen en mai 2008 dit aussi que le projet est aussi politique qu’économique : « souligne qu'un partenariat transatlantique étroit est l'instrument clé pour façonner la mondialisation dans l'intérêt de nos valeurs communes et dans la perspective d'un ordre mondial équitable en matière politique et économique » (3)

Bref c’est un projet économique qui induit un projet politique, et aboutira à la perte d’indépendance de l’Europe vis-à-vis du monde de l’argent.

Il est important d’informer autour de vous en citant vos sources.

Roberto Fiorini

  1. Mandat de négociation des commissaires européens

http://www.contrelacour.fr/marche-transatlantique-le-mandat-definitif-de-negociation-de-la-commission-europeenne-traduit-en-francais/

  1. http://www.sudouest.fr/2014/05/06/le-tafta-ce-traite-qui-fait-polemique-est-il-un-deni-de-democratie-total-1545708-705.php

http://www.reporterre.net/spip.php?article5446

  1. Résolution RC B6-0209/2008

 

Le marché transatlantique qui va soumettre l’Union Européenne aux USA

Le marché transatlantique qui va soumettre l’Union Européenne aux USA

Des négociations sont en cours pour préparer le grand marché transatlantique, ce nouveau marché unique entre les USA et l’UE. Cette zone de libre échange sans droits de douane, est en préparation depuis des décennies et devrait aboutir d’ici 2015. Les marchands aux commandes nous la présentent comme une évolution, inoffensive et bénéfique pour prolonger une croissance amorphe. Mais il est évident que les USA vont aussi neutraliser (définitivement ?) le potentiel politique de l’Europe, tout en mettant en laisse nos économies.

Le nom de code de cette opération de soumission de l’UE est désormais TTIP : Transatlantic Trade and Investment Partnership. Le volet de négociations qui s’est ouvert le 17 juin 2013, a surtout été médiatisé grâce à l’affaire d’espionnage des américains à l’encontre de leurs « alliés » européens (voir l’article de Pierre Vial sur « le dossier Snowden »).

L’esprit du projet économique masque d’autres ambitions

L’ensemble économique « occidental » qui va ainsi se constituer rassemblera 820 millions d’habitants et pèsera près de 50 % du PIB mondial, et 30 % des flux commerciaux. L’ « Occident», enfin réalisé, nous éloignera de nos propres intérêts géopolitiques, en consacrant, encore un peu plus, le règne de l’argent.

Les élites des deux entités aux manettes nous disent qu’il faut créer ce nouvel espace libéral afin de redonner un souffle à la croissance : ils espèrent au mieux une progression supplémentaire de 0,5 % du PIB de la zone UE et de 0,4 % pour le PIB des USA. Cette évolution n’est pas à la mesure des enjeux, car pour récréer de l’emploi il faudrait passer les 2 % de progression du PIB par an.

D’après Jacques Sapir, « si l’on regarde le taux de croissance sur longue période de la France, on voit qu’il est passé de 2,6% par an de 1980 à 1989, dans une période de libéralisation régulée des marchés à 1,8% par an de 1990 à 2007, dans une période de libéralisation déréglementée ». Histoire de rappeler que le libéralisme « dérégulé » ne tient pas ses promesses. Pour 2014, on nous prévoit à peine, entre 0,5 et 0,9 % de croissance…

La fin des barrières douanières

Avant que ce projet n’aboutisse, chacune des deux parties devra faire des concessions dans ces négociations dites bilatérales.

Les négociateurs envisagent de supprimer les barrières douanières entre les deux zones, mais ces taxes aux frontières sont déjà faibles (4 % de moyenne). Une baisse potentielle des prix de revient de 4 %, qui ne profitera aux consommateurs que si les industriels concernés, baissent réellement leurs prix de vente. Sinon, cela augmentera leurs marges. Dans le contexte de compétition mondiale où l’air du temps sanctifie la compétitivité, que choisiront-ils à votre avis ?

Pour les états les conséquences seront autres : ces recettes douanières supprimées seront autant de ressources en moins, qui ne seront pas compensées ! Avec ce nouveau manque à gagner pour les caisses du pays, il faudra raboter encore quelques millions sur notre défense, notre santé, où notre sécurité…

L’ambigüité des barrières non tarifaires

Le plus gros changement, et donc le plus grand péril, viendra de la baisse des « barrières non tarifaires », qui sont des normes « qualitatives » qui sont imposées aux entreprises par le législateur européen, afin de façonner le commerce, tel que nous le voulons.

On parle ici de normes de sécurité, écologiques ou sanitaires qui représentent pour certains produits, des surcoûts augmentant le cout final de 10 à 20 %. Ces formes de protectionnisme s’imposaient déjà à nos entreprises, qui en supportaient le coût, face à une concurrence qui n’avait pas autant de contraintes.

Ces normes qui devront être harmonisées à l’issue de l’accord atlantique, que certains appellent déjà accord OTAN, pourront alors s’imposer au reste du monde, comme atout offensif dans la compétition économique mondiale. Ou comme boulet si les autres refusent ce que l’on voudra leur imposer, comme précédemment la taxe carbone, ou toute autre norme de développement durable… Protectionnisme à peine dissimulé.

Dans la vision Anglo-Saxonne du commerce, le principe de précaution est un frein à la liberté d’entreprendre : il faut être le premier à faire du fric avec une idée, et tant pis si au passage, on empoisonne quelques clients trop crédules. Il est donc évident que le principe de précaution instauré par Chirac dans la constitution française devra être abrogé.

Les secteurs visés par la négociation sont nombreux

De nombreux sujets sont posés sur la table des négociations, tous porteurs de leurs risques ou de leurs opportunités, selon que l’on se place d’un côté ou de l’autre : agriculture, agroalimentaire, matières premières, électronique, textiles, chimie, énergie, produits manufacturés, produits pharmaceutiques, accès aux marchés publics… Sans oublier l’ouverture du secteur des services, (qui pèse 70 % de notre PIB) ou l’exception culturelle, défendue par la France et qui entraverait le déferlement de productions culturelles US sur le vieux continent.

Tout un programme de libéralisation. Mieux qu’un discours de Thatcher ou de Reagan, sans que les peuples aient à donner leur avis ! Mais comme certaines lois pourraient déplaire aux multinationales, ces dernières ont annoncé qu’elles pourraient se pourvoir en justice contre certaines des lois qui naitront dans cet occident Otanien ! La ploutocratie dans toute sa splendeur !

Les commissaires européens, travailleront sur mandats des pays pendant ces négociations ; mais certains points d’accroches sont déjà connus. Sur l’agriculture d’abord et surtout. Il faudrait réduire la PAC (Politique Agricole Commune) et donc la production autochtone européenne, pour se mettre un peu plus en dépendance alimentaire des multinationales US.

L’Europe ouverte à qui veut bien la prendre

15000 entreprises sont officiellement habilitées à faire de la préconisation aux parlementaires européens (lobbying). De nombreuses victoires peuvent être portées à leur actif : certaines entreprises demandaient que les semences non référencées dans le « catalogue » officiel (déterminé par les apprentis sorciers) ne puissent plus être plantées. L’UE leur a donné raison (directive du 12/07/2013) !

Pour le rinçage à l’acide lactique des carcasses de viandes, autorisé aux USA, plus besoin d’attendre, l’UE l’a aussi autorisé depuis mars 2013 !

Aux USA le lobbying a aussi fait interdire les petits jardins individuels : les peuples devront acheter, un point c’est tout. Produire pour son propre compte sans débourser un centime n’est plus envisageable dans le monde qu’ils nous préparent. Ni ici, ni là bas.

Parmi les grands gagnants, on pense d’abord à Monsanto, qui souhaite nous mettre en esclavage alimentaire, grâce à ses semences stériles, qui doivent être rachetées obligatoirement chaque année. Finie l’autosuffisance de nos agriculteurs, qui replantaient l’année suivante d’anciennes graines.

« Demain, ce sont les lobbies agricoles américains qui exigeront l’ouverture des frontières européennes aux produits OGM. Le blé Monsanto, qui n’avait, parait-il, pas quitté les laboratoires pousse actuellement gaiement dans l’Oregon. » Blé, soja, maïs, tomates transgéniques…

Du côté des normes que l’UE bloque encore, on pense à cette viande bovine aux hormones ou encore à ces poulets rincés à l’eau de javel… en attendant les viandes clônées brevetées !

Dans le domaine numérique, on sait que Face book, grâce aux lois US, devient propriétaire, à vie, de tout ce qui est publié sur ses pages. Des comportements contestés par l’Europe, mais pour combien de temps encore ? Big Brother a soif de données fiables pour organiser ses révolutions de velours…

Alors pourquoi l’affaire Snowen, à ce moment là des négociations transatlantiques?

L’affaire d’espionnage est sortie à point nommé pour déstabiliser la délégation US, et renforcer certaines positions Européennes. Qui ignore encore qu’avec le réseau Echelon, les USA espionnent qui ils veulent ? Depuis bien longtemps les services de l’intelligence économique française tirent la sonnette d’alarme : grâce aux serveurs de messageries de Microsoft (Outlook, Live, Messenger…), Google, Yahoo, Black Berry, Apple ou Skype, les USA mènent une guerre économique impitoyable en surveillant la correspondance de leurs alliés.

Obama avait menacé la France de représailles massives, si elle maintenait l’exception culturelle. Il fallait rétablir l’équilibre des négociations car Barroso en fidèle toutou de ses vrais commanditaires, était revenu à la charge, dès le 17 juin, rappelant que la France voulait exclure le secteur audiovisuel du mandat des négociations commerciales avec les Etats-Unis : "Cela fait partie de ce programme antimondialisation que je considère comme totalement réactionnaire".

Les Français ne lâchent pas la culture ? Qu’à cela ne tienne les USA ne veulent pas que l’on touche au secteur des assurances, ni à leur finance (trop pourrie ?). Donnant, donnant ? Ou trop de choses à cacher ?

Les américains pourraient aussi nous imposer leurs normes comptables, avec des conséquences qui sont à évaluer pour nos entreprises.

Les conséquences stratégiques de ces négociations

Au-delà de l’aspect purement commercial, les conséquences d’un tel accord sont mortelles pour l’indépendance politique de la France et de l’UE. C’est même toute l’histoire d’une mise en dépendance organisée des pays du vieux continent qui continue de s’écrire.

Ceux qui préparent le gouvernement mondial travaillent depuis très longtemps à cet ensemble transatlantique. Qui se souvient de l’Union Latine… qui regroupait la France, la Belgique, la Suisse, l’Italie, et la Grèce. Présidée par Félix Esquirou de Parieu, fervent partisan d’une union monétaire « prélude aux fédérations pacifiques du futur » (= étape préalable au gouvernement mondial), celui-ci proposa en 1867 d'introduire une monnaie commune dans une « Union européenne occidentale »,dont le nom pourrait être changé dans le cas où les États-Unis manifesteraient leur désir d'y participer.

De Gaulle ne disait il pas la même chose dans son discours du 15 mai 1962 ? (que vous trouverez facilement sur le net). Il alertait sur la nature de la construction européenne qui se mettait en place. Il voyait bien qu’elle transformerait les pays européens en simples satellites des USA, comme on parlait alors des satellites de l’URSS : des pays dépendants, asservis et soumis, y compris militairement. Il parlait de fédérateur qui viendrait de l’extérieur, sous entendu pour prendre la direction de l’UE !

Bruxelles, Barroso, et la commission européenne travaillent donc à l’harmonisation des normes dans ce nouvel espace qui va naître. On doit limiter les écarts entre les deux continents, pour mieux préparer ce nouvel ordre mondial dont nous serons le socle… s’ils parviennent à leurs fins.

« Elles s'emploieront en outre à assurer la compatibilité de leur réglementation dans des secteurs spécifiques…. »

La chimie américaine bénéficie actuellement d’une baisse des prix du gaz de près de 30 %, grâce au gaz de schiste, qui leur fait bénéficier d’un avantage jugé déloyal par les européens. A moins que chez nous aussi la fracturation devienne possible… par soucis d’équité de traitement !

Le projet de loi Fioraso visant à faire de l’Anglais la langue universitaire en France, prépare, sous d’autres aspects, les nécessaires harmonisations pour fusionner les entités. Y compris en abandonnant notre langue !

L’exemple le plus flagrant de l’harmonisation qui est déjà réalisée, ce sont les coupes budgétaires automatiques qui s’imposeront désormais aux états européens, et qui sont constitutionalisées par le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance). Elles visent à nous aligner sur le modèle des coupes automatiques qui sont réalisées dans les dépenses publiques aux USA, lorsqu’ils sont confrontés au fameux mur budgétaire de la dette. L’asservissement à la dette et à l’usure est ainsi renforcé ! Merci à Giscard et Pompidou pour avoir initié ce chemin avec la loi du 3 janvier 1973.

Pour que cela puisse se poursuivre on nous demandera sous peu, d’aller vers une Europe Fédérale, ainsi seront réalisés les Etats Unis d’Europe, totalement inféodés aux intérêts US, et dépourvus de pouvoirs régaliens. La matrice de la soumission mondiale où chaque état ne décidera quasiment plus rien ! Qui protégera alors les peuples de la cruauté des hommes qui s’auto élisent à la direction des affaires du monde ?

L’évolution du libre échange ; quand le « bilatéral » modifie le visage de la mondialisation

L’entrée de la Chine à l’OMC, en 2001, a bouleversé les équilibres du commerce mondial ; son modèle capitaliste particulier fait trembler le maître américain, qui doit envisager d’autres règles pour tenter de se maintenir. Le cycle de Doha (libre échange multilatéral) est bloqué. Les ententes ne sont plus possibles, tant les intérêts divergeants sont désormais inconciliables entre les différents pays, qui subissent à leur base, la pression de peuples mécontents.

Alors les maîtres du jeu modifient la donne et envisagent leur offensive économique sous une autre forme.

« On voit bien que le bilatéralisme se développe à mesure que le multilatéralisme se bloque. Et depuis 2008, qui a vu les négociations du cycle de Doha capoter,… lorsqu’on examine la politique commerciale américaine on voit bien qu’ elle a délibérément choisi d’abandonner le multilatéralisme commercial pour s’engager sur la voie d’un containment de la Chine en mettant en place deux mâchoires commerciales : la mâchoire asiatique avec le TPP (NDLR : accord bilatéral avec le Japon) et la mâchoire Atlantique avec le TTIP…

Les raisons de ce changement sont simples. Les États-Unis n’ont plus la force de soumettre le système commercial mondial à leurs exigences. En revanche ils s’estiment encore assez forts pour pouvoir le contourner. »

Les promesses d’emplois au menu

« Cet accord, le plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, pourrait faire économiser des milliards d'euros aux entreprises et créer des centaines de milliers d'emplois. »  (NDLR : 2 millions d’emplois sont « espérés » dans l’UE). Quel avenir prometteur ! Que de promesses exaltantes : mais ces promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Ceux qui continuent de croire en un monde où le chômage baisserait, devraient lire ou relire le n° 52 de la revue de TP. Quant aux milliards qui seront économisés par les entreprises, iront-ils en hausses de salaires quand les autres salariés du monde sont si peu payés ?

Démantèlement du « modèle social » de l’Europe continentale

Droit du travail, droit syndical, tout doit être laminé ! Supprimer ce qui protège les travailleurs… Ou corrompre !

Bien plus concrètement, il faut harmoniser les protections sociales et revoir à la baisse les ambitions des travailleurs européens. Puisque ces derniers sont désormais crédules, et décérébrés (parce que conditionnés), ils peuvent subir leur nouvelle destinée. Tout sera nivelé par le bas : à commencer par les salaires qui vont pouvoir baisser (voir l’article intitulé « Cet accord qui attaque et fragilise le CDI » dans ce même numéro).

La protection sociale doit aussi baisser, et ne devra plus peser autant dans les comptes de la nation. Regardez le graphique intitulé « les dépenses sociales comparées » : vous y verrez l’effort accompli par l’Allemagne depuis 2003 pour se rapprocher des standards Anglais et US. Leurs dépenses sociales convergent aux environs de 15/16 % de leurs PIB respectifs. Italiens et Français dépensent trop d’après la norme libérale : près de 20 % de leurs PIB sont encore réservés aux dépenses sociales. Des réformes doivent être menées par ceux qui seront « nommés » au pouvoir, tels Monti en son temps, ou Hollande qui devra réduire les budgets sociaux de 4 % pour coller aux autres pays. Cela implique de les baisser de 80 mds € ! Tant pis pour ceux qui souffrent ; pendant ce temps on versera quand même les 50 mds € annuels d’intérêts aux usuriers !

A qui profitera cette baisse de la protection sociale « solidaire » ? Au privé bien sûr. Au fait qui a payé une partie de la campagne présidentielle du sieur Hollande ? Henri de Castries, le PDG d’Axa ; ce groupe qui vit de contrats de protection « privés »...

Sur le dos de qui va se faire ce renversement d’alliance ?

Selon le Wall Street journal : « David Cameron fait le pari que le TTIP, en cas de succès, réduira sensiblement les pressions exercées à son encontre pour qu’il obtienne, avant 2017 (NDLR : référendum de sortie de l’UE), une renégociation complète des conditions de l’affiliation de la Grande-Bretagne à l’UE. [...] »

Die Welt en Allemagne explique que cet accord bénéficierait essentiellement aux USA dont le PIB par habitant pourrait croitre de 13,4 %.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung précise que suite à cet accord, les échanges commerciaux au sein de l’UE diminueraient également : « Le volume d’échanges commerciaux entre l’Allemagne et les pays d’Europe du sud baisserait de 30% [...] celui entre l’Allemagne et la France de 23% [...] tandis qu’il doublerait avec les Etats-Unis. [Ainsi] l’Union douanière [mise en place par l’UE en 1968] perdrait de sa valeur. »

L’Allemagne fera cavalier seul, et délaisse l’UE ? Juste avant l’Euro ?

L’Europe sortira laminée et divisée : ni plus ni moins, car l’Allemagne va changer de partenaires (c’est ça le libre échangisme !) et ceux qui vont être délaissés vont en souffrir ! Le commerce interne de l’UE se tasse ? Alors l’Allemagne cherche de meilleurs débouchés économiques pour ses entreprises. Au détriment de la construction européenne. Un choix qui sera lourd de conséquences… N’en doutons pas.

Le dollar favorisera les USA ?

Par contre rares sont les informations qui viendraient nous rappeler l’avantage compétitif incomparable dont disposent les USA avec leur monnaie, ce dollar qu’ils impriment à façon, et qui a une valeur inférieure à l’euro. Un vrai avantage, qui ne sera pas harmonisé pour le coup.

Et nos entreprises vont souffrir, face à la faiblesse du dollar, qui fait en réalité sa force ! Une force injuste, car déloyale du fait des manipulations sans fin qu’opère la FED.

Peuples et entreprises sous le rouleau compresseur 

Les entreprises qui ont cru aux bienfaits des premiers temps de la mondialisation, vont désormais subir le rouleau compresseur des multinationales qui ne supportent pas la concurrence et tendent à grandir jusqu’à détenir des monopoles complets, grâce auxquels ils feront alors, seuls, le prix final !

C’est dans le contexte déjà dramatique de 2013 que ce marché transatlantique plante ses jalons. Cette nouvelle vague de libéralisme économique va déferler au moment où l’économie réelle est en train de s’arrêter. Au moment où les faillites d’entreprises sont nombreuses, entrainant des flots de chômeurs qui viennent peser sur les amortisseurs sociaux (déséquilibrés de ce fait).

La crise financière s’est transformée en crise bancaire ; la crise bancaire est devenue crise budgétaire pour les états qui se sont endettés pour les soutenir. La crise budgétaire ne permet pas la relance attendue pour éviter la crise économique (l’époque actuelle), avant de se transformer en quoi, en crise sociale ?

L’avenir n’est pas certain, mais il est évident que toutes les divisions de notre société seront exacerbées par ce qui se prépare ! A chacun de s’y préparer le plus consciemment possible.

Si vous aspirez à un autre destin que la dictature économique promise par les marchands, plus que jamais, il vous faut vous engager, pour militer activement et donner de votre temps pour travailler contre cette entreprise.

Vous avez souffert du marché Unique Européen ? Alors vous n’aimerez pas non plus sa version transatlantique !

Ceux qui voudraient creuser la question du marché transatlantique, et la régression sociale qui l’accompagne, peuvent écouter l’émission n° 140 réalisée par Méridien Zéro sur cette question.

Roberto Fiorini

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PS : sources sur simple demande.

 

Qui a voté pour le Marché transatlantique ?

Comme nous l'avions annoncé dans un numéro de la revue Terre et Peuple magazine n°50, voici ceux qui par leur vote ont soutenu et cautionné la création d'un grand marché transatlantique, reliant l'Union Européenne et les USA...

 

Entre dénégations, oublis ou mensonges, voilà ce que vote le camp national... Il est grand temps de construire le pôle NR, et de laisser les conservateurs là ou ils sont actuellement; dans le vide absolu !

 


Pour être très précis Marine Le Pen, Bruno Gollnisch et  Carl Lang  ont voté oui à ce texte : RC B6-0209/2008


http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=MOTION&reference=P6-RC-2008-0209&language=FR


qui dit :


1. souligne qu'un partenariat transatlantique étroit est l'instrument clé pour façonner la mondialisation dans l'intérêt de nos valeurs communes et dans la perspective d'un ordre mondial équitable en matière politique et économique; réitère son avis selon lequel un marché transatlantique efficace et compétitif forme une base propice à l'établissement ferme du partenariat transatlantique, qui permettra à l'UE et aux États Unis de relever ensemble les défis politiques et économiques;


2. soutient résolument le processus de renforcement de l'intégration économique transatlantique lancé lors du sommet UE-États-Unis par l'adoption du «cadre pour progresser dans l'intégration économique transatlantique entre l'Union européenne et les États-Unis d'Amérique» et par la création du Conseil économique transatlantique (CET), chargé de superviser et d'accélérer les efforts exposés dans ledit cadre; le détail du vote RC B6-0209/2008 peut être consulté ici en page 15 , ou Marine est classée dans la catégorie (+) qui montre ceux qui ont voté pour !


Voici la copie d’écran ci-dessous, et le lien pour aller vérifier…


http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML+PV+20080508+RES-RCV+DOC+PDF+V0//FR&language=FR

 

vote_ue_march_transatlantique

 

 

Le mystère du carnaval est celui de l'éternel retour

Le mystère du carnaval est celui de l'éternel retour (Si ancien qu'il remonte peut-être à la préhistoire)

 

masque flamboyant Le mystère du carnaval

 

 

Les girandoles qui étalaient leurs constellations au travers des rues se sont éteintes. Les chars carnavalesques, remisés dans quelque obscur hangar, vont attendre le retour du Renouveau de l'an prochain.
Il ne reste plus de cette liberté effrénée que l'on a connue qu'une sorte de désenchantement consécutif à l'ivresse, qui se dissipe lentement, et aussi le pressentiment qu'il devait y avoir autre chose, qu'un mystère reposait dans l'idée même du Carnaval et dans ses formes, malgré la vulgarité et la sottise de l'apparence.

De très vieux mythes, des superstitions remontant peut-être à la préhistoire, s'associent à cette fête de la libération des francs instincts, et même des plus élémentaires et des plus brutaux.
Chaque peuple a le Carnaval qu'il mérite, opulent et imbécile, ou modeste et spirituel. A Baie, pays de stricte observance morale, sociale et religieuse, il atteint une sorte de démence panique. Dans la Vienne du XVIIIe et du XIXe siècles, où régnait en temps habituel une tolérance aimable, le dérèglement était élégant, gracieux, aimable et aristocratique. Les masques parisiens de Gavarni tournaient vite à la chienlit et la fameuse Descente de la Courtille, à l'apothéose de la populace. Le Carnaval romain décrit par Goethe demeurait, suivant ses origines antiques, magique et païen, religieux — mais non pas selon l'esprit du Christianisme.
A Venise, il occupait la moitié de l'année, et la population tout entière y participait.

Si l'on compare les masques modernes des carnavals urbains et les masques des carnavals paysans et montagnards, éclate à nos yeux cette évidence : ceux-ci seulement ont conservé l'âme du Carnaval, et dans leur monstruosité même, inquiétante et terrible, son caractère sacré. Ils incarnent ces sorcières, ces démons, ces forces élémentaires qui vivent dans le tréfond de l'âme populaire.

Combien convaincants les diaboliques « Schuddig » de la Forêt Noire ou des vallées tyroliennes de l'Inn, frères des plus terribles masques africains, et cette effrayante Alraune, héroïne de la « Rauhnacht » — la nuit sauvage — ; elle personnifie ce qu'ont de plus hideux et de plus terrifiant les superstitions ancestrales qui divinisent les esprits de la forêt, encore appesantis de minéral et de végétal.

A côté de ces mauvais génies, les figures du Printemps et de l'Esprit du Renouveau se présentent avec une grâce souriante, et le Beau Narro n'a qu'à paraître, gracieux comme Dionysos adolescent, pour mettre en fuite les spectres des ténèbres, du froid, de l'hiver et de la stérilité.

Les Spritzer des carnavals montagnards du Tyrol, vêtus de coûteux et splendides costumes noirs, masqués et perruques de noir, casqués de plumets noirs, sont les assistants du « Roller », le tintant Chevalier Printemps, tout en sonnailles et en verre filé, et ils manifestent la vertu fécondatrice, régénératrice, qu'ils incarnent, en aspergeant avec de longues seringues, les assistants. Noirs comme le monde sous-marin, ils incarnent en même temps les fleuves et les sources, les torrents et les vagues des mers.

Carnaval-Roi, Carnaval-Dieu doit mourir pour ressus-citer. Il doit mourir comme le grain ; pour donner de riches récoltes, il doit être mis en terre. Cette très antique tradition survit aujourd'hui dans le Carnaval, associée à tous les rituels de fécondité, de mort et de résurrection, comme les courses de chevaux et les corridas de taureaux. La « mort dans le feu » est la manière la plus noble de mettre fin au règne éphémère de Sa Majesté Carnaval. Il représente aujourd'hui le vieux roi qui, dans l'Egypte archaïque, était tué afin que la force vivifiante renaquît dans le jeune roi son successeur, et le prêtre faiseur de pluie des Peaux-Rouges qui, une fois sa vertu magique épuisée, était rituellement assassiné. La mort dans le feu est aussi celle qui convient le mieux à l'esprit de la fête : elle termine en apothéose le cycle orgiastique, et couronne d'un « bouquet » de feux d'artifice les journées délirantes pendant lesquelles tous ceux qui ont participé au carnaval ont plus ou moins « brûlé ».

A Pylos, en Grèce, où survivent curieusement tant de cultes anciens, au soir du premier jour de Carême, on promène le cortège funèbre de Carnaval, incarné par une effigie grotesque placée dans un cercueil ouvert.
Précédée d'un prêtre affublé d'une longue barbe blanche, de porteurs de torches et de joueurs de tam¬bourin, la procession fait le tour du village jusqu'à la place où Carnaval va être incinéré. Tandis que le feu crépite, le faux prêtre se livre à une danse sauvage autour du brasier dans lequel il jette sa fausse barbe, dédiée, consacrée au Dieu mourant.

A Frosinone, dans le Latium, à mi-chemin entre Rome et Naples, on jette dans le bûcher où flambe le cadavre de Carnaval, les racines et les légumes, qui ont joué un rôle important dans le cérémonial de ce jour-là. La « racine » est si bien l'élément capital de la journée, que l'on désigne celle-ci sous le nom de Radica. Chaque participant à la fête porte un chou au bout d'un bâton, une feuille d'aloès, ou un bouquet de feuilles tressées, selon de singuliers dessins symbo¬liques de la plus haute antiquité. Celui qui serait surpris sans radica serait malmené brutalement et exclu de la cérémonie.
Racines, choux et bouquets deviennent, avant la mise à mort de Carnaval, les projectiles d'une bataille qui rappelle très clairement les rites agraires, qui s'accom¬pagnaient dans l'antiquité de jets de fleurs et de légumes. Ces rites survivent aujourd'hui dans les batailles d'oranges de Nantes et de Binche, les batailles de fleurs de la Côte d'Azur, les combats à coups de noix et de châtaignes, encore si fréquents.

Si le fait de brûler le Roi Carnaval a pour objet de le purifier de toutes les souillures du peuple, dont, rédempteur à sa façon ou bouc émissaire, il s'est chargé, il semble que l'enterrement réponde davan-tage à la signification de rituel agraire se rapportant à des cultes de fécondité, qui était attachée à la fête d'Attis, à l'Osiris végétal de l'Egypte, à la double divinité de Dionysos, maître du monde souterrain et dieu du vin, c'est-à-dire de la fertilité, et de la vie même.

 

poisson Le mystère du carnaval

 

Ce rituel de l'enterrement existe, en Espagne, dans les bizarres funérailles de la Sardine, peintes par Goya, et en Bretagne, à Plesneven, où les porteurs du mannequin de paille figurant Carnaval ont cousu sur leurs vêtements des sardines et des queues de morues. Les Abruzzes entourent la mort du Roi d'une solennité funèbre et burlesque en même temps, qui est extrê¬mement significative. C'est, tantôt une effigie de carton-pâte portée par quatre fossoyeurs, la pipe à la bouche, la gourde en bandoulière, tantôt un bonhomme de paille juché au haut d'un bâton ; il est brûlé au terme de cette longue promenade, au cours de laquelle sa femme, vêtue de deuil, a hurlé sa douleur, tandis que tous les assistants reprenaient en chœur ses lamen¬tations et ses cris. Dans certains villages, Carnaval était un homme vivant, transporté dans un cercueil, et arrosé d'eau bénite à chaque halte des porteurs.

La singulière figure de Pau Pi est une des plus intéres¬santes et des plus instructives du Carnaval universel. Pau Pi règne sur plusieurs villes de Catalogne, et notamment sur Lerida, et sa mort donne lieu à une bataille entre les anges et les diables, qui se disputent son cadavre.
Pendant trois jours, Pau Pi a reçu les honneurs royaux, mais au soir du troisième jour, à minuit, il est arraché de son trône et jeté dans un corbillard. Toute sa cour, soldats, seigneurs, valets, échangent leurs vêtements joyeusement bariolés contre des habits de deuil, et les tambours voilés remplacent, dans les processions, les fanfares criardes, accompagnant le De Profundis chanté par tous les assistants.
Arrivé sur la grand'place, le cortège s'arrête ; après qu'un orateur ait prononcé l'oraison funèbre, toutes les lumières s'éteignent. C'est alors que surgissent de l'ombre une bande de monstres et de démons, poussant des ricanements et des cris, qui s'emparent du cadavre de Carnaval et l'emportent, poursuivis par la foule, qui joue, en cette circonstance, le rôle des anges. La bataille se déchaîne furieusement dans les rues, jusqu'au moment où les anges, victorieux, mettent en fuite les ravisseurs de Pau Pi, et déposent religieusement ce corps sacré dans la tombe pré¬parée pour lui.

Dans le Harz, on célèbre un rituel encore plus étrange. Carnaval est représenté par un homme qui ne sera pas exécuté, mais inhumé ; on le porte jusqu'à sa tombe dans un pétrin qui remplace le cercueil, et il est curieux de remarquer que cet accessoire à faire le pain est directement associé à une idée de fécondité, l'homme-Carnaval, toutefois, n'est pas enterré. Au moment où l'inhumation se fait, on lui substitue un flacon d'alcool qui restera dans la tombe jusqu'au Mardi-Gras de l'année suivante. Ce jour-là, il sera solennellement déterré, et tous les participants au Carnaval boiront, l'un après l'autre, une gorgée de l'« esprit » ressuscité.

 

dionysiaque Le mystère du carnaval

Le côté dionysiaque d'un semblable rituel est tout à fait frappant, par le rappel qui y est fait du pain et du vin, présents dans tous les cultes de fécondité, célébrant le renouveau du Printemps et la victoire de la fertilité sur la stérilité. Ce fut aussi un bien surprenant spectacle que ce carnaval florentin, organisé, aux temps de la Renais¬sance, par Piero di Cosimo. Les chars, tirés par des buffles, animaux psychopompes, étaient chargés de cercueils remplis de « morts » déguisés en squelettes, debout ou assis, et chantant. Des trompettes funèbres et des tambours voilés accompagnaient le chant du Miserere, gémi par des cavaliers montés sur des chevaux étiques, apocalyptiques, eux-mêmes coiffés de têtes de mort, et brandissant des flambeaux noirs et des bannières lugubres.
L'élément macabre intégré au Carnaval affirme cette survivance de la mort du dieu-souffrant, du sacrifice rituel d'un rédempteur, qui périra pour assurer aux vivants de bonnes récoltes, du « bouc-émissaire » accablé de tous les péchés de la communauté, et qui les expie aux lieu et place des hommes qui les ont commis. Même dans le Carnaval citadin moderne, ce fond funèbre transparaît toujours, volontairement ou inconsciemment.

Un rituel carnavalesque très saisissant, décrit par Varagnac dans son livre sur la Civilisation tradition-nelle (Albin Michel édit.), voit se jouer comme une tragédie le retour des morts dans le village, qu'ils assurent de leur efficace protection : la communauté mandate chaque année ses garçons, puis ses filles, pour vivre avec les trépassés. A ceux-ci elle offre donc périodiquement l'occasion de se réincarner. En temps de Carnaval, les garçons figurent les fantômes, avec leurs masques. Ils font bande commune avec l'armée des morts et les entraînent vers les maisons des hommes, où se tiennent les filles nubiles. Devant les vivants rassemblés, ils jouent des saynètes qui, primitivement, devaient être des tableaux de l'autre monde — origine du théâtre. Puis ils purgent les habitations en projetant des substances vivifiantes, farine et suie, et procèdent à la rigoureuse répartition de la communauté par couples, remettant, non sans rudesse, la paix dans les ménages et appariant d'auto¬rité les célibataires, tous et toutes, entre eux.
Avec le Renouveau, l'autorité passera temporairement aux filles, puisqu'elles ne sont plus en puissance des vivants, mais des esprits, donc socialement libres. Ces grands cycles seront rythmés par des jeux com¬munaux où l'on flambera les sorcières et toute la « mauvaiseté ». Il était d'usage de profiter du temps de Carnaval pour brûler les sorcières, parce qu'elles étaient des personnifications de l'hiver et de la mort. Ce sont des êtres monstrueux et diaboliques, et l'on connaît peu de masques aussi terrifiants que les masques de sorcières, sculptés et portés par les montagnards du Tyrol, dans leur Carnaval résurrectionnel.

Cette identification de la Sorcière et de la Mort, inspirait en Moravie la cérémonie carnavalesque, dite de la « Belle Mort », chargée de significations mytho¬logiques et magiques, qui mériteraient une longue analyse.
Nous n'en retiendrons que le scénario principal : les jeunes filles promènent, en cortège religieux, dans tout le village, un mannequin fait d'une gerbe de blé, revêtu d'un splendide costume de femme et qui représente la « Belle Mort ». La procession terminée, on ramène la Belle Mort dans la maison d'où elle était partie, les jeunes filles la déshabillent, et revêtent l'une d'entre elles des ornements dont la Mort était parée. Cette jeune fille, qui n'est plus la Mort, mais la Vie, accomplit le même tour de village qu'avait fait le mannequin de paille. Elle personnifie la Mort ressuscitée, ou, pour mieux dire, l'aspect résurrec¬tionnel d'une double personne, qui avait été sacrifiée sous son aspect de Mort. Ainsi n'y avait-il aucune interruption de puissance entre le sacrifice du Vieux -Roi et l'intronisation de son successeur. Qu'il s'agisse, dans le Carnaval, d'allusions à la mort du bouc-émissaire, de l'expulsion de l'Hiver et du Froid, de la purification du Mal ou de l'exécution du Vieux-roi, il existe un élément de sacrifice et de bataille qui en est inséparable.

Le cortège d'un monstre vaincu, enchaîné par une jeune fille ou un jeune chevalier, la Tarasque de Sainte-Marthe, le Dragon de Saint-Georges ou celui de Siegfried, se rattachent évidemment à la victoire du Printemps — l'être jeune et beau — sur le monstre hideux et à sang froid, du froid du reptile, du froid de l'écaillé.
Le Carnaval rassemble ainsi une profusion d'impli-cations diverses qui, toutes, se réfèrent à un combat et à un triomphe resserrés dans un même rituel.

Carnaval est mort ! Vive Carnaval ! Le Roi est mort ! Vive le Roi !

Marcel Brion

 

bouc Le mystère du carnaval

 

(Sources : Spectacle du monde Avril 1963)