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| ACTUALITE - Chroniques, par Pierre Vial | ||||
| Samedi, 10 Janvier 2009 16:16 | ||||
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La crise financière va-t-elle déclencher un regain d'antisémitisme ?
Pourquoi la communauté juive serait-elle particulièrement impliquée ? Parce que beaucoup de ceux qui ont de grandes responsabilités dans la crise sont juifs, que ce soit dans des firmes privées ou des institutions officielles (mais on sait qu’aux Etats-Unis – et ailleurs – l’interaction entre ces deux secteurs est permanente, comme le montre, au sein du personnel gouvernemental, le nombre de responsables politiques de haut niveau ayant eu de grandes responsabilités, à un moment ou à un autre, chez Goldman Sachs, le géant des circuits financiers américains). La FED (Réserve Fédérale Américaine), qui a largement contribué, par son laxisme, à la crise des subprimes, élément déclencheur du tsunami financier (voir l’article de Romaine Chevallier dans TP n° 38), a été dirigée jusqu’en 2006 par le juif Alan Greenspan, relayé ensuite par le juif Ben Bernanke. La FED a sauvé in extremis de la faillite, en mars 2008, la 5e banque d’affaires américaines, Bear Stern, contrôlée par des juifs, et d’autres banques d’affaires comme Goldman ont été recapitalisées. En septembre l’Etat américain a nationalisé Fanny Mae et Freddy Mac, les premiers organismes de crédit immobilier américain, dont l’encours est la moitié du marché américain, soit 6 000 milliards de dollars. AIG, un des plus gros assureurs mondiaux, dont le président a été longtemps Maurice Greenberg, a été nationalisé en septembre. Dominique Strauss-Kahn, censé être, en tant que patron du FMI, l’un des hommes les mieux informés de la planète en matière financière, a déclaré le 25 mai que la crise était derrière nous… Or cet homme n’est évidemment pas un incapable. C’est donc un menteur. Henry Paulson, secrétaire au Trésor (c’est à dire le ministre des finances américain), ancien Directeur Général de Goldman Sachs a laissé couler, en raison de vieilles rivalités, Lehman Brothers, et la surface financière de cet organisme était telle que son effondrement a déclenché la panique à l’échelle mondiale. Rappelons qu’en 1949 était membre de la direction de l’American Jewish Committee Herbert H. Lehman, ancien gouverneur de l’Etat de New York, conseiller de Roosevelt et proche parent de Henry Morgenthau Jr, secrétaire au Trésor. Les divers épisodes de la grande crise financière ont révélé aux naïfs qui l’ignoraient quelle place tiennent les juifs dans les structures financières américaines et internationales.
D’après Gary Tobin, président de l’Institut de recherche communautaire juive de San Francisco, qui est une couverture commode pour drainer des fonds, les dons versés à diverses associations juives américaines à but officiellement caritatif s’élèvent à 5 milliards de dollars annuels (dont 20 % seraient reversés à des organismes israéliens). Le journal Le Monde (28 décembre 2008), qui répercute cette information, signale, par rapport à cette masse d’argent, que la part gérée par le fonds Madoff « est inconnue, mais elle était considérable ».
Le Monde décrit ainsi la situation : « Les associations caritatives de la communauté juive, impliquées dans la culture et le cinéma, sont très touchées par ce scandale. La Jewish Federation de Los Angeles a perdu 6,4 millions de dollars, soit environ 11% de sa dotation, la Jewish Community Foundation estime ses pertes à 18 millions, et l’American Jewish Congress envisage la fermeture de son bureau de Los Angeles. « C’est un événement catastrophique pour la communauté juive », commente Rob Eshman, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Jewish Journal, publié à Los Angeles. Quant à la Fondation Elie Wiesel pour l’humanité, elle a publié ce communiqué : « Avec une tristesse et une détresse profondes, nous informons avoir été, parmi bien d’autres, victimes de l’une des plus grandes fraudes financières de l’Histoire. La Fondation détenait 15,2 millions de dollars gérés par le Fonds d’investissement de Bernard Madoff, soit presque la totalité de ses avoirs ». Un aspect du scandale Madoff devrait, en principe, faire de grosses vagues : c’est la question des complicités dont a forcément bénéficié Madoff. Un exemple : une nièce de Madoff, qu’il employait à son service, a épousé un fonctionnaire de la SEC (Securities And Exchange Commission), l’organisme chargé de réguler les marchés financiers américains. Or ce fonctionnaire de la SEC était en charge des audits concernant la société Madoff. Autre exemple : Ezra Merkin, présenté comme un poids lourd de la finance new yorkaise, à la tête de plusieurs fonds de gestion, a été l’intermédiaire par lequel l’université de New York a confié ses fonds à Madoff. Aujourd’hui l’université poursuit Merkin en justice, mais celui-ci va devenir officiellement le banquier de General Motors, avec l’approbation des autorités fédérales, ce qui va l’amener à contrôler les énormes sommes d’argent mises à disposition par l’Etat américain pour tenter de sauver, provisoirement, l’industrie automobile.Le scandale Madoff a mis sur la place publique, à l’échelle mondiale, le poids financier de la communauté juive, aux Etats-Unis et ailleurs. C’est sans doute la raison majeure de l’inquiétude juive, au moment où les images venant de Gaza rappellent qu’Israël est un Etat terroriste, soutenu inconditionnellement par les Etats-Unis. Ce constat n’implique évidemment pas que nous nous sentions concernés par un conflit dont nous sommes spectateurs, car aucun des deux camps en présence n’est le nôtre. Pierre VIAL
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